Essai Highfield Ocean Master 540 DL

La carte de la polyvalence

Facile à transporter sur remorque et à mettre à l'eau, ce semi-rigide tout alu fait valoir sa légèreté, lui permettant de s'accommoder d'une puissance raisonnable, renouant en cela avec le concept originel du semi-rigide. Pour autant, son aménagement n'est pas dénué de confort…

Texte et photos Philippe Leblond


 23 900 € (PVC) ou 26 900 € (CR/CSM) avec Honda 80 ch 4T (tarifs 2016)
 5.4 m
 12
 31,6 nds
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Essai paru le 29/07/2016



Pour Highfield, qui figure dans l'Alliance Honda (partenariats avec plusieurs chantiers), l'occasion était belle de "marquer le coup" avec une série de packages siglés de manière très "racing" : "Powered by Honda". Une mention aperçue sur quelques modèles au Grand Pavois de La Rochelle, puis au Nautic de Paris. Aujourd'hui, cette série intègre trois modèles de la gamme Ocean Master : les 540 DL, 590 DL et 640 DL. Notre bateau d'essai est donc le plus petit des trois et aussi le plus accessible en prix, proposant à travers ce mode de commercialisation (Groupe YB et Honda font chacun un effort), un tarif particulièrement attractif.

*Au ponton*
Le 540 DL occupe le centre de la ligne OM qui, pour Highfield, correspond au concept "familial/confort". Certes, ce semi-rigide d'origine australienne n'égale pas dans ce domaine les maîtres italiens, dont la sophistication et la profusion d'équipements en font des limousines de la mer. Son plan de pont apparaît plutôt comme un moyen terme entre le semi-rigide de servitude, résolument typé baroud, pêche ou plongée, et le semi-rigide de loisirs orienté balade et farniente. D'où une certaine polyvalence qui s'exprime grâce à un pont conventionnel (l'équivalent du pont bois stratifié des semi-rigides polyester), de plain-pied et dont les rangements se trouvent dans les accessoires tels que la banquette arrière (grande soute de rangement abritant aussi la batterie et le filtre à essence avec sa poire d'amorçage), le leaning-post, la console et la pointe avant (avec un fin cloisonnement pour isoler le mouillage). On note aussi les nombreuses vraies places assises : trois sur la banquette avec dossiers individuels, une et demie au pilotage, idem sur la face avant de la console et, au mouillage (ou en navigation par mer calme), le siège qui couvre le coffre avant. Il est également possible de s'asseoir à plusieurs sur les flotteurs, grâce aux saisines en corde et aux mains courantes, nombreuses sur ce bateau. A ce sujet, notons que pour un bateau de cette longueur, celle du leaning-post se montre pour le moins envahissante…

Autre bon point : la circulation à bord. Disons plutôt, dans le cockpit, avec une console de pilotage et un leaning-post décalés, fort à propos, sur tribord. Car pour ce qui est de la partie arrière, ça se gâte… En effet, le concept de poupe carénée, propre aux DL, combiné au robuste roll-bar laqué blanc, ne laisse aucune possibilité d'accès à la baignade par l'arrière. D'ailleurs, l'échelle et la douchette brillent par leur absence. Pour remonter à bord après un plouf de rafraîchissement, il faudra opter pour une échelle de flotteur amovible, qui obligera à la ranger dans un coffre… Autres lacunes : l'absence de solarium et de table de pique-nique, même en option. Certes, l'importateur se trouve en Bretagne, mais quand même…

Il serait dommage de terminer notre tour du propriétaire par un bémol, alors distribuons d'autres bons points : l'antidérapant de cockpit en caoutchouc, agréable aux pieds et efficace, les taquets fixés en hauteur sur le roll-bar, évitant le ragage des amarres sur les flotteurs et la discrète delphinière, proposant un solide taquet et un davier inox pour le mouillage. Pour la bonne bouche, n'oublions pas de rappeler que Highfield propose des flotteurs en PVC Melher ou, avec supplément, en Hypalon Orca, deux tissus qui font référence dans leur domaine.

*En mer*
Essayé sur une mer calme, notre Highfield s'est fort bien comporté. Vous rétorquerez, sans doute, que n'importe quel bateau se comporterait bien sur un plan d'eau clément. Si c'est vrai en termes de confort, cela ne l'est pas forcément au plan dynamique (maniabilité, équilibre latéral, virages, performances…). Or, à l'exception des sorties de virage serrés, où l'hélice avait une nette tendance à la ventilation et où la direction très ferme demandait un gros effort au débraquage, l'OM 540 DL s'est montré à son avantage. Maniable, docile avec le Honda 80 ch, il enchaîne toutes les figures du pilotage avec maîtrise. Sa carène sait se montrer vivante sous l'action du trim, sans pour autant en réclamer beaucoup. Et si l'on trime copieusement, à la recherche des derniers tours/minutes, il n'amorce ni marsouinage, ni roulis. La légèreté de l'aluminium, dans le domaine de l'évolutivité et de l'agrément est un atout. Tel quel, cet ensemble est à mettre sans crainte entre toutes les mains.

Au plan des performances, nous sommes néanmoins restés un peu sur notre faim. Et selon nous, si le BF80 suffira à naviguer en équipage réduit (31,6 noeuds maxi relevés, 6"3 de 0 à 20 noeuds), il faudra opter pour une puissance supérieure pour qui embarquera famille et amis. Compte tenu de ses qualités nautiques, il ne fait pas de doute que l'OM 540 sera capable de tirer un bon parti du Honda 100 ch. Pour 115 ch, difficile de l'affirmer sans l'avoir essayé… Pour compléter nos sensations aux commandes de ce Highfield, nous sommes partis un peu plus au large de La Rochelle pour toucher une légère houle résiduelle et croiser quelques sillages de bateaux. L'occasion de constater que la carène en V profond du 540 DL (24° au tableau arrière) passe en souplesse et sans perte d'équilibre. De là à dire que nous sommes "fans de l'OM", il y a un pas, mais ce semi-rigide nous a fait belle impression volant en main.



photo Highfield Ocean Master 540 DL


photo Highfield Ocean Master 540 DL


photo Highfield Ocean Master 540 DL


photo Highfield Ocean Master 540 DL


photo Highfield Ocean Master 540 DL





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