Essai BWA Sport 20

Un comportement sûr et ludique

Cœur de gamme de BWA, le Sport 20 avance trois points forts : une construction robuste, une finition soignée et un cockpit bien organisé pour les sorties estivales en famille. Facile à prendre en main avec un 115 ch, il sera encore plus fun avec un 130 ou 150 ch.

Texte et photos Jacques Anglès


 19 667 € sans moteur (tarif 2013)
 6.01 m
 12
 34,2 nds avec Evinrude 115 ch 2T
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Paru dans le Pneumag n° 93 Janvier/Février 2013



Pionnier du canot pneumatique italien (ses premiers "pneus" datent des années cinquante), BWA fonde sa réputation sur une qualité de fabrication reconnue de longue date. Il propose 32 modèles répartis en six gammes, du dinghy de 2,5 m à l'habitable de plus de 12 m, parmi lesquels la série Sport (4,5 m à 7,80 m) constitue la principale production. Le 20 Sport en est un des succès. Avec six mètres de long, il offre la taille pratiquement idéale du canot familial, suffisamment marin pour naviguer en sécurité par mer formée, suffisamment léger et peu encombrant pour être transporté sur remorque avec une voiture moyenne. Son cockpit accueille confortablement quatre à six personnes, voire huit pour de brèves balades, mais oubliez la capacité autorisée de 12 passagers, fruit d'un pur calcul de flottabilité.
Un œil exercé repère d'emblée les indices d'une réalisation soignée. Côté polyester le gel-coat est uniformément brillant et ne présente aucune trace de démoulage, et la visite des fonds révèle une robuste structure de longerons et varangues, très rassurante. Côté tube c'est du néoprène-hypalon Orca, avec des collages impeccables, un double liston sur tout le pourtour et une coupe en long "à l'italienne" ne laissant pas deviner le cloisonnement interne. Les détails confirment la qualité de finition, à l'exemple du bandeau rouge soulignant le liston ou du renfort de proue au passage de la chaîne d'ancre. L'équipement est lui aussi de qualité, tel le solide cadre/main courante de console (six points d'ancrage) ou les fermoirs de coffre revêtus de caoutchouc. On regrette pourtant l'absence de taquets d'amarrage arrière et l'impossibilité de bloquer le dossier basculant de la banquette en tant qu'appui de pilotage debout. En revanche, on apprécie le retrait à la base de la console, laissant de la place pour les pieds. L'organisation du cockpit en deux zones est pratique. La partie avant, très spacieuse se configure à la demande soit en coin repas pour cinq à six convives, soit, avec la table abaissée, en grand bain de soleil (190 x 120 cm), la partie arrière étant allouée au poste de pilotage, biplace. La circulation de l'avant à l'arrière est facile malgré l'étroitesse relative des passavants (21 cm) et l'on aime la coursive d'accès à l'échelle de bain, très pratique. Dommage que l'échelle elle-même soit un peu courte (deux échelons). Pour terminer le tour du propriétaire, on peut louer les rangements, volumineux et bien conçus, à l'instar des longs coffres avant latéraux pour ranger cannes à pêche et skis, ou du coffre à mouillage facile d'accès, juste en relevant la pointe, articulée à cet effet, du matelas de bain de soleil, C'est ce genre de détails qui fait la différence.
En vue d'un programme familial, notre modèle d'essai est doté d'un 115 ch Evinrude, un choix sage au regard de la puissance maximale autorisée. Les performances sont néanmoins tout à fait satisfaisantes, avec un maxi de 34 nœuds et, surtout, d'excellentes vitesses de croisière aux régimes de meilleur rendement (20 à 27 nœuds de 3 600 à 4 400 tr/min). Le comportement dynamique se résume en deux mots : sûr et ludique. Avec deux équipiers et les coffres vides, le bateau se cabre un peu trop au déjaugeage mais reprend très vite son assiette, attitude qui disparaît dès que l'on charge l'avant. Malgré cela, le déjaugeage est nerveux, de même que l'accélération, les 20 nœuds étant atteints en 5,8 secondes. En ligne droite rapide, le Sport 20 montre une bonne stabilité, en longitudinal, en latéral et en tenue de cap. La carène passe bien dans les vagues, avec parfois des coups de raquette sous les flotteurs par mer de travers. Sensible au trim, ce canot est toujours amusant à piloter et très accrocheur en virages (on peut virer serré à 4 500 tr/min). Le 115 ch permet de le confier sans risque à des débutants, mais reste en deçà du potentiel de la carène. Le 130 ch Evinrude (même bloc que le 115, et seulement quelques kilos de plus) serait un choix plus judicieux pour en tirer la quintessence.



photo BWA Sport 20


photo BWA Sport 20


photo BWA Sport 20


AU PONTON
En favorisant le centrage des poids et l'équilibre dynamique grâce au tableau arrière relativement avancé, le cockpit du Sport 20 perd logiquement quelques décimètres de long, ce qu'il compense par un un traitement fonctionnel de l'espace. La partie avant est vaste et conviviale, que ce soit en configuration repas/apéro, avec une grand table centrale pouvant accueillir six personnes, ou en configuration farniente, avec un bain de soleil de belle surface. On aime aussi la commodité de circulation, et plus particulièrement l'accès très pratique à la plage de bain, ainsi que le confort du poste de pilotage. Il est toutefois impératif que le chantier installe un verrouillage du dossier de banquette pour piloter debout sans que celui-ci ne bascule inopinément en arrière.




EN MER
Cette coque sûre et franche dans toutes les conditions de pilotage fait valoir au premier chef son excellente tenue en virages et sa stabilité en ligne droite, le flotteur bas sur l'eau engendrant toutefois quelques coups de raquette en progression rapide par mer de travers (un reproche partagé par de nombreux pneumatiques). Le moteur de 115 ch délivre des performances très suffisantes, mais aux mains d'un pilote d'expérience un peu plus de puissance permettra d'exploiter au mieux le potentiel de la carène.




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