Essai BWA Double

Tout pour le fun !

Sous son look sportif très étudié, cet engin de seulement 4,55 m de long fait la part belle au confort, avec sept places assises réparties en deux cockpits, d'où son appellation de Double. De quoi embarquer famille ou amis pour des virées sous le soleil d'été, avec ski ou wake-board au programme.

Texte et photos Jacques Anglès


 18 069 € sans moteur (tarif 2016)
 4.55 m
 7
 32,4 nds

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Paru dans le Pneumag n° 58 Mars/Avril 2007




Unique en son genre, avec son style avant-gardiste et son double cockpit vaguement inspiré des bowriders d'outre-atlantique, le Double fait figure d'extraterrestre dans la production BWA (une bonne quarantaine de modèles de 4 à 13 mètres). Rien d'étonnant, donc, de le trouver dans la catégorie des «modèles spéciaux» du chantier, fourre-tout expérimental où voisinent des engins de record, des versions professionnelles spécialisées, ou encore le démentiel Luxuria de plus de 13 m de long. Le double est certes plus modeste par sa taille (avec 4,55 m de long, c'est un des plus petits BWA) mais pas par sa présentation très chic qui évoque plutôt une annexe de superyacht. Voyez par exemple son design tout en courbes, très harmonieux, sa décoration de bon goût (gris et bordeaux sur fond blanc), son volant trois branches en carbone ou sa petite table d'apéro moulée entre les sièges avant. Autre trait original, la console «jockey», conçue pour le pilotage assis (le pilotage debout est hélas impossible compte tenu de la position très basse du volant). Incontestablement, ce Double a de la «gueule», et il en joue pour séduire, avec d'autant plus d'aisance qu'il respire la qualité jusque dans les détails, à l'image de l'accastillage ou du mât de ski en inox poli, fourni en standard tout comme les feux de navigation et le réservoir fixe (il ne manque que l'échelle de bain à ce tableau presque parfait). Et pour une fois, le nombre de «vraies» places assises est en rapport avec la capacité autorisée, en l'occurrence 7 passagers. Surprenant dessus, le double l'est aussi dessous, avec une carène très différente des classiques formes en V. Certes le V existe, mais doté à la périphérie d'un curieux «boudin» qui semble doubler par-dessous le cylindre du flotteur. De plus les flancs de la carène se prolongent vers l’arrière en encadrant le moteur. Selon le chantier, cette forme doublerait la stabilité, C’est peut-être vrai en statique mais pas sûr en dynamique.

Voyons ce qu’il en est avec deux passagers à bord et un 70 ch au tableau arrière, la puissance conseillée par le constructeur. Impression générale, sur un plan d’eau encore légèrement agité par un reste de mistral : un bateau ludique, vif, avec lequel on se fait plaisir en virages et dans les variations de pilotage. Il accroche bien en courbes serrées, avec une gîte franche qui concourt aux sensations, et il faut le pousser dans ses retranchements pour le faire décrocher. Le déjaugeage est lui aussi assez amusant, avec un «cabré» net, un peu surprenant compte tenu de la carène «prolongée», avant de retrouver une assiette presque horizontale en vitesse normale. Le bateau est sensible au trim, ce qui favorise le pilotage sportif, mais la «double stabilité» annoncée de la carène ne tient pas vraiment ses promesses en action, avec une tendance à marsouiner par mer 3/4 arrière (rappelons tout de même, pour tempérer cette remarque, que ce bateau ne fait que 4,55 m). En outre sa forme complexe à forte surface de frottement ne favorise pas la vitesse maxi : nous avons «fait» 2 nœuds de mieux avec le même moteur sur le classique BWA 510 Platinum, de poids égal. Ce bémol mis à part, la vitesse de croisière est satisfaisante, avec une bonne stabilité en latéral comme en longitudinal. Bref, le Double est un gros jouet séduisant, pour s’initier au pilotage ou frimer, à l’occasion, le long des golfes clairs..



photo BWA Double


photo BWA Double





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