Essai Brig Eagle 10

Une envergure nouvelle

La gamme Eagle jusque-là cantonnée au marché des moins de huit mètres, accède d’un coup au celui des moins de 10 mètres. L’Eagle déploie ses ailes pour faire apprécier l’envergure de son cockpit et survoler les flots à 50 nœuds

Texte et photos Philippe Leblond


 98 475 € sans moteur
 9.9 m
 20
 50,0 nds avec 2 x Suzuki 300 ch 4T

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Essai paru le 12/04/2018

Fiche technique

Longueur 9,9 m
Largeur 3,4 m
Diam. maxi des flotteurs 65 cm
Nbre de compartiments 7
Puissance maxi 2 x 350 ch (512,2 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 2 x 200 – 2 x 300 ch
Poids sans moteur 2200 kg
Rapport poids/puissance 4,6 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 20
Couchage 2
Charge utile 2800 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 580 l
Catégorie CE B
Constructeur Brig (Ukraine)
Importateur AB Yachting (56 – La Trinité) Brig Med (13 – Aix)
Droits annuels sur la coque 178
Droits annuels sur le(s) moteur(s) 1440



Le chantier Ukrainien soigne sa gamme Eagle en la dotant d’un modèle d’envergure puisque à la lisière des 10 mètres. Une longueur chère au marché italien qui compte nombre de semi-rigides juste en-dessous du décamètre, pour cause de fiscalité. Brig entend donc concurrencer les productions transalpines, ultra-dominantes sur le marché du semi-rigide de 10 mètres équipé confort. Sans atteindre le niveau de design et de finition des maîtres italiens, l’Eagle 10 ne manque pas d’atouts, à commencer par son habitabilité et son prix avantageux, même s’il convient de le mettre en perspective, la dotation standard n’étant pas généreuse.



 



Au ponton



Il n’y a pas à dire, le nouveau modèle amiral de Brig affiche de belles proportions et une silhouette élégante, en dépit de sa console-cabine qui dépasse nécessairement du flotteur. Ceci pour ménager une hauteur sous barrots décente (1,58 m) et une couchette de belles dimensions (200 x 139 cm). Ce grand couchage laisse même la place à un WC marin, à peine dissimulé sous un couvercle. Par contre, cet abri, malgré ses trois hublots, n’est pas des plus lumineux. Avant de s’endormir, on laissera volontiers la porte ouverte… Mais, cette cabine même sommaire dans son exécution, a le mérite d’étendre singulièrement le programme de l’Eagle 10, puisque, avec sa kitchenette extérieure bien équipée (évier, réchaud deux feux gaz, plan de travail avec planche à découper et frigo), elle permet d’envisager de petites croisières… Pour la douche, il faudra se rendre sur la plate-forme de bain (pas encore montée sur notre bateau d’essai). En revanche, le volume de rangement n’est pas son point fort, si l’on exclue la cabine, qui peut évidemment faire office de lieu de stockage pour les sorties à la journée… Autrement, il ne reste plus que la soute arrière, de surcroît peu profonde. Le coffre avant n’est en fait que la trappe de visite du mouillage pour accéder à l’ancre « traversante », qui vient se loger dans son écubier, à l’étrave. A ce sujet, on s’étonne du fait que les commandes de guindeau déportées soient éloignées de de la pointe avant, rendant impossible la surveillance directe de la remontée de l’ancre.



Parmi les points forts de l’Eagle 10, on peut également mentionner la facilité des déplacements à bord, grâce à de larges passavants (34 cm de chaque bord), le passage latéral arrière vers la plate-forme de bain, accessible à l’aide de deux petites marches, et les espaces entre le solarium avant et le coffre, ainsi qu’entre les deux banquettes arrière lorsque la table n’est pas à poste. A propos de banquettes, on note le nombre généreux de vraies places assises, notamment en configuration dînette, avec sept places autour de la table, auxquelles s’ajoutent les deux places du siège de pilotage et les deux places sur le rouf de cabine, où il est possible de s’adosser à la console. Toujours dans le domaine du confort, l’extension du solarium avant offre 262 x 123 cm de matelas !  



Comme l’Eagle 780, le 10 est doté de flotteurs en tissu Orca Carbon de Pennel & Flipo. Hormis ces deux grands semi-rigides, les autres Brig se contentent de tubes en PVC.



Toutefois, on relève quelque lacune dans le domaine de l’accastillage, avec des taquets avant sous-dimensionnés, ainsi que le placement à revoir de la poignée pour le copilote trop éloignée pour lui offrir une prise efficace. Il manque également des mains courantes sur les flancs du leaning-post et de la console-cabine. Quelques détails de finition mériteraient également d’être améliorés, comme les nombreuses vis apparentes (cabine, dessous de couvercles), la coupe de la sellerie perfectible, la porte de la cabine qui joint mal…  



En mer



Les quelques Brig que nous avons pu essayer naviguent tous bien. Le nouvel Eagle ne fait pas exception. Sans recourir à une carène en V profond, le V évolutif de l’Eagle 10 assure un confort satisfaisant dans une houle résiduelle de près de 80 cm pimentée d’un petit clapot. C’est le cas en vitesse de croisière, comme au plein régime des deux gros V6 Suzuki de 300 chevaux chacun. Et la mer défile rapidement, car le semi-rigide ukrainien nous a gratifié d’un 50 nœuds tout rond ! Une perf édifiante pour un bateau de ce gabarit, même avec 600 chevaux aux fesses. Ce qui est aussi plaisant, c’est la progressivité et la sérénité avec lesquelles ce grand semi-rigide navigue à vive allure. A sa barre, on se sent très rapidement en confiance, que ce soit en ligne droite bien trimé à la recherche de la vitesse maxi (et il en faut du trim pour commencer à faire vivre cette carène !), avec une tenue de cap imperturbable, ou en virages serrés, même en ayant la main lourde sur les gaz. Dans ceux-ci, l’Eagle 10 dessine des trajectoires précises, malgré une légère glisse sans doute liée à la gîte intérieure modérée, mais ne fait pas ventiler ses hélices, conservant un bon pouvoir de réaccélération. Cette dernière est assez impressionnante et se traduit d’ailleurs pas de bons chronos, déjaugeant en à peine plus de trois secondes et doublant les 20 nœuds en moins de cinq… Côté consommation, le meilleur rendement moteur se situe à 3 500 tr/min avec un demi mille parcouru par litre consommé à 28,1 nœuds, un très bon ratio pour une cavalerie de 600 chevaux, et de surcroît avec une vitesse de croisière qui ne traîne pas en route ! Malgré ses performances de haut niveau, l’Eagle 10 est proposé avec 100 chevaux de plus… A notre humble avis, il n’en n’a pas besoin.



 



photo Brig Eagle 10


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Qualité de réalisation      

Comportement        

Performances        

Equipement    

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix      

Le comportement et le pilotage facile
Les performances
L’habitabilité dans le cockpit
Les nombreuses places assises
La couchette « week-end » spacieuse
Le pli supérieur du pare-brise qui gêne la vision du pilote
Les commandes déportées du guindeau mal placées
L’équipement standard pas très généreux
Quelques détails de finition perfectibles
Les rangements peu nombreux

Face a la concurrence…

Modéle Elegance 10 Tempest 1000 WA 996
Marque Black Fin (Etats-Unis) Capelli (Italie) Master (Italie)
Imporlation Brunswick Marine in France (17 – La Rochelle) Yamaha Motor France (95 – Saint-Ouen l’Aumône) Réseau de revendeurs
Longueur 9,95 x 3,56 m 9,60 x 3,30 m 9,96 x 3,36 m
Nb de personnes 20 18 22
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 164 620 € avec 2 x Mercury 300 ch 181 190 € avec 2 x Yamaha 300 ch 107 880 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 50,0 nds à 6 000 tr/min
Vitesse de croisière rapide 37,3 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 28,1 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 3,3 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 4,9 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 14,7 nds à 2 200 tr/min
Hélice de l'essai 58 l/h
Consommation en usage courant (estimation) 9 heures
Autonomie en usage courant (estimation) 15’’ x 20’’5 inox 3 pales