Essai RIBCO Venom 44

Il cumule les points positifs : 
sportif, rapide, maniable, marin et bien équipé

Imaginez un semi-rigide de 13 mètres de long qui atteindrait en toute sécurité 60 nœuds, présenterait une courbe de rendement à faire des jaloux et dont le confort est à inscrire au tableau d'honneur… Ce bateau existe, il est d'origine grecque et se nomme Ribco Venom 44. Nous l'avons testé dans les eaux au large d'Athènes, un plaisir incomparable à bien des égards.

Texte : Alain Brousse - Photos : Alan


 360000 HT avec 3 x 350 ch Mercury Verado
 13.15 m
 12
 60,5

Suzuki-gif-540x145

Essai paru le 25/10/2018

Fiche technique

Longueur 13,15 m
Largeur 3,52 m
Diam. maxi des flotteurs 0 cm
Nbre de compartiments 0
Puissance maxi 3x400
Puissance conseillée par Pneumag 3x350
Poids sans moteur 5000 kg
Rapport poids/puissance 0
Nombre de personnes 12
Couchage 2x2
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1670 décitex
Capacité carburant 0 l
Catégorie CE B
Constructeur Ribco (Koropi – Grèce)
Importateur Monaco Rib (Monaco)
Droits annuels sur la coque 458
Droits annuels sur le(s) moteur(s) 945



Le nom de Ribco a fait son apparition sur nos côtes lors du dernier Monaco Yacht Show. Il s'agit d'un chantier grec dont les deux sites de production sont situés dans la banlieue d'Athènes. Née en 1995, la marque a lancé son premier modèle quatre ans plus tard, un 28 pieds sous la franchise Scorpion, en collaboration avec l'architecte naval britannique Lorne Campbell, grand spécialiste des carènes rapides. Certaines d'ailleurs sont principalement dédiées à la compétition motonautique offshore. Autant dire qu'une telle signature ne peut que déboucher sur des coques conçues pour la performance, d'autant que ce passionné de vitesse est un adepte des redans : triple dans le cas du 44. Cela n'a rien de superflu, nous le constaterons lors de l'essai. A la tête de Ribco : Stelios Ladopoulos et Niniiforos Valerianos, deux passionnés des semi-rigides qui confient le dessin des œuvres vives à Lorne Campbell et se chargent du "plan de pont". Car ces entrepreneurs ont parfaitement intégré la notion de confort qui préside à la conception des Ribco. Tracer son sillage à plus de 50 nœuds, oui mais pas sans savoir prendre du plaisir au mouillage. C'est donc dans le cadre plutôt enchanteur de la baie de Vouliagmeni, à 254 kilomètres au sud d'Athènes, que le Venom 44 est mis à notre disposition. Dans sa robe noire, très classe, il en impose d'autant que le contraste avec le teck naturel qui recouvre le plancher et le pont avant est du meilleur goût. Ajoutons à cela que son allure de fonceur est renforcée par son imposante console profilée, surmontée d'un hard-top. Indubitablement la couleur noire du 44 plaît mais en même temps on pense aux rayons du soleil, surtout l'été, emmagasinés par le Néoprène-Hypalon : c'est chaud, voire brûlant en milieu de journée ! La solution se trouve sur le nuancier Orca (fabricant français numéro un mondial du tissu enduit pour flotteurs) qui propose un large éventail de couleurs moins réceptif à la chaleur des U.V. De son côté le chantier possède également des gel-coats aux tons clairs... Nous voilà rassurés. Avant de libérer la puissance des trois hors-bord Verado Mercury, nous irons, de visu, apprécier la qualité de fabrication et d'installation de l'équipement des Ribco dans les deux sites de production. Nul doute que ce constructeur a le respect du travail bien fait, depuis le moulage des coques et des ponts jusqu'au stade final. D'où un niveau de finition élevé.


 


Comportement exemplaire


 


La carène aux entrées d'eau plutôt fines, dotée de quatre virures aiguisées, d'un bouchain neutre, et surtout de trois redans (décrochements longitudinaux du flux d’eau qui améliorent le coefficient de glisse) est un appel à la puissance. Il faudra juste se "contenter" de la version dite "conseillée" à savoir 3 x 350 chevaux Mercury Verado, ce qui sincèrement excite déjà la curiosité. Bien calé dans un bolster, le pilote se familiarise en un court instant avec les commandes et les cadrans et l'écran de la centrale de navigation. Les doubles leviers inverseur-accélérateur sont placés judicieusement entre les deux sièges sur une console centrale qui accueille aussi le compas. Contact ! Et débute alors la séquence que nous allons préférer… De fait, en quatre secondes et pas un centième de plus, il atteint sa vitesse de planning minimale, soit 12,8 nœuds. Une seconde et quarante centièmes "plus tard", le compteur de vitesse affiche 20 nœuds. Puis avec la même célérité les aiguilles du compte-tours s'envolent pour plafonner à 6 250 tr/min et à ce régime nous filons à 60,5 nœuds, vous avez bien lu ! Certes cela nécessite 1050 ch, pour un poids d'environ cinq tonnes. Et si jamais cela vous semble encore insuffisant, le chantier a une autre corde à son arc : 3 x 400 ch pour 66 nœuds ! Une bonne surprise : à l'allure maxi on lâche le volant sans prendre de risque, le Ribco poursuit sa route rectiligne, sans broncher. Et prendre un virage serré à 45 nœuds ne pose aucun problème au Ribco qui ne se bloque pas sur son bouchain. Vif et très maniable grâce à une direction précise, il dessine des arabesques tout en douceur. Certes notre essai a eu lieu dans des conditions de mer plate mais nous avons réussi à dénicher quelques sillages de yachts pour constater que la coque est imperturbable. Quel confort en navigation ! Et pour clore le chapitre des performances, jetons un coup d'œil sur le rendement : il est assez rare de rencontrer une courbe sinon plate du moins sans "chute" notoire et qui, le summum, révèle son meilleur résultat à 44 nœuds ! Coup de chapeau à cette carène à trois redans qui n'est pas loin de la perfection. A noter, chose rare : le pare-brise se lève grâce à une commande électrique pour encore mieux respirer l'air iodé, mais pas au-dessus de 40 nœuds, du moins pour les sinus fragiles. 


 


Quatre couchettes


 


Nous avons beaucoup apprécié le plancher du cockpit en teck naturel. La circulation de l'avant à l'arrière est sans réel problème sinon un léger rétrécissement au niveau des passavants, exactement à l'aplomb du pare-brise. Les places assises, au nombre de dix (une moulée dans la porte de la console, cinq dans la partie protégée par le T-Top, et quatre sur la banquette arrière en se serrant), ne sont pas des plus douces et cela parce que la mousse choisie est dense. Les deux solariums arrière disposent chacun d'un appui-tête, un équipement qui rend la bronzette encore plus relaxante. Toujours en matière de confort un atout et pas des moindres : un coin toilette avec un lavabo, des WC et une douche dans la partie avant de la console, accessible par une porte qui s'ouvre en se soulevant, aidée en cela par des vérins efficaces. Enfin, pour les plaisanciers qui souhaiteraient passer une nuit dans une crique sauvage, le Ribco 44 offre deux couchettes doubles à l'avant sous le pont et à l'arrière, en levant électriquement le capot qui supporte les bains de soleil. Sinon ces deux volumes font office de rangements particulièrement généreux.


 


Un bilan largement positif


 


Une indéniable qualité de fabrication, un comportement largement au-dessus de la moyenne, des performances exceptionnelles, un rendement surprenant et un équipement élaboré, voilà une liste d'atouts qui se passerait presque de commentaires.



photo RIBCO Venom 44


photo RIBCO Venom 44


photo RIBCO Venom 44


photo RIBCO Venom 44


photo RIBCO Venom 44





On aime bien
On aime moins

PERFORMANCES
Vitesse maxi 60,5
Vitesse de croisière rapide 44 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 00
Temps de jaugeage 00
Accélération de 0 a 20 nds 5,4
Vitesse minimale d’hydroplanage 12,8 nds à 2 400 tr/min
Consommation en usage courant (estimation) 100 l/h
Autonomie en usage courant (estimation) 10 h 15 min
Hélice de l'essai nc