Essai Lomac 520 OK

Tout l'esprit du pneu

Facile à transporter, sûr à la mer, doté d’un cockpit spacieux et de rangements suffisants, le 520 OK fait vivre un "esprit pneu" parfois oublié. Sorties en famille, pêche ou plongée, il élargit l’horizon des vacances sans faire exploser le budget.

Texte et photos Jacques Anglès


 14 400 € sans moteur (tarif 2016)
 5.14 m
 8
 33,8 nds avec Yamaha 60 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 79 Septembre/Octobre 2010



Dans la grande famille Lomac, la série OK correspond à l’entrée de gamme des semi-rigides familiaux, avec quatre modèles de 4,60 m à 5,80 m, juste un peu moins sophistiqués que ceux de la série IN, qui attaque à 5,10 m et culmine à 11,88 m. Le concept de semi-rigide familial sous-entend un cockpit suffisamment structuré pour offrir assez de places assises à un équipage sans surnombre, éventuellement un bain de soleil et de quoi ranger sans problème le matériel de bord, qu’il s’agisse des équipements de sécurité ou des effets personnels. C’est précisément tout ce que fournit ce modèle classique du manufacturier italien, joliment relooké pour rester dans le vent. Flotteur sable à parements gris souris, selleries ton sur ton sable et brun, polyester blanc, l’esthétique du millésime 2010 séduit sans donner dans le tape-à-l’œil. Si cette remise à niveau est bienvenue, l’essentiel reste le sérieux de construction qui a fait sa réputation. Commençons par ce qui est l’âme du pneu : le flotteur. Soigneusement réalisé en tissu Orca (CR/CSM) de Pennel & Flipo, la référence préférée des grands chantiers, il offre cinq compartiments, avec une coupe classique, des collages impeccables et des extrémités arrière hémisphériques. Les accessoires gris clair et blanc contrastent agréablement sur ce fond couleur de sable : un liston de protection sur tout le pourtour, six grosses poignées de portage, deux lignes de poignées de maintien (14 au total) entourant toute la partie avant et un gros taquet coinceur en caoutchouc à la proue, auquel nous préférerions un taquet classique sur delphinière, certes plus cher mais plus efficace. Côté polyester, la stratification est réalisée classiquement par voie humide manuelle. C’est robuste et bien fait, avec un gel-coat brillant et un antidérapant efficace, type "pointe de diamant" sur tout le plancher. L’ensemble présente une rigidité rassurante et les détails importants sont soignés, à l’exemple des fermoirs de coffres réglables et cadenassables, encastrés dans des réserves du moule de pont.
Le design, classique et sobre, ne propose pas de révolution esthétique, mais répond à bon escient aux exigences fonctionnelles. On apprécie les bonnes proportions du cockpit deux-zones qui offre quatre places assises dans le sens de la marche et au moins deux de plus à l’avant ou sur les boudins. La zone avant est spacieuse, avec assez d’espace entre le pont/solarium avant et la banquette frontale de console, ce qui permet d’installer selon les besoins un coin-repas ou un grand bain de soleil, la table amovible et l’extension bain de soleil (en option) pouvant se ranger dans les coffres. La partie arrière est allouée au poste de pilotage, pourvu d’une banquette biplace confortable et d’une console décalée sur tribord qui ménage un large passavant à bâbord (bon point pour la circulation). Très large pour deux, la banquette n’occupe pourtant pas toute la largeur du cockpit, laissant ainsi un passage pratique vers l’échelle de bain, qui est fournie avec l’équipement standard. Ce dernier s’avère suffisant pour les sorties de pêche ou de plongée, mais si l’on veut un confort total pour les sorties en famille, il faudra ajouter la table, l’extension bain de soleil (qui peut elle-même servir de table, moyennant une adaptation facile), le taud de soleil et une douche de pont. Avant même de mettre le contact, la conception de ce modèle apparaît convaincante du côté du confort, et s’agissant d’un Lomac dont la carène a déjà fait ses preuves, je largue les amarres sans inquiétude quant au comportement marin. Le choix d’un 60 ch, nettement en dessous de la puissance maximale autorisée (90 ch), semble a priori un bon compromis performances/prix/consommation, ce que notre essai va confirmer. Malgré cette puissance modérée, le déjaugeage est assez vif, avec une phase cabrée suivie d’une reprise d’assiette rapide. Ce cabré s’atténue nettement avec de la charge sur l’avant. Bon point au passage pour l’excellente portance de la carène, qui reste déjaugée à 11 nœuds… Le 60 ch procure de bonnes accélérations, les 20 nœuds étant vite atteints, et signe un chrono maxi de 33 nœuds, amplement suffisant au regard du programme. Mieux vaut souligner les vitesses de croisière de 17 à 20 nœuds, obtenues aux régimes les plus favorables au rendement, au silence de fonctionnement et au confort des passagers. Le 520 OK montre une excellente stabilité, tant en tenue de cap qu’en latéral et en longitudinal, la carène ne risquant pas de dépasser ses limites dynamiques avec cette motorisation. L’étrave efficace amortit bien les passages de vagues, le flotteur assez bas sur l’eau à l’arrière pouvant néanmoins transmettre quelques coups de raquette, notamment par mer de travers. Logiquement, le 520 vient vite s’appuyer sur le flotteur en virages, ce qui limite la gîte sans pour autant compromettre l’accroche, avec un caractère légèrement survireur et assez fun en longues courbes rapides, mais il montre une nette tendance à la ventilation quand on resserre le rayon. Globalement, c’est une carène franche, facile à prendre en mains et agréable à piloter, qui se révélera sportive avec 75 ch ou plus.



photo Lomac 520 OK


photo Lomac 520 OK


photo Lomac 520 OK


photo Lomac 520 OK





CONCLUSION
Pas frimeur et bien conçu, le Lomac 520 est à l’image du grand chantier milanais, fort de sa longue expérience. Bien construit, doté d’un cockpit convivial et pratique, assez sûr pour sortir en mer sans redouter les caprices de la météo, ce modèle a tout ce qu’il faut pour se faire plaisir, et ceci quel que soit le programme. Les familles aimeront son confort, les pêcheurs ou les plongeurs sa stabilité et ses qualités de baroudeur. Pas révolutionnaire, mais marin jusqu’au bout des boudins.




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