Essai Lomac 850 IN

Pour familles pressées

Nettement réactualisé au plan du design, le 850 IN nouvelle version dévoilé lors du salon de Gênes fait valoir un ensemble de qualités qui le situent en bonne place au sein d’un segment de marché concurrentiel. Plan de pont convivial et performance élevées sont au rendez-vous. Reste que la note est assez salée…

Texte Philippe Leblond – Philippe Leblond et DR


 72 000 € (73 500 € pour bimoteur)
 7.98 m
 18
 44,5 nds avec Yamaha 300 ch 4T

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Essai paru le 10/12/2019

Fiche technique

Longueur 7,98 m
Largeur 3,06 m
Diam. maxi des flotteurs 61 cm
Nbre de compartiments 6
Puissance maxi 400 ch ou 2 x 200 ch (294 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 275 à 400 ch
Poids sans moteur 1250 kg
Rapport poids/puissance 5,0 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 18
Couchage 0
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 760 décitex
Capacité carburant 310 l
Catégorie CE B
Constructeur Lomac (Italie)
Importateur Stélie Nautic + revendeurs
Droits annuels sur la coque 92€
Droits annuels sur le(s) moteur(s) 504€



Considérant qu’il est possible d’ajouter 100 chevaux aux 300 de notre bateau d’essai, il va sans dire que ce nouveau Lomac n’a pas vocation à se traîner. De 44,5 nœuds, en l’état, il est en capacité de dépasser les 50 nœuds avec ce supplément de puissance, ce qui, pour un semi-rigide résolument destiné à un usage familial « balade/farniente », n’est pas si commun. Objet de plusieurs retouches durant sa longue carrière – il a été lancé en 2007 ! – le 850 IN a gagné en élégance, au travers d’un style sobre qui, à notre sens, manque d’un zest de personnalité. Mettons le pied à bord pour détailler ce que nous propose cette évolution…



 



Au ponton



Pas de surprise quant au plan de pont du nouveau 850 IN. La segmentation en trois zones est monnaie courante sur les semi-rigides équipés confort, avec la baignade et le carré à l’arrière, le poste de pilotage au centre, un solarium et le mouillage à l’avant. Le design est revisité, avec moins de galbes et plus d’arrêtes pour ce qui est de l’œuvre polyester (delphinière, console, arceau, plats bords…). Les flotteurs arborent un diamètre important (61 cm) et, afin de favoriser la facilité de circulation dans le cockpit, le chantier milanais a opté pour un poste de pilotage pas tout à fait biplace. On peut donc « tourner » autour aisément, surtout lorsque les rallonges de solariums (optionnelles) ne sont pas en place. Le dossier de la banquette arrière peut même basculer vers l’arrière pour faciliter l’accès à la zone de baignade, tandis que l’arceau, supportant le cabriolet et les feux de navigation, ne gêne pas le passage. L’échelle de bain intégrée dans la plate-forme bâbord mène à la douche de pont, alimentée par un réservoir d’eau douce de 54 litres. Mais, s’il est un lieu privilégié à bord de ce Lomac, c’est bien le carré en U avec ses six places, plus une si l’on commande le strapontin optionnel en vis-à-vis. Bien couvert par le taud de soleil pour se protéger de la morsure du soleil de midi, on s’y voit déjà prendre l’apéro, pour lequel l’option frigo semble incontournable… Une fois le pique-nique terminé, on peut convertir le carré en bain de soleil. A la manière du strapontin arrière - mais cette fois il ne s’agit pas d’une option - le siège moulé sur l’avant de la console de pilotage offre une belle place assise du côté du solarium de proue, celui-ci couvrant un grand coffre de rangement plus la baille à mouillage, tous deux fermés par des capots avec vérins à gaz et joints de caoutchouc pour éviter les bruits en navigation dans le clapot. Ces derniers s’ajoutent au grand volume de rangement de la console, avec ouverture frontale. Cette dernière possède deux petits hublots ouvrants et une ample ouverture frontale, d’autant plus appréciables qu’il est possible d’y loger un WC chimique. La base du siège pilote possède aussi un peu de place pour quelques affaires (surtout sans l’option frigo), ainsi que la soute arrière pourvue de trois capots et de fermoirs inox réglages pouvant recevoir des cadenas. Un bon point aussi pour les quatre taquets (deux à l’arrière sur les plats bords, deux à l’avant sur la delpinière) facilement accessibles lors de manœuvres d’amarrage et placés suffisamment haut pour éviter le ragage des bouts sur les flotteurs.



 



Pour ce qui est du poste de pilotage, dont on peut regretter qui soit un peu étroit pour bien installer un copilote, on note la bonne position de pilotage avec des commandes (volant et gaz) à bonne hauteur. Et grâce au cale-pieds moulé à la base de la console, il est aussi possible de barrer assis, bien à l’abri du pare-brise. Le tableau de bord se révèle assez spacieux pour accueillir l’instrument multifonction de contrôle Yamaha et un combiné Garmin GPS-sondeur à écran de 10 pouces, sans oublier une VHF fixe et une radio AM-FM Bluetooth Fusion de 200 watts. Et décernons un accessit à Lomac pour la présence de trois vide-poches : un premier sous le volant, un second au sommet du tableau de bord bordé d’une fargue, un troisième derrière l’assise du pilote.      



 



Par contre, son prix de base figure parmi les plus élevés dans cette catégorie des 7 à 8 mètres, et ce en dépit d’un équipement de série limité. De fait, quelques options utiles, sinon désirables, auront tôt fait de corser l’addition : guindeau électrique (2 300 €), extension bain solarium arrière (450 €), douchette (800 €), ancre avec sa chaîne (940 €), strapontin au dos du leaning-post (900), bimini (1 260 €), mât de ski (1 500 €)… Sans parler des extras qui font la différence dans le domaine du confort embarqué : réfrigérateur inox 65 litres (1 855 €), évier intégré (440 €), pont en teck (6 080 €), WC chimique (320 €)… Précisons que pour l’installation du nouveau V8 Yamaha 375 ch, une modification du tableau arrière sera nécessaire (3 850 €).



 



En mer



Véloce, le 850 IN l’est, assurément. Notre mesure à 44,5 nœuds sous la poussée du Yamaha 300 ch V6, le prouve. Et plus encore, celle obtenue par les techniciens de Yamaha, avec le concours du gros 350 ch V8, dans des conditions d’essai presque optimales (deux personnes à bord, 50 litres d’essence, hélice de 19’’), hormis la température ambiante un peu chaude (32°) : 51,4 nœuds ! Et l’on pourrait encore ajouter 50 chevaux, pour approcher les 55 nœuds. Mais là, il ne serait plus question de balade en famille, plutôt de navigation sportive… Concernant le choix de la puissance, justement, opter pour 350 ou 400 chevaux ne nous semble pertinent que dans l’optique de naviguer avec un équipage nombreux, et le chargement qui va avec, afin de maintenir un bon niveau de dynamisme (plutôt en bimoteur) et des rendements économiques sur les régimes intermédiaires (plutôt en monomoteur). En tout cas, avec le F300 fort de ses 4,2 litres de cylindrée, notre 850 IN démarre comme une balle : 2’’5 seulement pour naviguer dans ses lignes (cabrage contenu et reprise d’assiette instantanée) et 4’’ pas plus pour franchir la marque de 20 nœuds… Quel punch ! Et grâce à ses allures de croisières élevées, le nouveau Lomac signe de bons rendements moteur avec, notamment, 0,78 mille par litre à 3 500 tr/min avec à la clé une vitesse de croisière économique (conso 33 litre/heure) de 26 nœuds et une autonomie de 218 milles. Et il ne s’agit pas encore du meilleur rendement qui devrait se situer autour des 3 000 tr/min puisque le Lomac plane dès 2 300 tr/min (11 nœuds). Pas mal, non ? De fait, le pilote dispose d’une très large plage de régimes pour adapter sa vitesse aux conditions de mer et d’emploi du temps en vigueur. Autre point positif, le confort dans une mer légèrement formée (houle + clapot d’environ 80 cm). Il est vrai que sa carène est héritée de celle du 790 IN (modèle toujours au catalogue), que nous avions appréciée dans notre essai, en 2010 (voir sur ce site). Facile à prendre en main avec cette puissance, le 850 IN délivre un pilotage agréable, avec une bonne r&éactivité aux réglages de trim, une tenue de cap impeccable, et un comportement précis et sain en virage, bien que moins incisif que celui d’un Adrenalina. Les relances en sorties de courbes sont toniques grâce à l’absence de ventilation de l’hélice, quel que soit le rayon du virage.



 



photo Lomac 850 IN


photo Lomac 850 IN


photo Lomac 850 IN


photo Lomac 850 IN


photo Lomac 850 IN


photo Lomac 850 IN


photo Lomac 850 IN





Qualité de réalisation      

Comportement        

Performances        

Equipement    

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix      

Le comportement dynamique et le confort marin
Le pilotage agréable, les rendements économiques
Le carré arrière spacieux
La facilité de circulation à bord
La sellerie manquant de moelleux
Le poste de pilotage pas vraiment biplace
L’ouverture étroite de la soute arrière
Le tarif élevé malgré de nombreuses options

Face a la concurrence…

Modéle 80 Ocean Sport 26 GTO 800 Comfort
Marque BSC (Italie) BWA (Italie) MV Marine (Italie)
Imporlation Réseau de revendeurs Réseau de revendeurs Réseau de revendeurs
Longueur 7,88 x 3,10 m 7,75 x 3,10 m 7,96 x 2,90 m
Nb de personnes 18 19 20
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 56 280 € (sans moteur) 55 440 € (sans moteur) 57 360 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 44,5 nds à 5 600 tr/min
Vitesse de croisière rapide 36,6 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 26,0 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 2,5 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 4,0 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 11,0 nds à 2 200 tr/min
Consommation en usage courant (estimation) 28 l/h
Autonomie en usage courant (estimation) 10 heures
Hélice de l'essai Saltwater SDS 18’’ inox 3 pales