Essai Northstar 540 OP

Prêt à en découdre

D'un design parfois simpliste mais d'une construction robuste, les semi-rigides du chantier turc vont à l'essentiel : un tempérament généreux, un cockpit fonctionnel. Le 540 OP ne déroge pas à la règle et propose un plan de pont "ajustable" à la guise de l'utilisateur. Baroudeur né, le 540 OP se destine avant tout aux loisirs sportifs.

Texte et photos Philippe Leblond


 10 124 € sans moteur (tarif 2016)
 5.4 m
 10
 31,6 nds avec Honda 75 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 90 Juillet/Août 2012



Il est le deuxième des quatre modèles d'une gamme Open qui s'étend de 4,80 à 6,40 m. Cette série est pour le constructeur turc celle des baroudeurs polyvalents, proposant quelques éléments de pont afin de piloter confortablement et stocker quelques affaires. Nous allons y revenir, après quelques appréciations sur la construction et la finition de ce semi-rigide oriental. C'est une habitude chez Northstar, la constitution est robuste avec un échantillonnage généreux du polyester et des flotteurs de fort diamètre. L'assemblage du Néoprène/Hypalon japonais Achilles est soigné (pas de traces de colle) et sa couleur d'un bleu profond, sa texture douce, apportent une touche de douceur à ce semi-rigide qu'on devine taillé pour des sorties musclées. Par contre, la main courante en inox, du fait de sa faible section dépare un peu, en même temps qu'elle empiète trop sur les passavants…
Nous disions plus haut le caractère plutôt spartiate du 540 OP. A bord, pas de solarium, de banquette arrière, de fixations pour un cabriolet, de plate-forme de bain (même si l'échelle n'a pas été oubliée), de douchette… Ce baroudeur, car c'est bien là son identité, propose néanmoins une console et un siège-coffre qui abrite un réservoir d'essence fixe de 60 litres. Ces deux éléments rapportés étant vissés sur le plancher, il est possible de les placer à sa guise, plutôt vers l'avant ou vers l'arrière, en fonction de son mode d'utilisation (plongée, ou pêche). Par ailleurs, on remarquera que la ligne de carburant, les câbles de la direction et des commandes du moteur courent à même le plancher, dans une gaine souple. Dans le grand coffre sur lequel le dossier et le grand coussin forment deux places assises dos-à-dos (replié vers l'avant, le dossier passe en position "leaning-post"), il est possible de ranger quelques affaires (évitez les vêtements pour l'odeur d'essence !). Le corps de la console offre davantage de volume pour le rangement. Troisième élément présent sur le pont : le coffre à mouillage. Ce dernier, moulé avec le pont, est profond et son ouverture généreuse. On regrette par contre l'absence de passe-bout dans le couvercle… On peut s'étonner de ne rien trouver pour l'amarrage sur le nez du bateau, ce à quoi Eric Forgue, l'importateur, tient à préciser qu'il est prévu, en standard, un petit socle polyester avec davier et taquet inox repliable.
Lieu de l'essai : la Loire. C'est même au cœur de Nantes que nous avons pris en main ce petit semi-rigide à la ligne sportive. Sur son tableau arrière, le Honda BF75, dont nous allons voir qu'il est très bien choisi pour propulser le 540 OP. La température est fraîche et le fond de l'air humide. Aussi ne tardons nous pas à faire parler la poudre. Le mot est choisi à dessein car au démarrage, le Northstar se montre explosif : 2"8 pour déjauger, et moins de 5" pour abattre les 20 nds ! Ca pousse fort et jusqu'au régime maxi. Par contre le chiffre de vitesse maxi fait moins belle impression avec 31,6 nds. Malgré nos efforts répétés pour alléger la carène à grand renfort de trim positif, nous ne ferons pas mieux… Mais, en jetant un coup d'œil au compte-tours, un début d'explication se fait jour : 6 400 tr/min ! Or, la fourchette de régime maxi du motoriste japonais est de 5 000 - 6 000 tr/min. Ce surrégime de 400 tr/min provient sans doute d'une hélice au pas trop court (15 pouces), favorable à l'accélération mais pénalisante au plan de la V-max. Une 14 ou une 13 pouces permettrait sans doute de grappiller deux ou trois nœuds supplémentaires, qui seront aussi bénéfiques aux rendements de croisière (de 3 500 à 4 500 tr/min). Au-delà de ces performances à deux visages, le comportement du semi-rigide turc s'avère à la fois homogène et rassurant. Bien équilibré (avec un peu de trim positif pour compenser un léger penchant sur bâbord à mi-régime en raison de l'effet de couple – réglage dérive anti-couple à peaufiner ?), il s'avère facile à prendre en main à toutes les allures, ainsi que lors de virages musclés, où un léger survirage en fin de courbe amoindrit les effets de la force centrifuge sur l'équipage. Reste la question difficile à satisfaire : quel comportement dans la vague ? Retenons comme un début de réponse, son attitude sereine (et confortable) dans les multiples traversées que avons commises dans le sillage du bateau-bus de la ville .



photo Northstar 540 OP


photo Northstar 540 OP


photo Northstar 540 OP


AU PONTON
Pour ce qui est de son plan de pont, le 540 OP s'en tient à l'essentiel, à savoir un poste de pilotage avec console et siège-coffre convertible en leaning-post, et une baille à mouillage. Pas de fioritures donc, mais au bénéfice d'une liberté de mouvements sur le pont qu'apprécieront les utilisateurs actifs (pêcheurs, plongeurs, chasseurs...). Dommage que les câbles du moteur et de la direction ne soient pas dissimulés sous le plancher...
Le réservoir fixe de 60 litres occupe une bonne partie du volume du coffre sous le siège du pilote...




EN MER
Agile est nerveux avec le concours du Honda BF75, le Northstar est un semi-rigide efficace et agréable à piloter. Crédité d'excellent chiffres dans le domaine des accélérations, il est cependant un peu juste en vitesse de pointe. Le léger surrégime obtenu à pleins gaz s'explique sans doute par le choix d'une hélice au pas un peu court.




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