Essai Sacs Strider 11 EFB

Toujours séduisant

Certes, le Strider 11 n’est pas une nouveauté mais il conserve, par-delà les saisons qui passent, un vrai pouvoir de séduction. Son plan de pont, convivial, et sa cabine, confortable, restent totalement d’actualité et en mer, comme on dit, « il fait le job ». Démonstration.

Texte et photos Philippe Leblond


 255 000 € avec 2 x Mercruiser 320 ch (essence)
 11.22 m
 14
 41,3 nds

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Essai paru le 18/10/2018

Fiche technique

Longueur 11,22 m
Largeur 3,37 m
Diam. maxi des flotteurs 69 cm
Nbre de compartiments 6
Puissance maxi 2 x 370 ch (545 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 2 x 320 – 2 x 350 ch
Poids sans moteur 3500 kg
Rapport poids/puissance 7,0 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 14
Couchage 2
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 530 l
Catégorie CE B
Constructeur Sacs Marine (Italie)
Importateur Réseau de revendeurs
Droits annuels sur la coque 274 €
Droits annuels sur le(s) moteur(s) 2640 €



Même si le vibrionnant constructeur lombard s’est un peu calmé ces dernières années, il reste à la pointe de la création dans l’univers du semi-rigide haut de gamme. Qui ne se souvient pas de ses séries spéciales, au style et aux dénominations démonstratifs : Samouraï, Abarth Powershore, Lancia di Lancia, Indaco, Jaguar, Zeta R ? Des semi-rigides toujours plus audacieux, toujours plus imposants. Aujourd’hui encore, Sacs Marine crée la surprise avec ses deux Rebel à flotteurs moussés (ce qui explique leur non présentation dans Pneumatique Magazine). De fait, au sein d’une production pléthorique, le Strider 11 avec ses plus de 11 mètres n’est qu’un milieu de gamme ! Mais il fait partie de la gamme Strider (11 modèles de 8 à 20 mètres !) qui, avec le concours du designer Christian Grande, est devenue emblématique de Sacs. Et, bien que né en 2010, le Strider 11 fait toujours belle figure. Et pas seulement par ses lignes… Notre bateau d’essai, aimablement mis à disposition par Marine Services, qui possède « ponton sur rue » à l’entrée de Saint-Tropez, est de 2011 et les stigmates du temps reste étonnamment discrètes.    



Au ponton



L’ample plate-forme de bain – privilège de cette version in-board (EFB), le Strider 11 existant aussi en bimoteur hors-bord (FB) – garantit un embarquement facile au port. Elle augure surtout d’un accès facile à la baignade ou à la sortie d’eau, avec une douchette (chaud/froid) à portée d’échelle, sur tribord. Arrivé dans le cockpit, on apprécie de fouler le teck massif à larges lames, via la découpe centrale du matelas du généreux solarium de la poupe (185 x 242 cm). La longue banquette en triptyque peut recevoir jusqu’à six personnes autour de la table du carré, faisant face à un bloc-cuisine fonctionnel. Le plan de travail intègre un réchaud gaz et un évier inox, tandis qu’en dessous, un réfrigérateur de 50 litres trouve place à côté du compartiment poubelle. En option, cette dernière peut être remplacée par un second frigo de même capacité. Cet espace sera donc un lieu privilégié des heures passées au mouillage car, bien sûr, le taud de soleil n’a pas été oublié, sous la forme d’un grand cabriolet à trois arceaux qui sort d’un logement dédié, en périphérie du bain de soleil. L’occupation de la soute arrière par les deux V8 Mercruiser est, au plan du rangement, en partie compensée par trois cales intégrées au plancher, autour du meuble leaning-post/cuisine. Rangement qui n’est pas le point fort d’un semi-rigide comme celui-ci, doté à la fois d’une cabine (à moins de la considérer comme un fourre-tout) et de moteurs in-board, ce qui revient à faire l’impasse sur les plus volumineux espaces de stockage propres aux modèles hors-bord sans cabine : la cale arrière et les coffres avant. A bord du Strider 11, on trouve néanmoins deux coffres supplémentaires sous la couchette…



Le poste de pilotage offre une ergonomie de conduite plutôt satisfaisante, que l’on barre debout (demi-assise relevable) ou assis (cale-pieds moulé dans la console). Mais, l’espace entre le siège et le volant risque de s’avérer étroit pour un pilote corpulent, à la différence de la main courante destinée au copilote, un peu lointaine. La visibilité vers l’avant est excellente au travers d’un pare-brise, incliné mais sans armature, qui défléchit bien le flux d’air à haute vitesse. Un peu daté, le tableau de bord se signale par la ribambelle de cadrans relatifs aux moteurs, aujourd’hui remplacés par un combiné digital, et un module destiné à intégrer une centrale de navigation à écran de modeste dimension. Il manque en outre l’indispensable vide-poches… Par contre, le compas au sommet du tableau de bord se trouve bien dans l’axe de vision du pilote. Dans le domaine de l’accastillage, un bon point pour la sécurisation des déplacements à bord avec les mains courantes du leaning-post/kitchenette et celle de la console/cabine pour accéder au solarium avant (190 x 170 cm), via des passavants de largeur tout juste correcte (26 cm) pour un bateau de cette envergure. L’amarrage n’est pas en reste avec deux taquets bien dimensionnés à la poupe ainsi qu’à la proue, sur la discrète delphinière revêtue de teck (bien pour embarquer par l’avant) qui renferme le guindeau électrique commandant l’ancre située dans l’écubier d’étrave. Un bémol : l’absence de commandes locales pour le mouillage…



Last but not least, comme disent si bien les Anglais : pénétrons enfin dans la cabine qui n’est pas ici juste un faire-valoir. Dès l’entrée (1,68 m sous barrots), on apprécie l’atmosphère lumineuse grâce à une déco à tons clairs (bois blond, tissu du lit et vaigrage blancs), tandis que le sol joue le contraste avec du bois sombre. A bâbord, un meuble apporte un peu de rangement, ce qui n’est pas du luxe car on ne trouve pas d’équipets latéraux en bordure de la spacieuse couchette double (192 x 180 cm). A tribord, le cabinet de toilette apporte la touche de confort attendue pour envisager de petits séjours en mer, sans avoir à rejoindre le port à la tombée du jour. On y trouve un lavabo, une douche et un WC marin, alimentés par un réservoir de 150 litres d’eau douce. Par ailleurs, le Strider 11 a aussi su se mettre à niveau avec la concurrence au plan de la personnalisation, avec un choix de coloris (ivoire, gris, noir) pour les flotteurs comme pour le gel-coat du pont et de la coque. Pour ces deux derniers, il est aussi possible d’opter pour une peinture métallisée. Et pour la version hors-bord du Strider 11, Sacs propose même de peindre les moteurs de la couleur du gel-coat. Question d’harmonie…



En mer



Notre bateau d’essai renfermait dans sa cale une paire de Mercruiser V8 de 6,2 litres entraînant des embases Bravo One (simple hélice). Avec ce total de 620 chevaux, nous avons obtenu 41,3 nœuds au régime maxi. Une belle perf’ compte tenu du poids du Strider 11 (plus de 4,5 tonnes en ordre de marche) et d’une carène revêtue d’un antifouling. Sans cette peinture qui altère un peu la glisse, les 45 nœuds seraient à portée de GPS. A titre indicatif, avec la motorisation maxi (deux Mercury Diesel de 370 ch) Sacs Marine annonce 51 nœuds. Cette marque nous paraît tout à fait vraisemblable. Pour ce qui est des accélérations, nous avons aussi obtenu de bons résultats : 5’’5 pour déjauger ce grand gabarit, et 6’’4 pour passer les 20 nœuds. Le couple des deux gros V8 (6,2 litres de cylindrée) a parlé !



D’après des chiffres de consommation fournis par Mercury Marine, nous avons évalué les rendements approximatifs du Strider 11 avec la motorisation de l’essai. La courbe des consos se calque longtemps sur celle de la vitesse, ce qui offre une large plage de régimes économiques au pilote : de 3 000 à 4 000 tr/min, la distance parcourue est de 0,33 mille par litre consommé, pour des vitesses comprises entre 23 et 35 nœuds. C’est très satisfaisant, surtout au rythme le plus soutenu et en considérant la forte cylindrée de ces deux V8 essence. Idem, au plan du comportement, le Strider 11 ne nous a pas déçus. Agréable et réactif à la barre, malgré son gabarit, il donne envie de le mener sportivement. Sa carène en V profond répond dans l’instant aux sollicitations du pilote, avec des changements de cap vifs, et passe confortablement dans un clapot de 50 à 60 cm, poussé par un vent de 2 à 3 Beaufort. La déflexion de l’étrave est efficace, avec une vague d’étrave bien aplatie, et le Strider 11 se montre bien agréable à différents régimes de croisière, que ce soit à 23 ou 35 nœuds, le ronronnement des V8 se faisant grave et discret grâce à une épaisse insonorisation de la cale moteurs. Maniable, il se montre impeccable dans les virages, quel que soit le rayon de braquage et la puissance appliquée. Capable de virer vite et court, avec une belle précision une gite et un grip constants, une motricité intacte en sortie de courbe, le Sacs aura vite fait de revenir auprès d’un skieur pour le récupérer. Au port, les deux moteurs permettent de manœuvrer sans angoisse et sans propulseur d’étrave. Le chantier italien propose tout de même, pour ceux que cela rassure, le système Axius de Mercury Marine, qui permet de manœuvrer à l’aide d’un joystick, puisque le Strider 11 sera désormais commercialisé avec les nouveaux Mercruiser 6.2 L DTS de 350 ch à embase Bravo 3 (double hélice contre-rotative). Une monte qui devrait lui permettre de dépasser les 45 nœuds.



 



photo Sacs Strider 11 EFB


photo Sacs Strider 11 EFB


photo Sacs Strider 11 EFB


photo Sacs Strider 11 EFB


photo Sacs Strider 11 EFB


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photo Sacs Strider 11 EFB


photo Sacs Strider 11 EFB


photo Sacs Strider 11 EFB


photo Sacs Strider 11 EFB


photo Sacs Strider 11 EFB


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Qualité de réalisation        

Comportement        

Performances        

Equipement      

Adéquation programme      

Rapport qualite/prix      

Le design toujours séduisant
Les performances et le comportement marin
La cabine confortable
Le rangement pour le cabriolet
Le niveau d’insonorisation de la cale moteurs
Le manque d’espace entre le siège pilote et le volant
L’absence de vide-poches au tableau de bord
L’absence d’équipets latéraux pour la couchette
L’absence de télécommande guindeau à l’avant
Les extincteurs à déclenchement manuel

Face a la concurrence…

Modéle 1100 IN EFB MX-11 Coupé 38 EFB
Marque Lomac (Italie) Magazzu (Italie) Marlin Boat (Italie)
Imporlation Stélie Nautic + revendeurs Réseau de revendeurs Sébastien Chevalier (83 – Les Issambres)
Longueur 10,46 x 3,56 m 11,00 x 3,80 m 11,75 x 3,66 m
Nb de personnes 22 18 18
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 171 000 € sans moteur 228 000 € avec 2 x 300 ch 227 556 € avec 2 x 350 ch
PERFORMANCES
Vitesse maxi 41,3 nds à 4 550 tr/min
Vitesse de croisière rapide 35,1 nds à 4 000 tr/min
Vitesse de croisière economique 23,3 nds à 3 000 tr/min
Temps de jaugeage 5,5 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 6,4 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 16,6 nds à 2 400 tr/min
Consommation en usage courant (estimation) 70 l/h à 3 000 tr/min
Autonomie en usage courant (estimation) 160 milles à 23,3 nds
Hélice de l'essai 21’’ inox 3 pales