Essai Solemar S 500

Doué le petit !

*Longtemps cantonné dans l'exclusivité d'une gamme de semi-rigides de grande envergure, dont bon nombre conçus pour la croisière, le chantier italien lance une entrée de gamme comptant cinq modèles, dont ce S 500 occupe le centre. Avec talent…*

Texte et photos Philippe Leblond


 13 800 € sans moteur (16 080 € version luxe) (tarif 2016) Longueur : 5,10 m
 5.1 m
 8
 32,1 nds avec Suzuki 70 ch 4T
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Essai paru le 22/01/2016



Un cinq mètres chez Solemar, c'est comme si vous trouviez une petite citadine dans la gamme Bentley… Jusqu'ici, le constructeur de Ravenne, passé il y a quelques années sous la coupe d'Arimar, nous avait habitués aux semi-rigides XL, dont plusieurs modèles à cabine(s). Dominée par l'imposant Oceanic 44.1 (12,67 m x 4,28 m), la gamme s'élargit d'un coup par le bas, avec cinq nouveaux modèles : S 430, 470, 500, 540 et 580. Pas mal pour un chantier qui ne construisait pas en dessous de six mètres ! Ce S 500 qui nous tend les bras se démarque aussi de ses grands frères en termes de style, quand bien même la sellerie orangée pourrait être un clin d'œil à la couleur des tissus de cabine des anciens Oceanic… Pour le reste, rien de commun si ce n'est une certaine qualité (pas au même niveau quand même !), avec un ouvrage polyester soigné et des tubes en tissu Orca gris foncé, parfaitement ajustés.

Bien que doté de flotteurs de fort diamètre, pour un semi-rigide de cette taille (57 cm !), le S 500 est au gabarit routier, et sa relative légèreté le rend facile à sortir de l'eau ou à tracter derrière un véhicule de puissance moyenne. Pour faire "claquer" un prix attractif, la version de base est sensiblement dépouillée et ceux qui voudront un minimum de confort pourront opter pour la version DL, ou quelques options à la carte parmi une longue liste. Il est possible d'économiser plus de 1 000 euros en choisissant la déclinaison DL, plutôt qu'en achetant les équipements à l'unité… Toutefois, ce pack ne comporte pas certaines options intéressantes, telles que la douchette avec réservoir de 65 l (468 €), le pare-brise de console (126 €), le taud de soleil (504 €), les petites plates-formes arrière avec l'échelle de bain (930 €) et l'extension du solarium (1 056 €)… Quoi qu'il en soit, il est possible de se confectionner un petit semi-rigide familial de bonne tenue, offrant un solarium de belles dimensions, en comptant le complément qui le prolonge jusqu'au siège moulé sur l'avant de la console. Cette dernière, déportée sur tribord, laisse un large passavant prolongé par un petit passage latéral pour "zapper" la banquette et accéder facilement à la plate-forme avec son échelle de bain (non montées sur notre bateau d'essai).

*Il apprivoise la mer comme peu savent le faire…*

Mais, la bonne surprise concernant ce nouveau Solemar, qui sur le plan de la conception ne montre rien d'extraordinaire, c'est son comportement en mer. Non pas une surprise par rapport aux qualités des Solemar dans ce domaine - ils sont vraiment en tête de liste en termes de confort dans la vague - mais de quoi être étonné par la virtuosité de cette petite carène qui se joue des reliefs, tout en douceur. Lors de notre essai, nous avons particulièrement été séduits par sa façon de négocier un clapot agressif (50 à 70 cm poussé par une brise de 3 à 4 beauforts), avec aisance, souplesse et équilibre. Résultat, pas ou peu d'impacts, une faculté à conserver une vitesse élevée sans à-coups, grâce à un V profond, en se relançant d'une vague à l'autre sans donner de coups de frein lors des réceptions de sauts. Jouissif ! Cette fluidité dans la vague est très rare pour une unité de cette longueur, et même pour des semi-rigides sensiblement plus longs… Cette aisance et ce sain équilibre, on les retrouve en virages, larges ou serrés, avec une gîte intérieure régulière, des trajectoires propres, sans coups de raquette. Deux petits bémols cependant : un cabrage très prononcé au déjaugeage (nettement atténué si l'on place un passager sur le siège avant) et une nette propension à faire caviter son hélice dans les virages serrés avec du gaz…

Au plan des performances, la copie est propre : 32 nœuds en pointe dans des conditions pas idéales, des allures de croisière autour de 20 nœuds avec un moteur en sourdine et une autonomie qui devrait tutoyer les 150 milles au meilleur rendement… Le compte-tours hors service ne nous a pas permis de faire des relevés complets, et nous vous demandons de bien vouloir nous en excuser. Mais, on peut néanmoins en conclure, que le Suzuki DF70 lui convient très bien.



photo Solemar S 500


photo Solemar S 500


photo Solemar S 500


photo Solemar S 500


Au ponton
Elégant, non dénué de peps avec sa sellerie orange, le S 500 présente bien, d'autant que sa finition est soignée, dans la lignée du savoir-faire de ce chantier habitué aux productions haut de gamme. Pour ce qui est du plan de pont, rien de bien original. On notera la volonté de Solemar de proposer un second solarium avec une banquette arrière à dossier déployant, à utiliser dans le sens transversal (peut convenir aux enfants). Et pour disposer du grand solarium avant, il faut obligatoirement s'offrir la rallonge… A ce sujet, on constate que pour contenir un tarif agressif, le chantier italien propose une dotation standard à minima. Même le pare-brise de la console est en option !




En mer
Avec son poste de pilotage reculé, grand solarium oblige, le S 500 subit un fort cabrage au démarrage (comme souvent les semi-rigides "confort" de cette longueur), ce qui ne l'empêche pas de signer des chronos d'accélération consistants. Par mer calme, il est donc conseillé d'asseoir un passager sur le petit siège devant la console, l'assiette du bateau n'en sera que meilleure. Sa bonne sensibilité aux réglages de trim faisant le reste… Avec le Suzuki DF70, ce petit Solemar dispose de la puissance dont il a besoin, et s'avère très agréable à piloter. La puissance maxi (90 ch) pourrait se justifier dans le cas où l'on navigue le plus souvent fortement chargé.




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