Essai Solent 750

La GT des mers

Ce 25 pieds est le plus grand modèle du chantier britannique, un expert en carène qui va à l'essentiel : prendre du plaisir sans se mettre en danger. Car, ce semi-rigide sportif se veut aussi un bon compagnon pour les sorties en famille... même à 60 nœuds !

Texte et photos Philippe Leblond


 18 706 € coque nue (tarif 2007)
 7.5 m
 12
 60 nds avec Mercury 250 Optimax XS 2T

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Paru dans le Pneumag n° 57 Janvier/Février 2007




La philosophie du Solent peut se résumer à ces deux paradoxes : rapide mais sûr, excitant mais confortable. La configuration du 7.50, doté d'un rapport longueur/largeur hérité de la course offshore (2,50 m de large au lieu de 3,02 m pour un Asso 75, archétype du semi-rigide familial italien), ne sert pas seulement dans l'optique du transport – le Solent est au gabarit routier flotteurs gonflés ! - Mais garantit un passage efficace et souple dans la mer formée. De quoi aller vite et loin, par presque tous les temps. Hélas, le jour de notre essai, la mer était plate comme la main. Nous avons tout de même réussi à décoller par deux fois sur un restant de houle, histoire d'entrevoir le fantastique potentiel de cette carène acérée à l'étrave, mais néanmoins plus porteuse à la poupe que certaines concurrentes nées du même côté du Channel (Revenger, Scorpion, Ribeye…). De fait, pour un semi-rigide anglais, le Solent s'avère stable à l'arrêt, ses flotteurs étant au contact de l'eau. Sur son tableau arrière, l'un des hors-bord les plus méchants de la planète : le Mercury 250 Optimax XS. Ce V6 2-temps à injection directe (23 825 c) n'est pas une mécanique ordinaire, et il suffit de relever le moteur pour découvrir l'embase Speedmaster en alliage d'aluminium, avec son « nose cone ». Le seul fait de démarrer cet engin est un plaisir. La sonorité rauque et chaotique qui déchire l'air (certes, pas des plus discrètes au port) augure bien de la puissance qui va se déchaîner dans notre dos, une fois quittée la bande littorale des 300 mètres… Les jetées du port du Crouesty sont déjà loin, tandis que nous décidons de déjauger sur un filet de gaz. C'est d'ailleurs le bon mode d'emploi car pousser l'accélérateur sans ménagement entraîne, avec une hélice aussi longue (28 pouces) et ce type de montage moteur aérien avec arbre long (17,5 cm au-dessus de la ligne de quille grâce au lift à réglage manuel !), une ventilation intempestive. Il convient donc de procéder comme sur les bateaux de course par petites poussées de gaz successives. Dès que l’on sent l’hélice « visser » dans l’eau, on peut lâcher la cavalerie. L’eau se met à défiler en accéléré sous l’étrave au fur et à mesure que la vague d’étrave recule. Pas de doute, y a des watts ! C’est d’ailleurs le nom de baptême du bateau. Je relève le trim… Pas de perte de cap. Pas d’amorce de roulis non plus… Après un affinage du réglage de trim, l’écran LCD du GPS nous gratifie de 60 nds. Pas mal, mais encore loin des possibilités de ce coursier des mers, le pas d’hélice étant un peu court. Pour information, l’importateur Marc Dano (ex-pilote du championnat de France Offshore) revendique une pointe à 64 nds, avec un « set » différent, il est vrai : même moteur mais sur lift hydraulique commandé du tableau de bord, et hélice Bravo 28 pouces « lab finish ». Un montage qui permet d’aérer encore plus la carène. Tandis que nous enchaînons les évolutions, on ne peut s’empêcher de regretter cette pétole qui nous prive du meilleur : le saut de vague, avec ses coups de gaz bien placés qui font l’intérêt du pilotage sportif. On se console en enchaînant les virages… Le Solent vire comme sur un rail. Les reprises sont fulgurantes, à condition de ne pas trop ralentir. Plaisir maximal et grand sentiment de sécurité. De retour au ponton, l’inventaire peut commencer. Il ne prend guère de temps, tant le Solent fait dans la sobriété. Notez que l’équipement du cockpit se fait totalement « à la carte ». Notre bateau d’essai comporte, pour sa part, une console large offrant une bonne protection au pilote et au copilote, assis sur deux sièges jockey (chers aux Anglais) avec dossiers enveloppants et coffres sous l’assise. La position de conduite, assis ou debout, est efficace. Un petit siège biplace, sur l’avant de la console apporte deux places supplémentaires. Pour le reste, le cockpit est dégagé facilitant les déplacements. Le puits de mouillage est incorporé au plancher en bois stratifié et recouvert d’un antidérapant à la silice. Le flotteur en Néoprène/Hypalon est doté d’un guide de mouillage et de quatre poignées faisant office de taquets. Précisons qu’un solarium, sur coffres, existe en option. Avec un volume de rangement correct, et deux sièges jockey (ou une banquette classique) supplémentaires, le grand Solent peut parfaitement se plier à la promenade en famille… rapide !.



photo Solent 750


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