Essai Oversea 15 Chasse

L'instinct du chasseur

Ce petit semi-rigide à l'allure "pro" a été calibré pour la pratique de la chasse sous-marine. Objectif atteint, grâce à de solides qualités marines et un cockpit spartiate, comme les apprécient les chasseurs, dont l'activité bannit du bord tout accessoire inutile.

Texte et photos Philippe Leblond


 10 872 € sans moteur (tarif 2012)
 4.6 m
 10
 29,8 nds avec Yamaha 60 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 87 janvier/Février 2012



Depuis longtemps, la marque marseillaise Oversea a su fidéliser une clientèle de plongeurs et de pêcheurs, en proposant des semi-rigides durs au mal, et aménageables à la demande. Destiné à un usage intensif, le 15 Chasse arbore un flotteur assurant tenue à la charge et stabilité à l'arrêt, choses qu'apprécient les plongeurs ayant besoin de s'équiper et de manier du matériel à bord du bateau. Les tubes d'Oversea, assemblés dans la longueur avec du tissu Orca de 1 670 décitex (rare pour un moins de cinq mètres !), sont facilement identifiables en raison de leurs terminaisons en polyester, siglées du logo de la marque. Bien sûr, compte tenu du programme d'utilisation, Oversea a opté pour une double rangée de saisines en corde tressée, de manière à offrir de nombreuses prises pour la navigation ou au mouillage. Dans un souci pratique, les passages plongeurs sont doublés d'un épais renfort et de deux poignées de rétablissement pour faciliter la remontée à bord. La surface d'assise qu'offre les flotteurs est aussi doublée d'un tissu de renfort. Autre élément "ciblé" chasse ou plongée, la baille à mouillage, ouverte, qui permet de jeter ou de ramener l'ancre en un minimum de temps, les changements de postes étant nombreux lors d'une sortie de ce genre… A cet égard, la pièce d'inox qui protège le nez du flotteur du ragage de la chaîne est aussi une bonne idée.
On notera également que le pont en contreplaqué marine, stratifié sur les deux faces, est totalement plat et libre, si l'on excepte les deux équerres de renfort du tableau arrière et la gaine qui conduit les câbles du moteur jusqu'à la console. L'enduit antidérapant, passé au rouleau, s'avère efficace. Le tableau arrière, lui, est percé de deux gros nables de vidange assurant l'assèchement du cockpit dans un temps record, et supporte deux cadènes permettant de tracter un skieur. Par souci d'équilibre, la nourrice est sanglée sur le plancher, en avant de la console, de manière à recentrer les poids (nous verrons plus loin que l'objectif est même dépassé). Le poste de pilotage utilise cette console haute mais étroite permettant de barrer debout, mais sans pare-brise, et sans siège : conception sportive ! Si la position de pilotage est agréable, par contre, le volant masque le petit compas et le combiné instrumental Yamaha…
Le moment est venu de quitter le port de La Ciotat pour mettre à l'épreuve ce petit baroudeur, propulsé par un Yamaha 60 ch, correspondant à deux tiers de la puissance maxi autorisée… Déjaugeage fulgurant (moins de trois secondes), grâce à un cabré modéré, accélération vive jusqu'au régime maxi… Le rapport poids/puissance est il est vrai favorable, avec six kilos pour un cheval. Pourtant, notre GPS va "caler" sous la barre des 30 nds, mais sur un plan d'eau il est vrai peu clément. De cette performance obtenue à 6 100 tr/min (hélice bien choisie) se dégagent des allures de croisière, de 15 à 22 nds, bien en rapport avec les qualités nautiques de l'Oversea. De fait, on dispose de plus de cinq heures d'autonomie (environ une centaine de milles en usage courant), témoin du caractère économique de ce choix mécanique. Bien sûr, ceux qui navigueront en équipage nombreux pourront opter pour un 80, voire un 90 ch, mais devront tenir compte du fait que, à lège, le 15 Chasse posera sans doute un problème d'équilibre, notamment latéral. Car, nous avons pu constater, deux à bord, et avec seulement 60 ch, qu'il n'est pas simple de le maintenir droit sur sa quille à pleine vitesse. C'est un bateau vif et plaisant, mais qui se pilote ! D'ailleurs, les sensations de vitesse sont bien présentes, et il ne faut pas hésiter à monter le trim, même par mer de face, car l'assiette est étonnamment piqueuse. Une fois bien réglé, l'Oversea fend la vague avec aisance. En virage, rien de particulier à signaler : le comportement est sain avec une gîte intérieure modérée, le grip efficace, le guidage précis et la motricité en sortie, intacte. Notre impression finale est positive, et le choix du Yamaha F60 nous paraît tout à fait pertinent



photo Oversea 15 Chasse


photo Oversea 15 Chasse


photo Oversea 15 Chasse


AU PONTON
Avec son cockpit bien dégagé et de plain-pied, l'Oversea plaira aux plongeurs. D'autant que la baille à mouillage, ouverte, est bien pratique pour jeter l'ancre aussi souvent que nécessaire. La nourrice sanglée sur le plancher, en avant de la console, devrait assurer près de 100 milles d'autonomie avec le 60 ch. Mais compte tenu de l'assiette naturellement piqueuse de ce semi-rigide, elle pourrait aussi se placer à l'arrière… Le tableau de bord est tellement exigu que le cadran de contrôle du moteur est caché derrière le volant.




EN MER
Difficile de faire plus spartiate : une console sans pare-brise, pas de siège… L'Oversea de notre essai se barre debout, et nécessite quelques notions de pilotage pour le mener à fond dans la vague, avec le Yamaha F60, qui reste pourtant éloigné de la puissance maxi (90 ch). Son comportement en mer est précis et vif, mais il convient d'utiliser le trim en permanence afin d'optimiser l'assiette du bateau. Une puissance supérieure ne se justifiera que dans le cadre d'un programme de navigation en équipage nombreux.




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