Essai Zeppelin Commander 640 Raid

Le dur à cuire soigne son look

Look revitalisé, avec la sellerie et les graphismes orange acidulé, équipement ciblé pour la navigation sportive, cette version du Commander 640 ne manque pas de peps, que ce soit au ponton ou en mer. Ses performances et son caractère marin sont en harmonie avec l'identité forte qu'il dégage.

Texte et photos Philippe Leblond


 20 262 € sans moteur (tarif 2016)
 6.4 m
 21
 42,4 nds avec Suzuki 175 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 93 Janvier/Février 2013



L'an dernier, Zeppelin a voulu amorcer une évolution dans "l'habillage" de ces semi-rigides. Les changements n'interviennent pas, en effet, sur les éléments de base (architecture, mode de construction, matériaux) mais se traduisent par de petites touches esthétiques et un équipement mieux ciblé pour correspondre au plus près à la demande des utilisateurs. Cet effort s'est traduit par la présentation, à la presse (voir Pneu Mag n°90), de trois modèles spécifiques : le Commander 670 Plaisance (confort de type "familial"), le Black Marlin 640 (aménagé pêche avec le concours d'un pro, Didier Courtois) et le Commander 640 Raid, ici présent. Ce dernier, comme les deux autres, n'est pas un nouveau modèle, mais il bénéficie d'un nouvel équipement qui le destine à la pratique sportive (baroud, raid, glisse tractée…). Les sièges jockey à amortisseurs (trois hauteurs de réglage d'assise), pour le pilote et le copilote, sont inédits et exclusifs à Zeppelin, et sensés préserver un certain confort dans une mer difficile. On trouve aussi quatre autres places assises, sur la banquette arrière (deux) et le siège moulé sur l'avant de la console (deux). Six vraies places assises, ce n'était jusqu'alors pas si fréquent sur un Zeppelin… Sous ces sièges, ainsi que dans la console, on trouve des rangements secs, assez volumineux, qui compensent l'absence de pont contremoulé, générateur de coffres. Autre équipement inédit, le roll-bar et l'arceau de protection du moteur, en inox noir mat, donnant un côté Land Rover des mers, à ce baroudeur, et des pare-battages en toile enduite, assortis aux flotteurs siglés Zeppelin et plats, pour en faciliter le stockage.
Pour ce qui est de la construction, on connaît le sérieux du chantier du Lude qui reste fidèle à la conception traditionnelle, avec un pont en bois, stratifié sur ses deux faces et posé sur de solides renforts de coque, permettant un agencement à la demande. Le pont est donc de plain-pied, seulement percé d'un puits de mouillage et couvert d'un antidérapant à la silice efficace. De diamètre constant, les flotteurs sont assemblés avec du tissu Orca de 1 670 décitex, un produit qui a fait ses preuves. A noter aussi la bande de protection de quille en inox, appréciable pour les utilisateurs qui ont l'habitude d'échouer ou de beacher.
En mer, on retrouve les aptitudes typiques des semi-rigides de la marque, avec une carène au plus près de la mer, et virant à plat, même lorsqu'on braque violemment. Malgré cette surface de coque mouillée importante (difficile de faire décoller un Zeppelin, même bien trimé), le Commander 640 se montre véloce (plus de 42 nœuds de vitesse maxi) et prompt à déjauger (moins de trois secondes !). La poussée du gros 4-cylindres Suzuki se poursuit énergiquement jusqu'au régime maxi. Le compte-tours n'ayant pas été branché, on ne peut pas vous donner le régime atteint, quant aux allures de croisière, nous les avons déterminées de manière empirique (à l'oreille). Nous avons ainsi dégagé deux vitesses, 24,4 et 30,8 noeuds qui nous semblent correspondre au rythme naturel de la mécanique et du bateau, très confortable dans les deux cas. Pour la croisière rapide, il faudra sans doute compter sur une consommation stabilisée aux alentours de 30-35 l/h, et environ 20-25 l/h pour la croisière économique. Avec les 150 litres du réservoir, l'autonomie sera, dans les deux cas, satisfaisante.
La houle longue (environ 1 m de creux) au vent de Noirmoutier, assortie d'un bon petit clapot, a permis de valider le caractère résolument marin du Commander 640. Hyper stable, en assiette et en cap, ce semi-rigide dégage une sérénité remarquable à défaut d'être fun à piloter. Avec les commandes bien placées, et le siège amorti, la navigation, même rapide, reste confortable. Que ce soit pour les performances ou le comportement, le choix de la puissance, 175 chevaux, est excellent. On peut penser que ce semi-rigide restera encore performant et efficace avec un 135 ch. Et, les amateurs de vitesse pourront sans réticence opter pour la puissance maxi (200 ch).



photo Zeppelin Commander 640 Raid


photo Zeppelin Commander 640 Raid


photo Zeppelin Commander 640 Raid


AU PONTON
L'idée de créer des "packs" d'équipement pour mieux satisfaire les attentes des utilisateurs a conduit Zeppelin à proposer cette version "Raid" qui possède quelques attributs typiques, en particulier les sièges à amortisseurs (des modèles exclusifs au chantier sarthois) et l'accastillage en inox peint en noir mat. La qualité des accessoires proposés est en nette évolution depuis deux-trois ans. Concernant le coffre à mouillage, il est dommage que son couvercle ne soit pas percé d'un passe-bout...




EN MER
On connaît les qualités du Commander 640, à commencer par une carène très marine, d'une stabilité à toute épreuve, même dans la mer formée, et une robustesse structurelle qui permet de naviguer loin dans des conditions difficiles. Les performances sont aussi d'un très bon niveau avec le Suzuki 175 ch (surtout les accélérations), mais le plaisir à la barre reste mesuré.




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