Essai Grand 650 GL

Plus marin qu’il n’y paraît

Arrivée tout droit d’Ukraine, il y a deux ans, Grand propose une gamme de semi-rigides essentiellement destiné à la balade et au farniente, à l’image de ce Golden Line 650. Avec son cockpit aménagé « confort » il paraît plus calme qu’il n’est. Cet essai vient nous prouver qu’il sait naviguer à son aise dans une mer dégradée.

Texte et photos Philippe Leblond


 33 000 € avec Honda 150 ch 4T
 6.5 m
 12
 42 nds

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Essai paru le 04/09/2017



Présenté pour la première fois en France à l’occasion du Nautic de Paris 2015, ce semi-rigide ukrainien appartient à la série « Golden Line » qui comporte plusieurs modèles, du petit GL 340 (annexe) à l’imposant GL 850, apparu l’an dernier. Conformément à cette gamme destinée à une utilisation familiale, le GL 650 propose un aménagement de pont qui fait la part belle au confort, avec la particularité de donner le choix pour ce qui est du tissu enduit des flotteurs, entre le PVC et l’Hypalon (plus cher). Grand produit aussi deux autres gammes, Silver Line (semi-rigides et annexes pliables) et Aluminium Line, cette dernière comportant seulement trois annexes à fond alu.

*Au ponton*
En observant le Golden Line 650 de plein profil, on note tout de suite la position avancée du poste de pilotage. Ceci en raison de la volonté du chantier de proposer une banquette arrière en U, en supplément du siège de pilotage. La part belle faite à la zone arrière l’est au détriment de l’espace bain de soleil, en avant de la console. Par contre, on ne peut s’empêcher de penser que le parti pris esthétisant, consistant à englober la banquette arrière dans un volumineux moulage polyester (façon roadster automobile) a fait perdre une certaine place pour ce qui est de l’espace habitable tout en rendant l’accès aux plates-formes de bain délicat. Reste que ce traitement de la poupe offre un endroit convivial, surtout en optant pour la table de pique-nique optionnelle qui se fixe sur un pied amovible. On peut ainsi partager une collation à cinq, confortablement. Côté baignade, on notera la présence des plates-formes (petites) et de l’échelle intégrée. Si celles-ci sont livrées de série, la douchette présente sur notre bateau d’essai, alimentée par un réservoir de 50 litres, fait partie des options… Le cabriolet est dans le même cas. On peut au passage dire qu’il serait bien de le rabattre sur l’arrière du bateau, car on constate sur nos photos qu’il casse la ligne, alors que le petit support inox et polyester pour antennes et feux, qui sert également pour la glisse tractée, joue la discrétion et la légèreté en comparaison des roll-bars souvent disgracieux et encombrants.

Attardons-nous maintenant sur le poste de pilotage qui pourrait être cité en exemple. Le leaning-post biplace, qui a la bonne idée de posséder dans son dos une main courante permettant à deux passagers de l’arrière de naviguer debout en mer formée, est doté de deux assises indépendantes relevables, pour barrer assis ou debout, confortablement. D’autant plus que la console présente une face postérieure concave, laissant toute la place aux jambes de fléchir lors des réceptions de sauts, sans dommage pour les rotules. Par ailleurs, la place assise sur l’avant de la console, qui souvent pêche par un manque d’ergonomie, est ici très confortable. Quant au tableau de bord, il est aussi exemplaire : les commandes (volant et gaz) sont placées à bonne hauteur, ne gênant pas la lecture des instruments, lesquels peuvent être intégrés selon les préférences du pilote (cadrans moteur en face, GPS/sondeur sur la droite, ou inversement). Et la boîte à gants n’a pas été oubliée, de même que la poignée pour le copilote. La grande main courante de pare-brise s’offre également aux passagers pouvant naviguer assis sur les flotteurs. Pour autant tout n’est pas parfait à bord du Grand, à l’image de la sellerie qui, bien que venant de chez Sunbrella, donne l’impression de pouvoir mal vieillir, ou des fermoirs de coffres non réglables, des nables de cockpit en plastique, ou des taquets rétractables, certes esthétiques, mais auxquels nous préférons des modèles classiques, plus fonctionnels.

*En mer*
Un mistral montant en régime (forcissant à 6 beauforts), levant un gros clapot cassant jusqu’à un mètre, ne nous a pas permis d’effectuer toutes nos mesures dans des conditions satisfaisantes. Le revendeur de la Londe-les-Maures, Toni Marine nous a néanmoins communiqué ultérieurement une vitesse maxi de 42 nœuds, ce qui au regard de notre mesure à 3 500 tr/min (croisière économique), donnant 24 nœuds, nous semble assez cohérent. Une telle performance, si elle était vérifiée, ferait du Grand GL 650 un semi-rigide à la fois véloce et économique en carburant, car bénéficiant de rendements très favorables avec le Suzuki DF150, reconnu comme assez sobre aux régimes intermédiaires. Assez silencieux également, ce qui augure de belles balades aux régimes de croisière (entre 3 500 et 4 500 tr/min), avec à la clé, une autonomie consistante que l’on peut évaluer entre 180 et 240 milles environ, grâce aussi au généreux réservoir (200 litres). Considérant ces performances, auxquelles il faut ajouter un bon chrono de déjaugeage (3’’2), le recours à la puissance maximale autorisée, 200 ch, ne nous semble pas nécessaire, saut peut-être à naviguer régulièrement avec un équipage nombreux (5 personnes et plus).

Pour ce qui est du comportement nous avons pu juger sur pièces, et en dépit de l’état du plan d’eau (pas plan justement !), le GL 650 s’en est tiré avec les honneurs. Bien équilibré, doté d’une tenue de cap rigoureuse, ce bateau réagit sainement à toutes les sollicitations du pilote et instaure vite une relation de confiance. Sa sensibilité aux réglages de trim permet en permanence de contrôler l’assiette, que ce soit par mer de face (trim négatif), de travers (trim au neutre) ou d’arrière (trim positif). Mêmes bonnes sensations dans les virages, où quand on le brutalise, il demeure franc et précis, avec un grip ferme mais sans excès, avec gîte intérieure modérée mais régulière (pas de pompage, pas de coups de raquette) et un Suzuki qui relance bien en sortie, grâce à une motricité préservée. Une remarque toutefois vient tempérer ce tableau idyllique : quand on attaque par mer de face ou d’arrière, le GL 650 donne l’impression d’un certain manque de rigidité structurelle lors des impacts dans la vague à haute vitesse. Hormis cela, nos impressions d’essai sont vraiment favorables et le mariage avec le Suzuki DF150 réussi.



photo Grand  650 GL


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