Essai Joker Boat Clubman 35

Des envies de croisière ?

Si tels sont vos projets, alors ce grand semi-rigide bien équipé a de quoi vous séduire… Grâce au confort qu’il déploie, tant dans la cabine que sur le pont, ainsi qu’à ses capacités en navigation, avec une carène véloce et souple dans la vague. Son autonomie est aussi un argument en faveur des longues traversées.

Texte et photos Philippe Leblond


 168 890 € sans moteur
 10.95 m
 20
 48,2 nds avec 2 x Mercury Verado 350 ch 4T

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Essai paru le 07/09/2017



Le plus grand des Joker Boat jamais sortis du chantier Nautica Aiello est aussi le plus sophistiqué. Sa ligne élégante bénéficie d’un style modernisé, tout en conservant une certaine sobriété chère à la marque, mais quelques détails, ici et là, traduisent sa montée en gamme. On notera au passage les hublots de coque (sous les flotteurs) qui viennent éclairer la cabine, une tendance lourde dans le yachting haut de gamme qui commence à gagner les grands semi-rigides, comme on a déjà pu le voir chez Sacs ou MV Marine.

*Au ponton*
La « qualité perçue » du Clubman 35 s’impose au premier regard et donne envie d’embarquer sans plus attendre. Cela tombe bien, les longues plateformes de bain qui encadrent les deux Verado 350 ch se prolongent loin vers le quai et communiquent avec le cockpit, à bâbord, via un large passage dans la banquette arrière. En chemin on note une originalité : le siège biplace qui fait face au sillage et sert de rangement pour les amarres ou les petits accessoires de plongée. Une fois parvenu dans le cockpit il est temps d’apprécier le somptueux carré qui servira de cadre aux repas ou apéritifs. La longue banquette en U et la grande table recouverte de teck, qui surgit du plancher par la grâce d’un pied télescopique à commande électrique (l’une des rares options avec le roll-bar), devraient pouvoir accueillir six à huit convives. De volumineux rangements se trouvent sous les assises, et l’on appréciera aussi les deux équipets latéraux, à portée de main, logés dans les hiloires de cockpit. Cette dînette est en connexion directe avec le bloc-cuisine adossé au siège de pilotage. Les mains courantes qui l’entourent permettent d’officier sans crainte sur un mouillage agité. Le siège pilote propose deux belles places assis/debout séparées par un confortable accoudoir qui s’ouvre sur un rangement pour les petites affaires (téléphone, clés, cigarettes…). On notera un détail astucieux, déjà observé sur le 4XC H9 (Hon-Wave), en l’occurrence une barre inox coulissante qui sort du cale-pieds pilote pour servir de repose-pieds au copilote, ce dernier ayant aussi une main courante à sa disposition. La position de conduite est efficace face à un tableau de bord aux dimensions généreuses, autorisant l’intégration d’une centrale de navigation à grand écran, sans se priver d’un autre écran, celui du VesselView 7’’des Mercury Verado. VHF fixe Garmin et hi-fi Fusion trouvent place à la main gauche du pilote. Le pont avant et son spacieux solarium sont facilement accessibles, via de généreux passavants sécurisés par les mains courantes de la console. La petite delphinière revêtue de teck se fait discrète pour ne pas alourdir le dessin de l’étrave qui supporte l’ancre à poste dans son écubier. Elle est flanquée de deux taquets robustes et esthétiques, pour l’amarrage uniquement puisque l’ancre est animée par un guideau électrique intégré, ayant la bonne idée de faire partie de la dotation de série.

Terminons avec la cabine, qui n’est pas le moindre des attraits du grand Clubman. Deux marches à descendre et l’on se trouve à l’entrée où l’on dispose de la hauteur sous barrots, de même que la salle d’eau située à tribord. A bâbord on trouve un grand placard, mais on peut regretter l’absence d’une petite penderie. Malgré les boiseries grises, l’endroit est lumineux grâce à l’éclairage naturel entrant par les hublots ouvrants de la console et les bandeaux vitrés de la coque qui, soit dit en passant, offrent aux occupants de la couchette une vue imprenable sur la mer !

Le prix du Clubman 35 est certes élevé, mais il convient de noter que la dotation de série intègre de nombreux équipements de qualité qui sont généralement proposés en option. On peut citer l’exemple de la kitchenette, avec son grand frigo (75 litres), son évier inox et son réchaud deux feux recouvert d’une planche à découper en teck, ou de la salle d’eau avec son lavabo, sa douche (180 litres d’eau douce) et son WC marin relié à un réservoir d’évacuation des eaux noires. Sans oublier l’écran tactile multifonction qui sert à contrôler tous les équipements du bateau, à l’image de la gestion domotique. Un confort de belle facture qui autorise de beaux projets de croisière !

*En mer*
Avec 700 chevaux sur le tableau arrière (puissance maxi autorisée), sous la forme de deux Verado 350, le Clubman 35 ne devrait pas se montrer apathique ! La première accélération nous le démontre avec un temps de déjaugeage de 5’’1, tandis que les 20 nœuds sont déjà franchis (4’’6). Comme souvent avec ses semi-rigides de fort tonnage (5 tonnes en ordre de marche pour ce Joker !), les 20 nœuds sont déjà atteints alors que le bateau n’a pas encore pris son assiette définitive. La poussée se poursuit, énergique, jusqu’au régime maxi assorti d’une vitesse de 48,2 nœuds, malgré un plan d’eau pas idéal (clapot de 60-70 cm). Cette performance, atteinte avec un demi réservoir d’essence (340 litres sur 700) et deux personnes à bord, est tout à fait satisfaisante et laisse entrevoir une V-max de 45 nœuds à pleine charge. Pour ce semi-rigide de croisière qui n’a pas l’ambition de disputer un championnat Offshore, il devrait être possible d’opter pour 2 x 300 ch, ou même 2 x 250, tout en demeurant dynamique. Généreux en capacité, le réservoir de carburant devrait permettre au Clubman d’approcher les 200 nautiques d’autonomie au régime de croisière de 3 000 à 3 500 tr/min. Une endurance qui permet de se projeter vers des horizons lointains. D’autant que la navigation est agréable avec une carène qui passe en souplesse dans le clapot et deux Verado à la tonalité discrète entre 20 et 25 nœuds.

Facile à mener avec sa barre précise et sa puissance facile à maîtriser malgré la vigueur du compresseur des Verado, le Clubman 356 nécessite tout de même un réglage de trim fin, de manière à « calmer » les mouvements verticaux de son nez qui apparaît un peu léger. Un léger mouvement de pompage que l’on retrouve en virage et qui pourrait altérer la précision du guidage si la mer remuait un peu. C’est le seul bémol car, l’attitude du bateau est saine avec un bon grip et une faculté à virer court, même avec pas mal de gaz. De même, au régime maxi, bien trimé, on apprécie la stabilité latérale du Joker qui, malgré une V-max spectaculaire, rassure son pilote.



photo Joker Boat Clubman 35


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