Essai MV Marine 35 Vesevus FB

Vacances quatre étoiles

Seul de sa catégorie à offrir deux belles cabines pour la croisière, le 35 Vesuvus, version hors-bord, se montre tout aussi accueillant en balade à la journée, avec deux vastes bains de soleil et un cockpit très convivial. Une unité luxueuse et fonctionnelle.

Texte Jacques Anglès – Photos Jacques Anglès et Philippe Leblond


 156 780 € sans moteur (tarif 2016)
 10.75 m
 20
 44 nœuds avec 2 X 300 ch Suzuki 4T

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Paru dans le Pneumag n° 79 septembre/Octobre 2010



Nous avions déjà souligné la qualité de construction et de design qui place la marque Motonautica Vesuviana dans le haut de gamme de la production transalpine. Le 35 Vesuvus, son modèle amiral, confirme avec brio un savoir-faire qui s’inscrit dans la grande tradition navale napolitaine, à l’instar de quelques fleurons du nautisme, originaires de cette région, tels qu’Apreamare, Baia ou Gagliotta.
Le 35 Vesuvus FB réussit un tour de force : offrir en moins de onze mètres un vrai croiseur bicabine, doté de tout le confort pour des vacances nautiques de longue durée, et un pont parfaitement adapté aux sorties à la journée. Aucun autre semi-rigide de cette taille n’offre une telle habitabilité. La première cabine est classiquement logée sous la console et le pont avant, lui-même surélevé pour augmenter la hauteur intérieure. Elle bénéficie d’un lit king-size, avec de grands coffres dessous, d’un cabinet de toilette fermé et d’une couchette en alcôve sous le cockpit. La seconde cabine utilise le vaste compartiment arrière, alloué au moteur en version in-board, mais totalement libre en version hors-bord, avec un aménagement optionnel à deux couchettes ou un lit double. Au mouillage ou au port, il suffit de lever le solarium arrière grâce à un puissant vérin électrique pour disposer d’une cabine de près de 4 m2, fermée par une tente, avec plus de 1,90 m de hauteur au centre. Entre ces deux cabines, le cockpit central, spacieux et profond, témoigne lui aussi de l’esprit croisière de ce modèle. Il se subdivise en un poste de pilotage biplace, un carré avec table amovible et banquette en L, pouvant accueillir six personnes, et un bloc-cuisine sur bâbord. Ce dernier est parfaitement équipé (réchaud deux feux, évier et réfrigérateur), mais il lui manque un coupe-vent vers l’avant, indispensable compte tenu de sa disposition. Si cet agencement assez dense limite les passages d’une zone à l’autre, tous situés côté bâbord, la circulation s’avère néanmoins facile tant que l’on n’est pas trop nombreux à bord. On apprécie notamment le "passe arrière" latéral, pratique pour monter à bord ou accéder à la plate-forme de bain sans piétiner le bain de soleil, ainsi que l’accès aisé au passavant. Côté réalisation, le design et la finition luxueuse ont de quoi séduire, sous des couleurs bien harmonisées : gris et blanc pour le flotteur et le polyester, contrastant avec le teck du pont et les selleries sable. Le travail du polyester est remarquable (aucun angle vif), avec un gel-coat ne présentant pas la moindre trace de démoulage. Le pont entièrement traité en teck (contreplaqué rainuré à l’ancienne, et détails en massif) vient parfaire le look luxueux de cet engin. L’accastillage et l’équipement sont eux aussi d’excellente facture (gros taquets escamotables, charnières flush-deck, dalots de drainage inox), de même que les selleries à piqûres sellier. On peut aussi louer l’inventaire standard complet, incluant le pont en teck, le guindeau électrique avec ancre et chaîne, le WC électrique avec cuve de rétention, la cuisine intégralement équipée, la douche de pont, le double circuit électrique 12V/220V, et bien d’autres choses souvent proposées en option. Notons cependant que notre modèle d’essai bénéficiait d’une option essentielle, l’arceau avec double bimini avant/arrière permettant d’ombrager tout le cockpit. Quant au flotteur, à huit compartiments, il est confectionné en CR/CSM Orca de 1670 décitex, avec un double liston de protection en caoutchouc. Bonne idée, le constructeur a ajouté une large bande antidérapante sur le dessus du flotteur, le long du passavant en teck. On regrette, en revanche, l’absence de balcon autour du pont avant, indispensable à la sécurité. Compte tenu de ses aménagements importants, le MV 35 est assez lourd et requiert une motorisation généreuse, sans toutefois exiger la puissance maximale autorisée de 750 ch. Les deux 300 ch Suzuki montés pour notre essai, donnent en effet toute satisfaction, ainsi qu’en témoignent les 44 nœuds obtenus en pointe, assez sportifs pour un modèle de croisière ! Le poste de pilotage, doté d’une large banquette biplace relevable en leaning-post, est confortable et bien abrité par le haut pare-brise cerclé d’inox. La position de conduite debout est agréable et un large cale-pied assure le confort en conduite assise. mais la haute console gêne la visibilité en conduite assise. Le poids se ressent au déjaugeage, avec un chrono relativement modeste, mais une fois lancé, le MV 35 fait valoir son confort grand voyageur, équilibré et réactif, malgré une direction un peu trop démultipliée. En ligne droite, il montre une excellente tenue de cap et un passage en douceur dans les vagues, qualités essentielles pour un croiseur de ce type. Les meilleures vitesses de croisière vont de 22 à 28 nœuds, pour des régimes de 3 300 à 3 800 tr/min, combinant les meilleurs rendements des moteurs et un fonctionnement silencieux. En virages, le MV 35 fait preuve d’une bonne accroche en s’inclinant franchement sur son boudin. Bien qu’il ne manque nullement de punch, ce modèle se prête plutôt à un pilotage en douceur qu’à des figures acrobatiques.



photo MV Marine 35 Vesevus FB


photo MV Marine 35 Vesevus FB


photo MV Marine 35 Vesevus FB


photo MV Marine 35 Vesevus FB





CONCLUSION
Ce grand canot, luxueux et sûr à la mer, prend toute sa mesure avec la cabine arrière optionnelle. C’est alors un véritable habitable pour cinq personnes, doté d’un confort complet, qui fait rêver de croisières-vacances vers des horizons lointains tout en se prêtant bien aux sorties de jour. Son seul point faible réside dans les coffres de pont trop petits, inconvénient qui n’existe pas sur la version de base, où la partie arrière sert de soute. On aime ses grands espaces de farniente et sa plate-forme de bain d’une surface peu commune.




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