Essai: YAMAHA F 200 F

Un bloc bien rempli

*Ce nouveau 200 chevaux adopte une architecture de quatre cylindres en ligne, peu commune à ce niveau de puissance. Objectif : un rapport poids/puissance plus aiguisé que celui du V6 et une consommation revue à la baisse.*

Texte Philippe Leblond – Photos Philippe Leblond et DR


 20 900 €

Essai paru le 01/07/2013



Pneu Mag avait été le premier à vous livrer ses impressions au sujet de ce F200 (voir notre dernier numéro, rubrique News), moteur sur lequel la firme aux diapasons fonde de belles espérances face à une concurrence majoritairement équipée en 6 cylindres, à l'exception du Mercury/Mariner F200 Verado, un quatre-temps léger, lui aussi. Car, ce "downsizing" opéré par Yamaha (deux cylindres et 567 cm3 en moins que son prédécesseur à 6 cylindres en V) a pour but de réduire à la fois le poids sur le tableau arrière et la consommation. Dans les deux cas, le motoriste japonais fait mouche, comme nous avons pu le constater en Italie, à Varazze, où nous étions conviés pour des essais sur Capelli Tempest 700, Lomac 710 In et Zodiac N-Zo 680.

Voyons d'abord le poids. Avec seulement 226 kg (10 kg seulement de plus que le F150), le nouveau F200 opère un régime de 46 kg avec, en corollaire, une silhouette plus fine et compacte. Il est ainsi le plus léger des 200-chevaux 4-temps, ce qui ne devrait pas laisser insensibles les propriétaires de semi-rigides souvent attentifs aux questions de poids. Et côté énergétique ? Si Yamaha revendique une diminution de l'ordre de 50% (!) sur la conso au ralenti et une baisse conséquente jusqu'à 2 000 tr/min (régimes auxquels le moteur tourne une bonne partie du temps), nos mesures relevées sur un Joker Clubman 23 équipé du F200 V6 (il est vrai plus léger de 200 à 300 kg que nos bateaux du jour) ne montrent pas une différence aussi spectaculaire dans les régimes de croisière. Il n'en reste pas moins que l'économie est substantielle, jusqu'à 5 000 tr/min (environ 5 l/h). Par contre, à l'approche du régime maxi, l'appétit du 4-cylindres fait des siennes (+ 5 à + 7 l/h). Bien entendu, l'essentiel reste d'obtenir de bons résultats aux allures de croisière, et à ce niveau, les rendements obtenus sont en faveur du nouveau F200. Notamment avec le Lomac, qui livre les meilleurs ratios face au Capelli et au Zodiac (tableaux de performances ci-après), grâce à des vitesses plus élevées. Pour info, nous avons aussi pu prendre en main le seul bimoteur F200 proposé en Italie : un Jeanneau Merry Fisher 855 Marlin (8,25 m et 2 650 kg) qui a obtenu 38,3 nœuds à 6 000 tr/min et 6,3 secondes de 0 à 15 nœuds. Difficile de transposer nos impressions à une utilisation semi-rigide, tant ce bateau est différent…
Question sensations, le nouveau F200 nous avait un peu laissés sur notre fin lors de notre prise en main à Bruges. Il est vrai qu'un choix d'hélice inapproprié (pas trop long) ne nous avait pas permis de profiter du régime maxi du moteur. A Varazze, le 4-cylindres s'est montré plus à son avantage, avec des accélérations et des reprises plus musclées, faisant apparaître une montée en régime linéaire quel que soit le semi-rigide essayé. Les chevaux sont bien là et présents du démarrage jusqu'au régime maxi de 6 000 tr/min. Précisons toutefois que ce nouveau bloc bénéficie d'un petit coup de pouce. En effet, l'hélice Reliance SDS, étudiée pour générer un important glissement à l'accélération (jusqu'à 30% lors des démarrages à pleine charge), aide le moteur à prendre ses tours. Un moyen de compenser le rapport d'embase long et la cylindrée, modeste pour un 200-chevaux. Le phénomène est nettement perceptible, où l'on sent une légère ventilation, avant que l'hélice ne morde à pleines pales dans l'élément liquide. Cela s'apparente à la mise en action des bateaux de course, avec leurs hélices couteaux, à pas long et petit diamètre. Reste que cette mécanique n'a pas la noblesse du V6 qu'elle est appelée à remplacer à terme… Le ronflement grave du 4-cylindres, quasiment d'une même tonalité sur toute la plage de régime, n'a pas la sonorité plus subtile, tantôt veloutée, tantôt agressive, du 6-cylindres. De même, à l'accélérateur, le dosage semble moins "gradué". Mais, on ne peut pas tout avoir, la sobriété énergétique et le plaisir de la belle mécanique. Pour l'heure, Yamaha laisse encore le choix…
Pour ce qui est des données techniques "périphériques", précisons que le nouveau F200 est proposé avec deux longueurs d'arbre (long et extra long) et deux types de commandes : à câbles (F200F) ou électroniques (F200G). Par ailleurs, il bénéficie des derniers raffinements techniques de la marque : système anti-démarrage Y-Cop, contacteur "start-stop" (plus de clé à tourner), écran couleur LCD à plusieurs modes d'affichage, contrôle de la vitesse de traîne (par tranches de 50 tr/min)…



photo YAMAHA F 200 F


photo YAMAHA F 200 F


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