Essai Bombard Explorer SB 640 (2005)

Un chassis éprouvé !

Bombard force le trait en présentant comme une "nouveauté 2005" ce SB 640 qui n'est autre que l'ex-SB 620 avec des flotteurs à peine rallongés... Mais ce qui est sûr, c'est que ce modèle bien né a toujours sa place au soleil, surtout en formule package avec l'excellent F115 Yamaha.

Texte & photos : Jacques Anglès


 22 273 € avec Yamaha 115 ch 4 T (tarif 2005)
 6.35 m
 13
 36,6 nds

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Paru dans le Pneumag n° 46 Mars/Avril 2005




Bombard attaque 2005 avec un petit coup de marketing, en offrant 20 cm de plus à ses trois modèles SB sans modification notable des "châssis", qui ont lait leurs preuves. Après tout il n'y a pas de raison de changer une équipe qui gagne et celle-là est fort bien installée sur le marché... Modèle amiral de cette gamme à vocation avant tout familiale, le SB 640 bénéficie d'une double homologation en catégories B et C. Cela lui permet tour à tour d'embarquer jusqu'à 13 personnes en balade côtière (capacité maximale peu exploitable compte tenu de la place limitée dans le cockpit, sinon pour de brefs trajets) ou de se convertir en baroudeur de pêche au large. L'atout est à prendre en compte pour ceux-qui veulent varier les programmes. Au passage, le SB 640 bénéficie d'une augmentation de la puissance maximale autorisée qui passe à140 ch, au lieu de 120 sur l'ancien SB 620.La carène, soulignée par deux longues virures, se caractérise par son étrave aiguë et ascendante qui assure une bonne déflexion des embruns, et par son V évolutif qui s'ouvre progressivement vers la poupe. à l'arrêt, le flotteur pose sur l'eau, procurant une excellente stabilité au mouillage. Ce tube à cinq compartiments est réalisé en tissu PVC 1100 décitex, et accompagné d'une garantie constructeur de cinq ans. Il est protégé par un liston en caoutchouc qui n'englobe pas les cônes arrière On appréciera en navigation les doubles saisines sur le dessus du flotteur, en sangle et en cordage polyamide, ainsi que le petit mât de pavillon réglementaire. L'atout maître de ce modèle, c'est l'intelligence de son cockpit, moulé d'une seule pièce pour une meilleure rigidité structurelle, avec coffres, socle de console et banquettes intégrées. Il offre un équilibre pratiquement idéal entre le nombre de places assises (sept sans se serrer), la facilité de circulation de l'avant à l'arrière (excellente, avec en prime un petit passavant à tribord) et des volumes de rangement généreux. On trouve ainsi un large coffre de proue, deux niveaux de rangements sous la console et une grande soute arrière sous les deux banquettes, bref de quoi stocker sans problème le matériel de bord et les effets personnels. Et pour le farniente au mouillage, on appréciera le grand bain de soleil avant (optionnel) convertible en table de pique-nique, ainsi que le dossier basculant de la banquette de pilotage, pour mettre le cockpit arrière en configuration "salon". Ceci n'exclut pas quelques bémols, par exemple l'absence de cloison entre baille à mouillage et coffre avant (l'ancre risque d'aller se perdre au fond du coffre), l'échelle de bain proposée seulement en option ou l'absence de vide-poches pour lunettes, téléphone, cigarettes, etc. Peu de chose, somme toute, au regard d'un bilan global très positif, d'autant plus que ces détails seront faciles à améliorer par tout plaisancier un peu bricoleur.

Sur l'eau, on retrouve le comportement franc et sûr qui nous avait déjà séduits sur l'ex-SB 620. Avec 115 ch au tableau arrière (ce qui n'est pas rien !), le SB 640 peut être confié à un pilote débutant tant il est sain dans toutes les conditions. Premier bon point : tout en obtenant un temps record au déjaugeage (à peine 2 secondes !), il ne montre aucune tendance à se cabrer et reste parfaitement en ligne. Deuxième bon point, il fait preuve d'une impeccable stabilité en ligne droite, au point que l'on peut lâcher le volant sans qu'il dévie d'un pouce, et ceci avec une assiette presque horizontale. Troisième bon point, il a une bonne accroche en virage en gîtant peu, ce qui rassurera les néophytes, et même en virant sèchement, la ventilation de l'hélice n’apparaît que progressivement, ce qui permet de corriger la trajectoire avant le décrochage. Bref le tableau est élogieux, avec une grande facilité de prise en main, une allure de croisière, confortable, de 23 à 26 nœuds, et une vitesse de pointe supérieure à 36 nœuds qui le classe parmi les unités rapides.

De plus, le F115 Yam, lui procure assez de pêche pour s'essayer au pilotage sportif avec sauts de vague, et bien que le V modéré de sa coque ne le prédispose pas a priori à ce genre de figures, sa stabilité se confirme, sans aucune tendance à retomber "sur la tranche". Dans le gros clapot, la géométrie porteuse de la coque incitera également à privilégier le travail de l'étrave, efficace avec un trim légèrement négatif, plutôt que d'infliger des "coups de raquette" aux passagers, d'autant plus que la position assez basse du flotteur favorise elle aussi les rappels assez secs. Mieux vaut dans ce cas adopter une attitude modeste en réduisant la vitesse pour préserver le confort. On ne peut pas tout avoir !.



photo Bombard Explorer SB 640 (2005)


photo Bombard Explorer SB 640 (2005)


photo Bombard Explorer SB 640 (2005)





Conclusion
Construction soignée avec garantie constructeur de cinq ans, conception intelligente du cockpit pour une utilisation purement "plaisance", et bonnes qualités marines, ce modèle confirme sous sa nouvelle appellation le jugement très positif émis par Pneu Mag lors de l'essai du 620 en 2003. Sa taille le place dans la catégorie des bateaux aptes à sortir à peu près par tous les temps, aptitude que confirme l'homologation en catégorie B. Et le package avec le F-115 Yam s'avère vraiment cohérent, avec un tarif attractif.




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