Essai Bombard
Commando C4

Un défi au temps qui passe

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Rustiques mais bien finis, ces deux-là se veulent avant tout des 4X4 de la mer. Leur équipement standard se limite à l'essentiel, mais il est possible d'étoffer la dotation de base pour les rendre plus polyvalents. Solides, fonctionnels et marins, les Commando semblent éternels…

texte et photos Philippe Leblond

Prix : 3 423 €
Longueur : 4.3 m
Places : 7
Vitesse maxi : 21,1 nds avec Yamaha 20 ch 4T

Paru dans le Pneumag n°59
Mai/Juin 2007

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Les modèles de la gamme Commando sont « inoxydables ». Présents au catalogue Bombard depuis le début des années soixante-dix, les canots aux flotteurs noirs font partie intégrante du paysage de la plaisance, et leur « retraite » n'est toujours pas annoncée. Il se trouve toujours, aujourd'hui (surtout en Normandie, Bretagne ou Vendée), une clientèle de plongeurs et chasseurs sous-marins, de pêcheurs et d'écoles de Voile pour choisir d'emblée un C3 (3,80 m), un C4 (4,30 m) ou un C5 (4,70 m). Leur robustesse, leur caractère marin affirmé, leur budget attractif, et surtout leur légèreté permettant une mise à l'eau facile avec les roues optionnelles, sont des atouts qui ont installé leur succès dans la durée. Nous avons pris en main les deux premiers nommés, en les équipant du même moteur. Le nouveau Yamaha 20 ch 4-temps, un bicylindre à carbu de 52 kg (61 kg avec le démarrage électrique). Ce hors-bord se signale par un capot compact au dessin moderne et fait apprécier son niveau sonore des plus discrets au ralenti. La quasi-absence de vibrations et de fumée est une qualité indéniable pour les pêcheurs à la traîne, de même que l'emplacement de l'inverseur de marche sur la face avant, à portée de main. En revanche, les utilisateurs sportifs lui préféreront, pour un prix légèrement inférieur, le Yamaha 25 ch 2-temps, nettement plus « pêchu », notamment dans l'optique du ski ou du wake d'initiation, pour lesquels le sillage extra plat des Commando est un « plus ». Reste qu'avec le Yamaha F20, nos deux canots disposent déjà de performances sympathiques, avec plus de 20 nds en vitesse maxi et un déjaugeage très rapide. Pour ces bateaux souvent utilisés par des équipages réduits (chasseurs ou pêcheurs en duo, voire en solitaires), il n'est pas nécessaire de recourir à la puissance maxi (40 ch pour le C3, 50 ch pour le C4). Malgré ses 50 cm et ses 11 kg excédentaires, le C4 affiche des performances très voisines de celles obtenues pas le C3. Il signe même un chrono de déjaugeage inférieur grâce à un cabrage moins prononcé, et donc une reprise d'assiette plus prompte en raison de sa longueur supérieure. Mais, plus que les chiffres, c'est la différence de comportement qui distingue les deux canots. Alors que le C4 fait preuve d'une belle stabilité de cap jusqu'à la vitesse maxi, son petit frère requiert d'incessantes corrections de barre pour limiter un mouvement de lacet difficile à contrer. Le réglage de dureté de la barre franche n’y remédiera pas… Pour cette raison, avec le C3, il convient de se montrer vigilant quant à la remise de gaz en sortie de virage, là où le C4 est moins brusque à dessiner ses trajectoires. Le réglage de la barrette d’inclinaison de l’étrier sur le trou numéro deux (il y en a quatre) nous semble le meilleur compromis entre vitesse et motricité, la ventilation de l’hélice n’intervenant que lors des virages en épingle à cheveux. En ce qui concerne le passage dans le clapot, les deux Commandos sont victimes du défaut de leur qualité. Leur légendaire rigidité structurelle, due à la présence d’une quille en bois articulée, fait que le confort dans la vague est en retrait en comparaison de celui qu’offre un canot doté d’une quille gonflable, cette dernière amortissant un tant soit peu les impacts… Ici, pas de miracle, que ce soit le C3 ou le C4, ça tape ! Les deux Commando font apprécier la régularité de leur construction, que ce soit pour le collage du tissu PVC, grâce à la technique dite du « thermobandage » (collage à chaud par soudure à hautes fréquences), ou l’assemblage du plancher, dont les panneaux en aluminium et en bois (pour la pointe avant) s’emboîtent impeccablement.

Ce fond très rigide en alu, bien soutenu par l’épine dorsale que constitue la quille en bois, offre une surface qui ne craint pas les chocs (on pense au matériel de plongée) et facile d’entretien (pas besoin de revernir), mais qui, en l’absence d’antidérapant, s’avère glissante lorsqu’elle est mouillée. Dans le cas des deux bateaux, on note aussi l’absence de sangles pour maintenir en place la nourrice d’essence qui, lorsqu’on navigue en mer formée, se promène dans le cockpit au gré des chocs avec le plan d’eau : attention aux pieds ! à signaler la spécificité Bombard : la présence de rails, sur les bords du plancher en alu, pour la fixation et le réglage d’options telles que le banc et la console de pilotage, pour les commandes à distance. Les deux vide-vite à bouchons, accessibles par l’extérieur du tableau arrière, autorisent une vidange rapide à condition de déjauger le bateau.

Le flotteur pour sa part est protégé par une épaisse bande de ragage et comporte des saisines en polyéthylène, fixées sur des ralingues en tissu percées d’œillets en inox. On trouve aussi de nombreux anneaux « D » pour l’arrimage du matériel ou l’amarrage, ainsi que quatre poignées de portage et un anneau de remorquage. Parmi les principales options, nous retiendrons le poste de pilotage avec commandes à distance, le siège-coffre, le pontage avant, les supports de cannes et le cabriolet. De quoi « civiliser » quelque peu ces deux baroudeurs-nés. Très semblables, le C3 et le C4 ne sont départagés que par le comportement plus sage du second et sa capacité d’accueil (un passager de plus et davantage de place.

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