Essai Bombard Ribster 500

Pour quelques chevaux de plus ?

Voilà une question qui revient souvent lorsqu'on achète un bateau. Quelle puissance choisir ? Nous avons pu essayer le Ribster 500 avec deux motorisations différentes, et dans les mêmes conditions. Alors, 40 ou 50 chevaux ? Verdict.

Texte et photos Philippe Leblond


 12 500 € avec Yamaha F40 /13 700 € avec Yamaha F50 (tarif 2011)
 4.98 m
 10
 26,7 nds avec Yamaha 40 ch 4T / 28,9 nds avec Yamaha 50 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 84 Juillet/Août 2011



Légers et compacts, ces deux "sisterships" mis à notre disposition par le Comptoir de Loctudy sont d'une manutention vraiment facile. Une fois amarrés, on constate plus en détail les décorations de la série limitée "Océans", fruit du partenariat conclu avec les producteurs du film éponyme. Il y a les flotteurs bicolores (bleu marine et gris) en remplacement des tubes biton gris, le logo du film accompagné d'une baleine franche stylisée, gravés sur la trappe du coffre avant, stickés sur la console et brodés sur le dossier du siège. Pour le reste, cette version est strictement identique à l'originale. Le Ribster se signale par un agencement très simple où, mise à part le coffre avant qui sert de baille à mouillage (le passe-bout n'a pas été oublié !), contremoulé avec le pont, les autres éléments (console et banquette-coffre) sont rapportés. On notera aussi que les câbles de commandes (boîtier et direction) courent sur le pont, à la base du flotteur tribord. Sur nos bateaux d'essai, les banquettes biplace ont été reculées, de manière à asseoir deux passagers, le pilote officiant obligatoirement debout… Une solution intéressante car, en l'absence d'un leaning-post, la position de conduite avec un siège classique est rarement confortable. Toujours au plan du confort, le rangement est assuré par le coffre de la banquette, contenant déjà la batterie dans un bac, et le corps de la console, avec un rangement haut permettant de mettre quelques affaires au sec. La partie basse est occupée par la nourrice, mais cette dernière non fixée, vient se "balader" dans les pieds du pilote en navigation. Merci d'y remédier !
Rayon accastillage, il convient de noter le petit socle de proue supportant taquet et davier pour faciliter la manœuvre de mouillage. La console décalée à tribord, avec main courante de pare-brise, permet à un "copilote" de se tenir debout en navigation. Sinon, les autres passagers peuvent aussi prendre place sur les boudins, pourvus de saisines classiques offrant une bonne prise en main. Notons aussi l'antidérapant en pointe de diamant efficace, et les deux vide-vite grand débit avec puisard au tableau arrière. Par contre, pour l'échelle de bain, il faudra piocher dans les options…
Notons d'abord que la carène du Ribster arbore un V prononcé, conservant un angle de 22 degrés à la poupe, ce qui implique une embase à arbre long, et une certaine puissante pour obtenir des performances décentes. Mais, c'est aussi le prix à payer lorsqu'on exige un bon passage en mer…
Au plan de la motorisation, il est important de relever que le Yamaha 50 ch jauge 249 cm3 de plus que le 40 ch, un avantage qui, dans cette sphère de puissance, est considérable quant au couple appliqué à l'hélice. Ce supplément de "cubage" compense largement les 20 kilos d'embonpoint du F50, d'autant que le rapport poids/puissance de l'ensemble reste en faveur de la version la plus puissante. Bien que le Ribster soit un poids plume, on pourra s'étonner que le choix de l'hélice se soit arrêté sur une 12 pouces, alors que la panoplie proposée par Yamaha s'étend de 9 à 17 pouces, tant pour le F40 que pour le F50… Toutefois, ce choix semble judicieux puisque nous sommes restés dans la fourchette de régime motoriste (5 000 à 6 000 tr/min), avec seulement deux personnes à bord. Signalons en outre que ces deux Yamaha sont dotés du dispositif de démarrage codé "i-Cop" et d'un régime de ralenti modulable (façon trawling-valve) qui permet de faire varier le régime par tranche de 50 tr/min, entre 500 et 1000 tr/min. Pratique, pour la pêche à la traîne et les manœuvres de port…
Par-delà les fiches techniques, voyons ce que donnent nos deux Ribster en "live" ! Si le comportement général est très proche avec les deux puissances, on note immédiatement le surcroît de punch du F50. Alors que la version 40 chevaux peine un peu à déjauger, avec 10 chevaux de supplément, le brio est au rendez-vous. Les chiffres d'accélération (voir nos tableaux) parlent d'eux-mêmes… Au point qu'on peut s'étonner de ne pas creuser un écart plus grand en vitesse de pointe (à peine deux nœuds de plus pour le F50). Et le gain sur les allures de croisière n'est pas non plus flagrant. Par contre, le plaisir de pilotage est supérieur avec le 50-chevaux. Plus vif, le Ribster devrait aussi profiter de cet avantage de puissance pour des activités telles que la glisse tractée, ou les balades en équipage nombreux. Si l'achat d'un 60 ch peut s'avérer intéressant, nous ne sommes pas persuadés que le Ribster afficherait la même sérénité (équilibre, tenue de cap) avec le 70 ch. Car, l'une des grandes qualités de ce petit semi-rigide est de pouvoir être mis entre toutes les mains. Dernière remarque : ne condamnons pas la version 40 ch, car pour un couple ou un pêcheur solitaire, elle peut s'avérer le bon choix, du fait de l'économie qu'elle génère à l'achat comme à l'usage.



photo Bombard Ribster 500


photo Bombard Ribster 500


photo Bombard Ribster 500


photo Bombard Ribster 500


AU PONTON
Simple mais polyvalent, tel se présente le plan de pont du Ribster. Pour ce qui est du confort de l'équipage, il sera nécessaire de recourir à quelques options, mais parmi ses qualités, on peut citer la facilité des déplacements à bord, grâce notamment à la console décalée sur tribord. Le siège-coffre biplace apporte un peu de rangement en supplément du coffre de console et de celui de la proue, qui risque fort de ne servir qu'au mouillage… Un autre bon point, la présence du socle en polyester sur le nez du bateau : un davier et un taquet, de loin préférables à un simple guide de mouillage. Pour ce qui est de la cosmétique, les inconditionnels du film "Océans" apprécieront le graphisme apposé sur les éléments (coffre avant, console, siège) du Ribster "série limitée", dévoilé lors du dernier Salon de Paris.




EN MER
Les Ribster de notre essai se comportent tous les deux très bien, avec cette qualité appréciable de la carène Bombard d'être très tolérante dans tous les types de figures (virage larges, serrés, traversée de sillages sous tous les angles), même lorsqu'on la brusque délibérément. Par contre, une évidence s'impose : la version 40 chevaux est un peu "passive" à l'accélération et s'avèrera une peu "courte" dans le cas d'un usage familial, avec la charge embarquée que cela suppose. Dans cette optique, le 50 chevaux et son brio s'imposent, indiscutablement.




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