Essai Bombard Explorer SB 640 (2005)

Un familial qui décoiffe !

Avec une puissance maxi portée à 150 ch, ce familial de la gamme Bombard ajoute une corde à son arc. Testé pour vous avec le très «pêchu» 150 ch Evinrude E-tec, il se métamorphose en engin sportif aux performances ébouriffantes, avec sensations de pilotage garanties. Bravo !

Texte Jacques Anglès. Photos Jacques Anglès et Philippe Leblond.


 13 664 € sans moteur (tarif 2006)
 6.35 m
 13
 48,5 nds

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Paru dans le Pneumag n° 53 Mai/juin 2006




Présenter l'Explorer 640 pourrait paraître superflu vu le succès commercial qu'il connaît depuis son premier lancement en version baroudeur 600 DB, il y a plus de huit ans, avec une puissance alors limitée à 120 ch. Il est vrai que ce châssis très bien né avait de la réserve sous la pédale, ce dont Bombard a fort bien tiré parti en le faisant évoluer au fil des ans, d'abord en 620 SB, puis en 640 SB, avec une puissance maximale en croissance, atteignant aujourd'hui 150 ch.à lui seul, le 640 fait la preuve qu'à l'instar des grands crus, un bon modèle peut se bonifier avec l'âge. Il nous tardait donc d'essayer cette dernière mouture, dotée pour l'occasion du 150 ch 2 temps Evinrude E-tec, un V6 à 60° compact, offrant un rapport poids/puissance élevé. Jetons tous de même un coup d'œil à l'engin avant de mettre le contact. C'est un Bombard typique, avec flotteurs terminés en cône à l'arrière et raccord angulés des segments de proue, une formule toujours efficace mais d'allure un peu démodée par rapport au design plus fluide des modèles italiens. Ce flotteur pose sur l'eau à l'arrêt, avec à la clé une stabilité parfaite, très appréciable en pêche ou pour le farniente dans les jolies criques. La construction industrielle, en PVC 1 100 décitex thermosoudé, est nette et parfaitement régulière d'un exemplaire à l'autre, le tissu bénéficiant d'une garantie constructeur de 5 ans. L'extérieur est protégé par un liston de caoutchouc d'épaisseur moyenne, et les pointes arrière sont renforcées par un cône en caoutchouc dur. Un bon point pour les doubles mains courantes (en sangle et en cordage nylon) qui courent tout le long des boudins. Le cockpit est divisé en deux zones par la console de pilotage, placée pratiquement au centre de gravité du bateau, avec le réservoir de carburant dessous, d’où un bon équilibre longitudinal quel que soit le niveau d’essence. L’avant est dédié au farniente et aux pique-niques, avec possibilité d’installer, soit une table soit un grand bain de soleil, et l’arrière à la navigation, avec deux sièges biplaces, en tandem, pouvant aussi se disposer en vis-à-vis en basculant le dossier de la banquette de pilotage. Autre bon point, la commodité de circulation : on dispose d’un large passage à gauche de la console et d’un mini-passage à droite, très pratique malgré son étroitesse. De plus, la banquette arrière n’occupe pas toute la largeur, ménageant ainsi un accès direct à l’échelle de bain. Enfin on dispose de coffres de bonne taille, à l’avant, sous les banquettes arrière et sous la console basculante. Seul changement par rapport au modèle 2005, cette dernière bascule vers l’avant pour accéder au grand coffre qui se trouve dessous (c’est plus pratique et plus résistant). Il manque juste un coffre long pour les skis ou le matériel de plongée. à cette réserve près, l’ergonomie du pont est optimale, avec assez d’espace pour 6 à 8 personnes (la capacité maximale de 13 personnes n’étant recommandable que sur de brefs trajets).

Contact ! En prenant les commandes, j’ai en mémoire l’excellent comportement de cette coque... avec un 115 ch 4-temps Yam au tableau arrière (Pneu-Mag n° 46). Aujourd’hui, le150 ch E-tec Evinrude apporte 35 ch de plus pour 10 kilos de moins, autant dire qu’on offre une carrure d’athlète à ce bateau conçu, à l’origine, pour un programme familial !

Eh bien, avouons-le tout de suite, cette cure de musculation va se montrer franchement enthousiasmante en termes de pilotage et de performances.

Premier constat, le V6 Evinrude émet un son «rond» agréable à l'oreille et reste très discret alors que nous nous éloignons de la côte à bas régime pour lui laisser le temps de chauffer.Ensuite c'est un festival ! Je retrouve tout de suite les bonnes sensations éprouvées lors du précédent test, mais exaltées par la surpuissance du V6 américain. Il faut dire que celui-ci a une sacrée pêche et qu'il est en parfaite symbiose avec la coque. Commençons par le déjaugeage, un terme qui prend tout à coup un coup de vieux, décollage ou envolée serait plus adapté. Jugez-en : moins de 2 secondes, difficile à mesurer tellement cela va vite ! La coque ne cabre absolument pas, mais bondit en avant avec un équilibre parfait. Et la suite est du même feu, avec le V6 qui semble rugir de plaisir en grimpant dans les tours. à 4 500 tours/minute, un régime de croisière, même pour un 2-temps, nous flirtons déjà avec les 40 nœuds. Je lâche le volant : le 640 SB file tout droit, parfaitement stable malgré le mistral qui lève un petit clapot assez sec. Très bien ! Je continue à accélérer, en suivant au trim pour aérer la carène. Résultat un run à 48,5 au GPS, ça décoiffe ! Mais le principal c'est que le bateau reste parfaitement sûr, en ligne droite comme en virage (avec une gîte assez faible, le boudin venant s'appuyer sur l'eau) où il faut le pousser dans ses retranchements pour le faire déraper. Seule limite, cette carène assez porteuse incite à lever le pied dans la mer formée pour éviter les coups de raquettes, et à rentrer le trim pour favoriser le travail de l'étrave. On appréciera alors sa stabilité, quel que soit l'angle d'attaque des vagues, et sa capacité à rester déjaugé à vitesse moyenne..



photo Bombard Explorer SB 640 (2005)


photo Bombard Explorer SB 640 (2005)


photo Bombard Explorer SB 640 (2005)





CONCLUSION
Un familial à près de 50 nœuds ? L’Explorer 640 motorisé en 150 ch prouve que c’est possible, sans compromis sur la sécurité. Le grand mérite en revient à sa carène, exemplaire par sa stabilité et sa facilité de pilotage. Avec cette motorisation, l’Explorer séduira les amateurs de pilotage sportif, mais aussi les passagers, grâce au confort de son cockpit. Pour un usage familial, les 115 ch Yamaha ou Suzuki proposés en package par la marque suffisent largement pour se faire plaisir, avec un comportement très vivant et une sécurité permettant de mettre le bateau entre toutes les mains.




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