Essai Seawater Phantom 300

La force tranquille

Véritable SUV des mers, ce grand semi-rigide aux formes généreuses ne craint pas la brise, garantissant à ses passagers un confort remarquable assorti de solides performances. Son apparence de baroudeur, mâtinée d’élégance, et sa polyvalence, le rendent assez unique dans le cercle pourtant fréquenté des ribs de moins de 10 mètres.

Texte et photos Philippe Leblond


 114 000 € sans moteur
 9.99 m
 25
 44,3 nds avec 2 x Yamaha 250 ch 4T

Suzuki-gif-540x145
Orca-logo_rvb

Essai paru le 17/05/2018

Fiche technique

Longueur 9,99 m
Largeur 3,5 m
Diam. maxi des flotteurs 70 cm
Nbre de compartiments 0
Puissance maxi 2 x 300 ch (441,6 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 2 x 225 – 2 x 300 ch
Poids sans moteur 2000 kg
Rapport poids/puissance 5,0 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 25
Couchage 0
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 500 l
Catégorie CE B
Constructeur SeaWater (Italie)
Importateur Réseau de revendeurs
Droits annuels sur la coque 178 €
Droits annuels sur le(s) moteur(s) 1440 €



Difficile, en effet, de lui trouver de véritables concurrents au sein de la famille, pourtant nombreuse, du semi-rigide de près de 10 mètres. Ce beau spécimen, produit par le chantier sarde SeaWater, se singularise par son style de baroudeur chic. Flotteurs de gros diamètre enserrant une étrave bien défendue et un cockpit profond, poste de pilotage biplace bien abrité, nombreuses places assises, équipement standard généreux, le Phantom 300 est un super bateau de jour, capable de multiplier les mouillages ou les escales grâce à sa capacité à naviguer rapidement, même par mer difficile. Voyons de plus près ce qu’il propose à son bord…



Au ponton



Sur le pont du Phantom 300, la place ne manque pas et la facilité à se déplacer autour du poste de pilotage, grâce notamment à des passavants de 54 cm de large (!), augure bien des sorties en équipage nombreux. Au mouillage, on pourra vaquer chacun à ses loisirs sans se contorsionner ou se marcher sur les pieds. Une réserve toutefois, l’accès aux deux petites plates-formes de bain n’est pas des plus commodes, avec la banquette arrière pleine largeur et les deux monumentales bittes d’amarrage qui en barrent le chemin. Le cabriolet et son arceau, rabattus en arrière de la banquette, ne facilite pas les choses... Il est dommage que, sur une unité de ce standing, on n’ait pas ménagé un rangement intégré pour ce taud de soleil… Autre constatation, le Phantom 300 n’est pas avare de places assises. Aux quatre de la banquette arrière, s’ajoutent les deux (enfants) de la petite banquette en vis-à-vis, les deux du leaning-post, et celle située sur l’avant de la console (un adulte ou deux enfants). Malgré son identité de baroudeur, ce grand semi-rigide n’oublie pas le confort de ses passagers et, au besoin, ses flotteurs peuvent aussi accueillir du monde, avec de quoi se tenir en navigation (ligne de vie tout le long des flotteurs et mains courantes de la console et du siège de pilotage). Les déplacements à bord se font en sécurité, sur un pont élégamment revêtu de teck massif 12 mm (option). Autre bon point, les rangements ne manquent pas non plus, que ce soit dans la volumineuse soute arrière, où un caillebotis vient isoler le chargement de l’humidité du fond de cale, dans le leaning-post, la console, ou le très grand coffre de l’avant (situé sous le matelas de bain de soleil) contenant la belle table en teck qui vient se fixer devant la banquette arrière avec son pied à vis. La base du petit siège devant la console contient, pour sa part, un petit réfrigérateur.



En bon semi-rigide méditerranéen qu’il est, et bien qu’il jour la carte d’une certaine polyvalence, le Phantom 300 ne manque pas d’offrir un solarium XXL (300 x 185 cm !). Parfait, pour les amateurs de séances UV collectives… Côté pilotage, outre le volant à inclinaison réglable, on apprécie le confort de l’assise du leaning-post biplace, assurant une position de conduite qui serait parfaite si le boîtier de commandes gaz/inverseur n’était pas placé à bout de bras. Dommage car, il aurait aussi été possible de piloter assis, grâce au repose-pieds (repliable) fixé sur la console… Console qui coupe bien le vent, même à pleine vitesse, grâce à sa largeur et à son haut pare-brise surmonté d’un T-top inox et toile. Le tableau de bord, spacieux, est donc bien abrité avec ses aides électroniques à la navigation : combiné Yamaha, GPS-sondeur et sono Lowrance, VHF fixe Standard Horizon. L’un des points remarquables à mettre au crédit de ce SeaWater, c’est l’étendue de son équipement de série qui inclue, outre les éléments courants, les trois bittes d’amarrage, les deux échelles de bain télescopiques, la douchette avec réservoir de 100 litres, la table de dînette, le guindeau électrique, le petit frigo, l’éclairage de courtoisie à leds et, surtout, le T-top, accessoire coûteux très rarement inclus en standard. SeaWater offre même le libre choix de couleurs pour la sellerie et les flotteurs en tissu Orca ! Cela n’empêche pas le chantier sarde de proposer des options avec, au rang des principales, le choix de la couleur polyester, le taud de soleil, un double réfrigérateur à tiroir, un compas intégré au pare-brise, le pont en teck, le mât de ski, un pack électronique…        



En mer



Première constatation, aux commandes du Phantom 300, on a la nette impression d’être à la barre d’un semi-rigide encore plus grand. Son étrave puissante et altière semble dominer les flots qu’elle gomme sans effort apparent. Le gros clapot (70 cm en moyenne) et la brise de 3 à 4 beauforts, qui parcourent la baie d’Ajaccio, ne semblent avoir aucune incidence sur la tenue de cap, la stabilité et le confort générés par cette carène en V profond. Pas de risque non plus de prendre des embruns, car la vague d’étrave est consciencieusement rabattue par les virures et le bouchain de cette belle coque. Après un déjaugeage expédié en seulement 3’’6, grâce à un cabré minimaliste et à la poussée démoniaque des gros V6 Yamaha de 250 ch (8,4 litres de cylindrée cumulée !), la barre des 20 nœuds tombe en 4’’1 et la vitesse maxi est rapidement atteinte. A plein régime, le GPS affiche 44,3 nœuds, qui en valent plus de 45, en raison du frein aérodynamique que représente le T-Top. Ce qui laisse augurer d’une V max de l’ordre de 50 nœuds avec la puissance maxi autorisée, soit 2 x 300 ch. Toutefois, ces performances obtenues avec deux personnes à bord et le plein de carburant (500 litres), soit un poids en ordre de marche dépassant nettement les trois tonnes, sont dignes d’éloges. Ce qui séduit aussi le pilote, c’est la sécurité que dégage ce bateau et sa facilité de prise en main, en dépit des 500 chevaux qui poussent sur son tableau arrière. On peut balancer le Phantom dans les virages sans la moindre appréhension. Il s’inscrit naturellement et conserve en gîtant à l’intérieur, une assiette égale, de l’entrée du virage jusqu’à sa sortie, même lorsqu’on brutalise les gaz et la direction. Quant aux allures de croisière, on peut tabler sur 26,5 nœuds (éco) et 34,4 nœuds (rapide), avec des ratios « mille parcouru par litre consommé », tout à fait honnêtes (0,47 m/l et 0,36 m/l) pour un bimoteur de cette puissance. A 3 500 tr/min, c’est donc plus de 200 milles que peut couvrir le Phantom 300 sans ravitailler, et ce à 26,5 nœuds. Pas mal !           



 



photo Seawater Phantom 300


photo Seawater Phantom 300


photo Seawater Phantom 300


photo Seawater Phantom 300


photo Seawater Phantom 300


photo Seawater Phantom 300


photo Seawater Phantom 300


photo Seawater Phantom 300


photo Seawater Phantom 300





Qualité de réalisation        

Comportement        

Performances        

Equipement        

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix      

Le pilotage agréable et les performances
La sensation de sécurité en navigation rapide
L’équipement standard généreux
L’accastillage inox de qualité pro
Les passavants très larges
L’accès à la baignade peu pratique
Les échelles de bain à claire-voie
L’absence de rangement dédié pour le bimini
La commande de gaz un peu loin

Face a la concurrence…

Modéle 34 Open Troy 40 1000 Club
Marque BWA (Italie) Scanner (Italie) Lomac (Italie)
Imporlation Réseau de revendeurs Scanner France (83 – Saint-Tropez) Stelie Nautic + revendeurs
Longueur 10,00 x 3,65 m 9,99 x 3,55 m 10,25 x 3,50 m
Nb de personnes 36 24 32
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 71 321 € (sans moteur) 105 000 € (sans moteur) 63 500 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 44,3 nds à 5 800 tr/min
Vitesse de croisière rapide 34,4 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 26,5 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 3,6 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 4,1 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 14,2 nds à 2 300 tr/min
Hélice de l'essai 48 l/h
Consommation en usage courant (estimation) 9 h 20 min
Autonomie en usage courant (estimation) Saltwater Series II inox 3 pales