Essai Selection Waves 530

Un Français très italien

Lancée en septembre dernier au Grand Pavois de la Rochelle, Selection Wave est une nouvelle gamme française de semi-rigides à vocation familiale, dotés d'un flotteur en néoprène-hypalon Orca. Testé dès sa sortie, le 530 s'appuie sur un tarif attractif et une conception classique.

Texte : Jacques Anglès - photos : Jacques Anglès et Philippe Leblond


 15 505 € sans moteur (tarif 2010)
 5.25 m
 8
 30,1 nds avec Honda 50 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 78 Septembre/Octobre 2010




Le lancement d'une nouvelle marque française étant rare, ne nous privons pas d'un petit cocorico pour saluer l'initiative de la société Select Plaisance, créatrice des Selection Waves. Présent pour la première fois au Grand Pavois (septembre 2009), puis au Salon de Marseille-La Ciotat en mars dernier, Selection Waves dispose d'une gamme comptant quatre modèles de 4,90 m à 6,30 m, un 8,40 m étant en outre annoncé pour 2011. Le 530 qui fait l'objet de notre essai se présente comme un canot familial d'allure présentant bien, capable d'embarquer huit passagers, avec une capacité optimale de cinq à six personnes. La fabrication proprement dite est assurée en Italie, la certification CE étant établie en France par Selection Waves. Le certificat de conformité à la catégorie C est en cours (un point à vérifier au moment de la commande). Le flotteur, à cinq compartiments, est réalisé en néoprène-hypalon Orca 1670 décitex de chez Pennel & Flipo, une des meilleures références pour tout canot gonflable. La finition de bonne facture et la coupe à l'italienne avec diamètre diminuant vers la proue lui confèrent une touche d'élégance. En prime, ce flotteur est proposé en diverses couleurs sans supplément : gris clair ou foncé, sable (notre essai), bleu, rouge, etc. La partie polyester paraît robuste, avec un plancher et des capots très rigides, mais le gel-coat n'est pas tout à fait exempt de petits défauts de démoulage. Le cockpit présente un agencement en deux zones, classique dans cette catégorie (farniente-repas à l'avant, console de pilotage et banquette-coffre à l'arrière), qui évoque irrésistiblement les Mar.Sea SP90 /SP100. On dispose de cinq places assises dans le sens de la marche, deux sur la banquette devant la console, trois sur la banquette arrière, qui peut se convertir en petit bain de soleil grâce au dossier rabattable. Dommage toutefois que ce dernier soit plus étroit que la banquette, laissant une place bâbord sans dossier, peu confortable en navigation (un défaut facile à corriger). La console de pilotage décalée sur tribord ménage un large passavant qui facilite la circulation, un des points forts de ce modèle. Autre point fort, la modularité du cockpit avant qui se décline en trois configurations selon les moments : ouvert en navigation, avec un maximum de places assises, repas avec une grande table amovible, ou farniente sur un super bain de soleil. Toute l’astuce tient ici dans la table, qui sert aussi d’allonge de bain de soleil et se replie en deux pour se ranger facilement. Cette table fait partie d’un équipement standard par ailleurs généreux, qui inclut le réservoir d’essence fixe, le choix des couleurs de flotteur, l’échelle de bain avec plate-forme teck, le bimini et la direction à crémaillère.Terminons par les coffres de rangement, assez spacieux et pratiques, avec de grands capots dotés de vérins de retenue (seul le capot de la baille à mouillage en est dépourvu) et des fermoirs verrouillables, à tension réglable. Sous le boudin, la carène révèle un dessin adapté au programme familial : V profond sans excès (17° au tableau arrière), étrave très inclinée sur une proue légèrement surélevée, quatre virures de fond et une virure de bouchain inversée pour favoriser le déjaugeage. La puissance maximale autorisée (90 ch) reste modeste par rapport aux 115 ch habituels dans cette catégorie, et le "petit" 50 ch Honda qui équipe notre modèle d'essai est à considérer comme le minimum acceptable. En embarquant, je constate que de l'eau, débordant du puisard arrière, stagne sur le plancher, pas autovideur, ce qui oblige à le vidanger en accélérant pour se mettre les pieds au sec. Aux commandes, le pilotage s'avère plus confortable assis que debout, la seconde position étant trop près du volant, avec les mollets en appui sur la banquette. Le bateau déjauge sans difficulté et accélère correctement, sans toutefois faire d'étincelles, ce qui n'a rien de surprenant avec seulement 50 ch. Bien déjaugé à partir de 15 nœuds, le SW 530 montre une bonne stabilité en ligne droite, tant en cap qu'en latéral. Il adopte une assiette légèrement positive et réagit bien au trim lorsque l'on monte dans les tours, avec un maxi honorable de 30 nœuds. Son comportement est franc en courbes rapides ou en virages serrés, avec une bonne accroche et une capacité à virer court sans ventilation de l'hélice. Seul problème, mais pas des moindres, le plancher est à nouveau transformé en bain de pieds au bout de quelques minutes. L'explication est vite trouvée : c'est le tableau arrière, trop bas, qui laisse entrer quelques litres d'eau à chaque ralentissement, même lorsqu'on décélère en douceur. Un défaut qui doit impérativement être corrigé. Dommage, car la carène procure une sensation de vivacité, bien que le 50 ch ne permette pas d'explorer son potentiel réel. Cette puissance doit donc être considérée comme le minimum pour un programme de balade tranquille, et à condition de ne pas trop charger le bateau. Nous conseillerons plutôt un 75 ch, qui délivrera de meilleures sensations, facilitera la pratique du wake-board ou du ski nautique, et offrira plus de tolérance à la charge..



photo Selection Waves 530


photo Selection Waves 530


photo Selection Waves 530





CONCLUSION
Testé avec une motorisation un peu trop légère au regard de ses caractéristiques, ce nouveau 530 laisse néanmoins entrevoir d’intéressantes qualités dynamiques, avec une carène équilibrée et agréable à piloter. Autres atouts : son équipement standard généreux et son cockpit confortable, ressemblant de près à celui des Mar.Sea. Ces arguments positifs ne compensent cependant pas la présence quasi permanente d’eau dans le cockpit, un défaut qui, s’il n’est pas corrigé rapidement, constituera un handicap certain pour ce canot.




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