Essai Zar 57 Welldeck

Convivialité maximale

Ce nouveau venu est de la même veine que ces aînés : un semi-rigide bien conçu et bien fabriqué. Ce qui justifie son prix élevé. Le cockpit offre un espace de vie peu commun à ce niveau de taille, et le comportement marin est efficace, à défaut d'être enthousiasmant… D'ailleurs, le poids élevé impose de choisir un gros moteur.

Texte et photos Philippe Leblond


 33 360 € sans moteur (tarif 2016)
 5.71 m
 10
 41,9 nds avec Evinrude 150 ch E-tec 2T

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Paru dans le Pneumag n° 57 Janvier/Février 2007




Comme toujours avec Zar, on ne s'ennuie pas au moment de la visite du propriétaire. La conception « millimétrée » fait appel à un savoir-faire des plus poussés en termes d'aménagement de cockpit. Le mot d'ordre semble être : « pas de place perdue ! ». à l'évidence, le bureau d'études de Zar traque le moindre volume propice à offrir plus de confort aux passagers, dont le nombre est limité à dix. Ce qui situe le 57 dans la bonne moyenne, considérant que les flotteurs des Zar ne sont praticables, en tant qu'assise, que sur une longueur limitée, en raison de l'utilisation généreuse du polyester qui recouvre une bonne partie du tissu Néoprène/Hypalon. Eu égard à la charte de couleurs en vigueur chez Formenti (noir et blanc), le style évolue peu d'un modèle à l'autre, et le 57 est presque une réduction fidèle du 61. Ainsi, l'effet de gamme est garanti chez ce constructeur italien qui poursuit son œuvre dans la continuité, sans révolution stylistique à l'horizon. D'où un sentiment de déjà-vu, mais aussi celui d'une personnalité très forte. De la même manière, la forme de carène est la même depuis des années, et ce pour tous les modèles. Celle du 57 nous est donc familière avec ses bouchains hypertrophiés, un peu à la manière de l'ancienne carène en « aile de mouette » de Boston Whaler. Objectif : obtenir une stabilité à l'arrêt remarquable. Un point important pour le Zar qui, compte tenu de son cahier des charges, est appelé à passer plus de temps au mouillage qu’en navigation. Roi du mouillage, il l’est sans doute, et quand bien même il ne serait pas le meilleur, il serait dans le groupe de tête… Car, quel autre semi-rigide de 5,70 m peut revendiquer 6 mètres carrés de bain de soleil ? Autre point fort dans l’optique du temps passé à l’ancre, en famille, un carré de quatre à cinq places pour prendre le pique-nique sur une élégante table en bois verni. Et citons encore un domaine dans lequel le Zar fait la course en tête : celui du rangement. Je ne connais pas beaucoup d’autres semi-rigides de cette taille proposant un tel volume et une telle variété en matière de rangement. Que ce soit à l’arrière, avec en plus de la grande cale habituelle (1,48 m de long !), deux équipets latéraux ouverts dans les hiloires de cockpit, et un long rangement inattendu (bien pour les skis ou les cannes) qui s’ouvre derrière le dossier de la banquette. Et comme si cela ne suffisait pas, deux autres petites cales sont offertes par les plates-formes de bain, l’une contenant l’échelle, l’autre étant idéale pour stocker des amarres humides. à ces coffres, il faut bien sûr ajouter ceux du siège pilote, de la console et de la proue (avec capot assisté par vérin), sous le solarium. Plus aucune excuse pour laisser traîner quelque chose !L’accastillage n’est pas non plus le « maillon faible » sur les Zar. Comme ses grands frères, le 57 se voit proposer un superbe roll-bar facilement rabattable pour le transport (vis à molette), qu’il est possible de commander avec un point de traction haut et des râteliers à planches (de chez MATC) pour le wake-board. On ne manquera pas non plus d'évoquer les poignées en inox à proximité des plages de bain, ainsi que de chaque côté de la banquette arrière. Le cabriolet fixé au roll-bar, est bien sûr de la partie, et pour les manœuvres d'amarrage, on peut compter sur quatre robustes taquets inox ainsi que sur le davier intégré à la delphinière pour le mouillage. Précisons que la pré-installation du guindeau électrique optionnel est effectuée de série. Le poste de pilotage est constitué de la console excentrée vers tribord (on bénéficie d'un large passage à bâbord) et d'une banquette biplace (implantée au-dessus du réservoir d'essence) dont l'assise se relève à 45° pour servir d'appui fessier lorsqu'on pilote debout. Malheureusement, elle reste un peu basse et l'appui recherché (sur les jambes) s'avère insuffisant. Comme toujours sur les Zar, le tableau de bord est ample et fonctionnel. Le compas et les instruments du moteur sont parfaitement lisibles, tandis que le boîtier de commandes, de type « latéral », est logé dans une généreuse encoche pratiquée au centre de la console. La partie droite de la console laisse toute la place nécessaire pour l'intégration d'appareils électroniques. La main courante qui encercle le pare-brise se poursuit sur la face de la console pour offrir une bonne prise au copilote.Sur le tableau arrière, trône le nouveau 150 ch E-tec, très compact avec ses six cylindres ouverts à seulement 60°. Doté d'un très bon rapport poids/puissance dans sa catégorie, il est parfaitement adapté aux semi-rigides. Mais, ne perdons pas de vue que le Zar est très lourd… Cela va d'ailleurs se sentir un peu en vitesse de pointe malgré un chrono de déjaugeage « atomique » : 2 secondes, presque pas de cabrage ! Si la mise en action est fulgurante, et l'accession au régime maxi plutôt tonique, nous allons devoir nous contenter de 41,9 nds. Correct, sans plus, sachant qu'il s'agit là de la puissance maximale applicable. Pourtant, cette carène placide et sûre devrait pouvoir accepter d'avantage de chevaux. Dans presque un mètre de creux, le Zar passe sans encombre, mais sans subtilité. Bien équilibré, très rigide, il saute d'une crête à l'autre, les faisant exploser en une gerbe d'écume qui, en raison de la forme spécifique des bouchains, ne vient pas mouiller le cockpit. Pas de risque de finir trempé, la carène défléchissant efficacement. En virage, le Zar gîte modérément mais parvient à tourner serré en glissant à peine. La remise brutale des gaz déclenche un peu de ventilation. Mais, le plaisir à la barre reste mesuré malgré les vocalises rageuses de l'E-tec. Ce n'est peut-être pas le moteur rêvé pour ce type de semi-rigide. On verrait plutôt un Suzuki 150 ch 4T, doté d'un couple de camion avec ses 2 867 cm3 (presque 300 de plus que l'Evinrude), et plus calme dans le registre de la balade en famille, l'E-tec étant davantage fait pour les unités à tempérament sportif..



photo Zar 57 Welldeck


photo Zar 57 Welldeck


photo Zar 57 Welldeck





CONCLUSION
Très bien équipé, élégamment fini, le Zar affiche une qualité nettement au-dessus de la moyenne. Son plan de pont parfaitement maîtrisé (le 57 Welldeck mérite bien son nom…) dans la perspective d’un programme balade / farniente en famille ou entre amis, lui donne le confort au mouillage d’un semi-rigide de plus de 6 mètres. Du côté du pilotage, il ne faut pas chercher à attaquer. Bien que sûr et marin, le Zar 57 n’est pas du genre à faire monter l’adrénaline, même avec un vif-argent comme le 150 ch Evinrude E-tec. Non, sa philosophie, c’est plutôt de tirer de longs bords en douceur, sans forcer, jusqu’à la crique suivante. Là, il est parfait.




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