Essai BSC 75 Classic/Sport

Grand Tourisme en famille

Faisant valoir ses grands bains de soleil et son carré arrière convivial, ce grand semi-rigide ne laisse planer aucun doute sur le programme : farniente et balade en famille, avec de la place pour inviter quelques amis de plus. Aux commandes, il se montre véloce, très agile en virages, et facile à prendre en mains, même pour un pilote peu expérimenté.

Texte et photos Jacques Anglès


 39 480 € sans moteur (tarif 2016)
 7.5 m
 24
 41,4 nds avec Evinrude 200 ch E-Tec 2T

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Paru dans le Pneumag n° 60 Juillet/Août 2007




Assez peu connu en France, le chantier BSC, établi près de Milan produit des semi-rigides de plaisance de 4,30 m à 7,50 m. Fleuron de cette gamme, le BSC 75 illustre parfaitement l'esprit de la marque, en accordant la priorité au confort du cockpit. C'est le seul BSC qui soit aussi proposé en version allégée, destinée aux clubs de plongée, avec un aménagement réduit (console de pilotage et leaning-post) et une capacité de 24 passagers, contre «seulement» 20 passagers pour la version classique de notre essai. On se demande d'ailleurs comment on pourrait, sauf pour un bref trajet, loger 20 personnes sur ce bateau, plutôt conçu pour un maximum de 8 à 10 passagers. Au premier coup d'œil, on remarque le dossier surélevé qui encadre le cockpit arrière, peut-être pas très élégant mais confortable et très sécurisant en navigation, compte tenu de la hauteur des assises à peine plus basses que le flotteur. Ce dernier, de fort diamètre à l'arrière, s'affine progressivement vers la proue, ce qui allège la silhouette. Il est réalisé en CR/CSM (type Néoprène-Hypalon) de 1670 décitex, et efficacement protégé sur le pourtour par un double liston de caoutchouc.Si le choix de couleurs de flotteur est limité (gris pâle en standard ou blanc en option), on peut en revanche louer l'équipement standard très fourni. Il comprend notamment les plates-formes arrière, l'échelle de bain, la douche, la direction hydraulique, le réservoir de carburant en inox et même deux tables amovibles (une pour l'avant, une pour l'arrière), une bonne idée qui permet d'établir un coin «adultes» et un coin «enfants» lors des pique-niques dans les criques. Est aussi inclus un gonfleur-dégonfleur électrique, indispensable pour mettre rapidement le bateau au gabarit routier en faisant le vide dans les flotteurs. Enfin l’accastillage inox (davier, taquets, feux de navigation) est de bonne qualité.

Il en va de même pour le polyester, bien fini, bien que l’antidérapant

«à pastilles» moulé dans la masse paraisse moins efficace que le classique «pointe de diamant» (mais nettement plus facile à nettoyer !). Le point faible se situe au niveau des selleries, qui ne paraissent pas à toute épreuve et présentent, par endroits, une finition sommaire, à l’image du dossier sur l’avant de la console, juste fixé par quatre pastilles de Velcro.

Ces critiques passent néanmoins au second plan au regard de l’agrément du vaste cockpit et de détails astucieux, tels que la banquette de pilotage réversible grâce à son dossier mobile ou les coussins du solarium avant, encastrés dans des cadres fixes, ce qui les maintient parfaitement en navigation. Le solarium avant, géant (2,62 m de long avec l’allonge en place !) et la convivialité du carré arrière, capable d’accueillir six à sept convives et lui aussi convertible en solarium, sont les atouts maîtres de ce cockpit. Avec de telles surfaces de couchage et des rangements généreux, le BSC 75 est prédisposé au raid côtier, d’autant plus que le réfrigérateur (optionnel) est prévu et qu’il sera assez facile d’installer une mini-cuisine. En revanche, le cockpit très structuré, avec peu de dégagements au sol, n’est absolument pas adapté aux activités de pêche ou de plongée.

Notre modèle d'essai est équipé d'un Evinrude 200 ch E-Tec, un deux-temps de dernière génération, nerveux et presque aussi sobre qu'un quatre temps, mais sensiblement plus léger. Nous allons voir qu'il convient parfaitement au programme du bateau, bien que l'on soit 80 ch en dessous de la puissance maximale autorisée.



à l'arrêt ou au ralenti, l'arrière des flotteurs est appuyé sur l'eau, assurant une stabilité parfaite, gage de confort au mouillage. Le déjaugeage est rapide, bien servi par la pêche du V6 E-Tec. Cette longue coque «décolle» sur toute sa longueur sans passer par la phase cabrée et plane parfaitement dès 14 nœuds, à tout juste 2 500 tr/mn. Voilà déjà un point à son actif. Avec un peu plus de gaz, le 200 ch délivre des vitesses de croisière de 23 à 28 nœuds avec un confort optimal, aux régimes offrant le meilleur rendement (3 500-4 000 tr/mn). La carène est alors dégagée de l'eau, sans que l'on ait à redouter de coups de raquette sous les flotteurs et l'équilibre est excellent, en latéral comme en longitudinal (en lâchant le volant, le bateau ne bronche pas d'un pouce). Plus vite, cette stabilité se confirme, avec une bonne réponse au trim qui permet d'aérer la carène au fil de la montée en régime. Manette dans le coin, notre GPS inscrira 41,4 nœuds en vitesse stabilisée, bref de quoi être satisfait, d'autant plus que le bateau offre une sensation de sécurité totale. Assurément, on est loin des limites hydrodynamiques de la carène, qui devrait encaisser sans problème la puissance maximale de 280 ch.



Notre seul regret est le plan d'eau un peu trop calme, nous obligeant à aller chercher un sillage de chalutier pour tester ses aptitudes dans les passages de vagues : pas de problème, tout se passe sans taper et sans jamais mouiller le cockpit, avec un pilotage à la fois facile et plaisant. En virages, le BSC 75 est un vrai plaisir : précis et terriblement accrocheur, il peut virer sur une douzaine de mètres, avec un angle de gîte modéré, sans déraper le moins du monde ni déclencher la ventilation de l'hélice. Très bien pour récupérer rapidement un skieur tombé à l'eau !

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photo BSC 75 Classic/Sport


photo BSC 75 Classic/Sport


photo BSC 75 Classic/Sport





Conclusion
Les qualités marines, le superbe cockpit, le grand nombre de places assises et les volumes de rangement (un point fort chez BSC) collent parfaitement au programme de ce modèle, qui peut embarquer beaucoup de monde sans que l'on se marche sur les pieds. La réalisation est sérieuse, malgré quelques inégalités de détail. Bien placé en prix, le BSC 75 réunit de solides atouts. Son principal concurrent semble être le BSC 65, dont le cockpit est pratiquement identique avec juste un peu moins de place, mais aussi plus de facilité de transport sur remorque.




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