Essai Mako 68 Easy

Un "réceptif" de qualité

A une époque où les métiers de service ont le vent en poupe, le Mako sait se mettre en quatre pour accueillir ses passagers. En exergue, une surface de bain de soleil XXL et un nombre de places assises, rare dans sa catégorie. Son apparence aussi est flatteuse, au même titre que ses performances. Bienvenue à bord !

Texte et photos Philippe Leblond


 37 402 € sans moteur (tarif 2016)
 6.8 m
 12
 40,6 nds avec Mercury 115 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 100 Mars/Avril 2014



Bien que ses hiloires de cockpit soient estampillées "Zar Technology", Zar Formenti, le chantier qui les construits (deux modèles seulement pour l'instant) considère Mako comme une marque à part entière, donc distincte de Zar. Le coup d'envoi de cette marque sœur a été donné à l'occasion du Salon de Gênes 2010, avec la présentation du 58. L'intention du chantier milanais est alors de diversifier son offre, avec des modèles moins typés que les Zar, dont l'aspect hybride, avec la présence massive de polyester est susceptible d'éloigner une clientèle lui préférant des semi-rigides moins… rigides. En un mot, plus proche du concept originel, avec des flotteurs bien visibles sur toute leur longueur.
Objectif atteint avec le premier des deux Mako, le 58 (essai dans Pneu Mag n°83), puis confirmé un an plus tard avec le second, le 68 de notre essai. Si ces deux bateaux offrent une silhouette bien différente de celle des Zar, ils en reprennent néanmoins les carènes, l'agencement et les accessoires de pont. Ils héritent également de la qualité de fabrication et des finitions soignées de la maison Formenti. Ce moins de sept mètres (longueur stratégique pour échapper à la fiscalité française) se montre comme ses frères Zar, particulièrement généreux au plan de la surface dédiée au bain de soleil (6 m2 !). De quoi profiter collectivement des bienfaits de l'astre d'or ! Qui dit grands solariums dit capacité de rangement importante, puisqu'une bonne partie de ces matelas reposent sur des coffres. Pas de souci, il y a de quoi digérer la totalité des affaires d'un équipage nombreux ! A souligner, les fermoirs à tension réglable, bien encastrés dans les réserves en creux pratiquées dans le moule en polyester…
Il y a aussi de quoi s'asseoir, sans avoir à poser ses fesses sur les flotteurs, à savoir sept à huit vraies places. Dommage que la sellerie, de belle qualité, soit mince et un peu trop ferme… Pour le reste, le confort des passagers est à l'honneur, avec une banquette arrière à double dossier dont un amovible pour rallonger le solarium de poupe, offrant de s'allonger de tout son long ou de s'adosser en position "lecture". Le bain de soleil de la proue est, lui, convertible en dînette, sa rallonge faisant office de table. Les plates-formes de bain, où la douchette se trouve à portée de main, s'étendent jusqu'à l'extrémité des flotteurs. Le décentrage du poste de pilotage sur tribord est une bonne idée, permettant de disposer d'un large passage à bâbord, plutôt que deux coursives difficilement praticables… Un bon point aussi pour la position de conduite, meilleure debout grâce à l'assise relevable utilisable en appui fessier, les commandes étant un peu lointaines lorsqu'on pilote assis. Quant au tableau de bord, il est plutôt bien agencé, avec un compas bien dans l'axe du pilote, un espace pour fixer ou encastrer une petite centrale de navigation et deux grands vide-poches. Par contre, le pare-brise est un peu bas pour bien protéger lorsqu'on pilote debout. En préambule à l'essai dynamique, précisons que l'exemplaire du 68 en notre possession, venait de terminer une saison de location. Sa carène enduite d'un antifouling était de surcroît un peu sale, ce qui permet d'ajouter environ quatre nœuds supplémentaires à la vitesse maxi que nous avons obtenue. Par ailleurs, le montage du moteur qui nous a semblé un peu bas (gerbage) ne favorise pas non plus la vitesse… Dans ces conditions, les 40,6 nœuds obtenus par le Mako sont fort honorables, quand bien même il aura bénéficié de la puissance maxi autorisée : 200 chevaux. En l'occurrence, ceux délivrés par le DF200, qui possède une courbe de couple bien pleine, comme en témoigne l'excellent chrono de déjaugeage : 2"9 ! L'accélération reste vigoureuse jusqu'à l'obtention du régime maxi et les reprises en sortie de virage, bien franches. Difficile, en revanche, de juger des remises de gaz en mer formée, puisque le jour de notre essai, la baie d'Hyères était désespérément calme, sans aucun sillage digne de ce nom à l'horizon qui nous aurait permis de sortir l'hélice et de juger également de l'équilibre du bateau.
Au moins aussi importants que la vitesse de pointe pour cette catégorie de bateau voué à une utilisation balade/farniente : les allures de croisière et les rendements moteur. Un domaine dans lequel le tandem Mako/Suzuki (ils sont commercialisés en package) se montre encore à son avantage, avec trois régimes assortis de rendements voisins de un mille par litre. Cela correspond, de 3 000 à 4 500 tr/min, à des vitesses de 17 à 28 nœuds. De surcroît, à ces allures, le V6 Suzuki sa fait des plus discrets (78 à 81 décibels), et il n'est pas besoin de hausser le ton pour échanger sur les mérites du paysage… En somme, même s'il réclame confirmation par mer formée, cet essai s'avère probant pour le Mako, à un détail près, son comportement en virage. L'inscription en courbe rapide n'est pas naturelle pour ce semi-rigide qui ne prend pas de gîte intérieure, restant droit sur sa quille, donnant même l'impression qu'il va partir en contre-gîte si l'on insiste sur les gaz. La raison ? Peut-être le montage du moteur que nous suspectons d'être plus bas que la normale, avec le souci de ne pas déclancher une éventuelle instabilité latérale à vitesse élevée, dans l'optique d'un usage locatif…



photo Mako 68 Easy


photo Mako 68 Easy


photo Mako 68 Easy


photo Mako 68 Easy





Conclusion : Généreux par le confort et l'équipement qu'il déploie pour choyer ses passagers, le Mako 68 possède le profil du "gendre idéal". Elégant par son allure et ses finitions, il reste fonctionnel (circulation aisée, ergonomie soignée) malgré un équipement pléthorique en sièges et solariums. Il est dommage de ne pas avoir pu le soumettre à un test marin plus probant (mer d'huile), et nous avons dû nous contenter d'apprécier sa prise en main facile, ses performances concluantes et son rapport qualité/prix compétitif. C'est déjà ça !




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