Essai Highfield Ocean Master 620

Forte tête !

Dotée d'une carène et d'un pont en aluminium, ce semi-rigide australien entre d'emblée dans la catégorie "baroudeur des mers". Dur au mal et marin, il ne cherche pas à séduire par le raffinement, mais par l'efficacité. Ce qui a convaincu le Team Savéol du skipper Samantha Davies, dont il est devenu le bateau de travail.

Texte et photos Philippe Leblond


 38 398 € avec Honda 150 ch 4T (tarif 2012)
 6.2 m
 12
 39,5 nds
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Paru dans le Pneumag n° 91 Septembre/Octobre 2012



Après avoir fait la navette, chargé des sponsors et de leurs d'invités, jusqu'au voilier de course de l'Anglaise Samantha Daviers, durant une bonne partie de la journée, le Highfield et ses oriflammes rejoint enfin le ponton pour nous être confié. Cet Ocean Master 620 de servitude est un peu particulier… Participant à l'animation des Tonnerres de Brest, grande manifestation du monde de la Voile, où les voiliers de course côtoyaient les vieux gréements, il porte également sur ses flotteurs des bâches de protection. Nous l'avons donc photographié "dans son jus" frappé de ses stickers Savéol et chargé des sacs de l'équipage. Ce dernier l'a d'ailleurs choisi, entre autre chose, pour son côté spartiate, ôtant les coussins de la banquette arrière et du siège de console. De ce point de vue, le gros œuvre" tout alu" (seuls les flotteurs ne sont pas dans ce matériau) a plu au Team de "Sam".
Pas de fioriture à bord donc, où la console et le leaning-post biplace occupent le centre du pont, laissant deux passages très praticables pour se déplacer de la poupe à la proue et inversement. Ces deux éléments du poste de pilotage sont équipés d'une solide main courante, permettant dans les deux cas de se tenir debout dans la mer formée. Un léger retrait de la face postérieure de la console favorise la prise de bons appuis au sol pour les pilote et copilote. Les commandes tombent bien sous la main et la planche de bord est suffisamment spacieuse pour recevoir des aides électroniques à la navigation, tandis que le haut pare-brise offre une protection efficace contre les éléments.
Autre bon point : le nombre de vraies places assises, ce qui pour un baroudeur de cette longueur, est plutôt rare : sept ! Trois sur la banquette arrière, deux sur le leaning-post et deux sur l'avant de la console. Comme quoi, sous des dehors rudes, l'Ocean Master 620 peut aussi assurer un programme de balade familiale… Par contre, au plan du volume de rangement, on reste un peu sur sa faim. La banquette pourrait être le meilleur endroit, mais la batterie fait obstruction. Le leaning-post est finalement le plus accueillant, notamment pour garder vos effets personnels au sec. Quant au bas de la console, il apporte sa contribution, jusqu'à un certain point, car le câblage du moteur bouffe aussi de la place. Les deux coffres de l'avant - plutôt des coffrets – reçoivent pour l'un le mouillage (pas trop grande l'ancre !), pour l'autre le nable de remplissage du réservoir de carburant, avec son bac de débordement, évitant de déverser l'essence sur le pont, doté de patches antidérapants collés. Le même caoutchouc a été collé dans le fond des coffres pour préserver le chargement. Si les saisines sont bien là, pas de taquets à l'horizon. En leur absence, on peut toujours s'amarrer sur le robuste roll-bar.
En action, l'Ocean Master 620 montre rapidement son caractère marin. Dans le clapot anarchique de la Rade de Brest, agitée par les innombrables navires participant aux Tonnerres de Brest, il s'est montré à son aise. Passant d'une crête à l'autre, sans encombre et sans mouiller ses occupants, il a "fait le métier", enchaînant les évolutions avec aisance (sauf une tendance à se redresser en virage lorsqu'on le brutalise), virant serré avec un bon grip et sans faire ventiler son hélice, adoptant une gîte intérieure modérée. Dans les runs à plein régime, sa tenue de cap régulière, sa sensibilité au réglage du trim en font un bateau sûr et vivant, montrant une bonne volonté à aérer ses œuvres vives pour aller chercher les derniers nœuds. Lorsqu'on insiste pour toucher les 40 nœuds (une valeur à sa portée sans le frein des grands drapeaux de sponsors, et des bâches de protection), un léger roulis se fait jour, mais qui reste facilement maîtrisable, même avec le vent par le travers. Le Yamaha F150, l'un des plus gros quatre-cylindres du marché délivre de bonnes accélérations (2"9 seulement pour déjauger !), tirant profit de la relative légèreté de cette coque en aluminium. Enfin, nous avons pu apprécier la rigidité structurelle du Highfield dans ce clapot bien creusé, et surtout l'absence de résonance métallique à l'impact, qui parfois affecte les bateaux construits dans ce matériau.



photo Highfield Ocean Master 620


photo Highfield Ocean Master 620


photo Highfield Ocean Master 620


AU PONTON
Le plus surprenant lorsqu'on considère l'identité de l'Ocean Master 620, c'est le bon ratio espace de circulation/nombre de places assises. On peut asseoir jusqu'à sept personnes sans utiliser les flotteurs et circuler aisément dans le cockpit. En revanche, si l'on navigue en équipage nombreux, il ne faudra pas embarquer trop de "bagages" car les possibilités de rangement sont assez limitées. Il faut aussi remarquer qu'aucun coffre ne ferme à clé, les fermoirs ne pouvant pas recevoir de cadenas.




EN MER
Doté d'une carène alu synonyme d'un gain de poids, l'Highfield se révèle vivant à piloter, notamment grâce à de bonnes accélérations. Sa tenue à la mer n'appelle pas de critique, et sa carène défléchit bien les embruns. Autre bon point, la position de conduite est ergonomique avec des commandes à bonne hauteur et de la place au sol pour prendre de bons appuis.




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