Essai Highfield Ocean Master 590 XT

Léger mais consistant

L'Ocean Master 590 profite de l'aluminium pour se contenter d'une petite puissance, synonyme d'économie. Cette légèreté en fait un bateau facile à transporter, à mettre à l'eau, et capable de beacher sans dommages. La bonne surprise c'est que, grâce à une bonne carène, cette légèreté s'assume bien dans le clapot.

Texte et photos Philippe Leblond


 14 900 € (PVC) 18 200  € (CR/CSM) sans moteur (tarif 2016)
 5.9 m
 14
 30,2 nds avec Honda 80 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 99 Janvier/Février 2014



Les semi-rigides en aluminium ne se signalent pas souvent par une esthétique aguichante… Cet Highfield, avec sa coque et son roll-bar peints en noir mat, ses flotteurs anthracites soulignés d'un liséré orange vif, en rappel de la sellerie de même couleur, ne manque pas de peps. Mais ce look avantageux n'est pas le seul argument de ce semi-rigide conçu en Australie et fabriqué en Chine.
Autre bon point, la finition plutôt soignée, avec des tubes en tissu Orca soigneusement assemblés, une coque, un pont et des accessoires en aluminium présentant des soudures propres. La banquette/coffre, le leaning-post monoplace et la console sont rapportés et boulonnés sur le pont, ce dernier étant couvert des patches en caoutchouc antidérapants gris, offrant une bonne adhérence pour les déplacements à bord. Bien aussi, le pont peu encombré, malgré la présence de cinq vraies places assises (six ou sept au mouillage, avec le coussin recouvrant la baille), autorisant des déplacements faciles, notamment grâce au large passage laissé par le poste de pilotage décalé sur tribord, et à l'absence de solarium. Ce plan de pont est donc intermédiaire entre le confort familial à l'italienne, où le bain de soleil est incontournable, et le dénuement volontaire des semi-rigides destinés aux pêcheurs ou plongeurs. Chez Pneumatique Magazine, nous qualifions ce type de conception de "polyvalente", en ce sens qu'elle s'adapte à un programme d'utilisation élargi, pouvant satisfaire (mais pas totalement) les amateurs de détente ou d'action. Ce moyen terme est, concernant le Highfield, plutôt réussi, grâce à un souci de fonctionnalité qui peut à la fois servir le confort (en navigation mais aussi au mouillage) et les activités telles que le ski ou la pêche, avec une surface de pont relativement dégagée.
Rappelons aussi que notre bateau d'essai était équipé du tout nouveau Honda BF80. Ceci n'étant pas un hasard puisque Groupe YB, l'importateur Highfield et Caribe, travaille depuis plusieurs années en partenariat avec le motoriste japonais, proposant des ensembles bateau/moteur, vendus en packages. Sur le plan du comportement, l'Ocean Master 590 ne nous a pas déçus, même si les conditions de navigation étaient plutôt clémentes. Le croisement de quelques sillages, le passage en souplesse dans le clapot qui se creusait un peu plus au large de la Baie de Mandelieu, nous ont livré un a priori positif sur les aptitudes marines de ce semi-rigide de taille moyenne. Autre motif de satisfaction : la facilité de prise en main. Il est vrai que le tout nouveau Honda BF80 était loin de représenter la puissance maxi homologuée (135 ch), mais le comportement et les réactions du bateau, dans toutes les directions de mer, à tous les régimes, et quelque soit le réglage du trim, montrent qu'il peut être mis, sans risque, entre les mains de tous les utilisateurs. Il l'a démontré tout autant dans les virages un peu attaqués, révélant un grip régulier, allié à une belle précision de barre et une gîte modérée, ainsi qu'une motricité intacte en sortie, quel que soit l'angle braquage. Tout juste peut-on pointer ce que nous appelons "un nez léger". Cette assiette, à tendance positive, occasionne un cabrage assez prononcé au déjaugeage, qui risque fort d'être plus marqué encore avec un moteur plus puissant et plus lourd.
Pour ce qui est des performances, nous avons obtenu 30,2 nœuds au régime maxi, avec quatre personnes à bord. Une valeur en demi-teinte. Avec une hélice de même pas, mais en inox cette fois-ci, et 500 tr/min de plus, l'importateur aurait obtenu 34,5 nœuds. Autre avantage, il était seul à bord… Résultat honorable aussi dans le domaine des accélérations, avec un chrono de déjaugeage flatteur malgré le cabrage dénoncé et quatre équipiers, mais moins brillant de 0 à 20 noeuds. Soulignons aussi les rendements économiques en croisière, avec plus d'un mille parcouru par litre consommé, de 3 500 tr/min à 4 500 tr/min (de 13,9 à 22,7 nœuds), la plage de régime qui sera la plus utilisée.



photo Highfield Ocean Master 590 XT


photo Highfield Ocean Master 590 XT


photo Highfield Ocean Master 590 XT


AU PONTON : La volonté de polyvalence qui a présidé à la conception de ce semi-rigide s'illustre ici par quelques places assises de qualité, mais aussi par l'absence de solarium (option). De quoi offrir à l'équipage, à la fois du confort en navigation et une circulation à bord aisée au mouillage. Ainsi, le pont laisse la place à des activités telles que la pêche ou le ski, tout en permettant à une famille de bénéficier de vraies places assises. En cas d'équipage nombreux, il sera toujours possible de s'asseoir aussi sur les flotteurs à condition d'adopter un rythme raisonnable. Par ailleurs, quelques options, comme l'échelle de bain (290 €), le T-top en alu peint (990 €), le solarium (690 €) ou le plancher teck permettent de compléter la dotation standard pour mieux coller à son programme dominant.




EN MER : L'Ocean Master 590 XT est d'une prise en main facile avec cette motorisation minimale que représente 80 chevaux. Le nouveau Honda BF80 ne démérite pas mais il s'avère, malgré la légèreté de ce semi-rigide, un peu juste pour bien exploiter ses qualités nautiques. Le BF100 (lui aussi nouveau) nous paraît préférable, surtout dans l'optique d'une pratique familiale (cinq vraies places assises en navigation) et a fortiori avec un équipage plus nombreux. Les amateurs de sensations fortes pourront opter pour le Honda BF135 qui correspondra alors à la puissance maximale acceptée sur ce bateau. Rappelons que le Groupe YB, partenaire de Honda, commercialise ses semi-rigides aussi en packages avec les hors-bord du motoriste japonais. Par ailleurs, ce Highfield (comme tous les autres modèles de la gamme) est proposé avec des flotteurs en PVC ou en tissu Orca (supplément de 3 000 €).




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