Essai Sea Rib's 760 Lux

Profil hauturier

*Certifié en B, doté d'une étrave bien défendue et d'un cockpit protecteur, ce semi-rigide portugais ne devrait pas s'en laisser compter par mauvais temps. Aménagé pour la pêche sportive, il devrait répondre parfaitement à une demande croissante, dans ce domaine, pour le semi-rigide.*

Texte et photos Philippe Leblond


 46 103 € sans moteur (tarif 2016)
 7.45 m
 22
 47 nds avec Suzuki 300 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 94 Mars/Avril 2013



Les Pertuis charentais sont toujours un bon juge de paix, même lorsque les conditions paraissent plutôt clémentes. Ici, 50 ou 60 cm de clapot désordonné suffisent à rendre la navigation inconfortable. Dans ces conditions moyennes, la carène en V très profond du SeaRib's amortit bien ces petites crêtes agressives. Par contre, ce type de carène nécessite l'installation d'un hors-bord de forte puissance. Deux chiffres expriment bien cette nécessité : celui de la vitesse d'hydroplanage (15 nœuds) et celui du chrono de déjaugeage (5"6). A ce V profond s'ajoute un poids assez élevé, dû à une construction traditionnelle et robuste. Du coup, le Suzuki DF300 doit se "sortir les cylindres" pour signer des performances consistantes. Ainsi, ce V6 "coupleux" permet à ce 25 pieds de 1 500 kg (avec moteur) d'atteindre 47 nœuds au régime maxi, avec trois personnes à bord, sur un plan d'eau qui n'était pas des plus favorables. Mais le point le plus important réside dans l'excellent rendement de 0,93 mille par litre, à 3 500 tr/min et 26 nœuds. Une allure de croisière à la fois enlevée et économique. Parfait pour se rendre sur les spots de pêche éloignés !
Si l'on considère le comportement du Sea Rib's avec cette puissance (le maxi autorisé sur ce semi-rigide), on peut en conclure que le DF300 est un bon choix. Ainsi pourvu, il se montre à la fois réactif à la barre et efficace dans toutes les évolutions sportives (à valider tout de même par mer vraiment formée). Le seul bémol concerne sa stabilité latérale à l'approche de la vitesse maxi. Le Sea Rib's amorce un roulis qui a tendance à s'amplifier avec la montée du trim. Il convient donc, dans ce domaine, de ne trop en rajouter ! Par ailleurs, son inscription en entrée de virage ne lui vient pas naturellement. Il attaque la courbe droit sur sa quille, refusant de gîter vers l'intérieur. Il faut alors réduire les gaz et braquer franchement pour qu'il enroule le virage avec une gîte marquée, où l'on salue la précision de son grip et ses relances vigoureuses en sortie, avec une hélice qui accroche bien.
La combinaison de couleurs noir/jaune est un "classique" dans le domaine du semi-rigide sportif. Un mélange contrasté, au delà des modes, et qui frappe la rétine des observateurs. Notre modèle d'essai a en effet fière allure, et présente une belle stabilité à l'arrêt, ses flotteurs bien assis sur l'eau, alors qu'en navigation, ils ne sont plus au contact. Les amateurs de pêche, dont les propriétaires du semi-rigide portugais font partie, apprécieront cette assise sur les postes un peu remuants. Comme ils apprécieront sa profondeur de cockpit peu commune, grâce à une coque en V profond et à un plancher classique, en bois stratifié et doté d'un antidérapant efficace. Même s'il n'est pas contremoulé, le pont réserve tout de même un volume utile qui a permis d'intégrer un vivier à circulation d'eau de mer et un profond coffre à mouillage, accompagné d'une bitte d'amarrage inox. Par contre, on notera l'absence de passe-bout sur le couvercle, et de guide sur la proue du bateau, pour protéger le flotteur et maintenir la ligne de mouillage en place.
Le poste de pilotage est un modèle dans le genre "baroudeur de haute mer". Deux sièges Coastal Pro, à suspensions et dosserets enveloppants, ont été installés derrière la console, dont le tableau de bord est quelque peu envahi par deux combinés GPS/sondeur 1198c 1158c Humminbird fixés sur étriers, masquant en partie les instruments de contrôle du Suzuki. Une VHF fixe Navicom a trouvé place sous la main courante destinée au copilote. Le socle des sièges peut aussi accueillir quelques affaires, comme le corps de la console. Mais, il ne faut pas compter ranger grand-chose dans la cale technique qui forme, à la poupe, un second tableau arrière, intérieur celui-ci, abritant entre autres, le coupe-batterie et la pompe de cale. Il sert également de support à une impressionnante série de porte-cannes (huit !), au roll-bar en inox et aux taquets escamotables. Le pont spacieux et de plain-pied séduira les plaisanciers actifs, de même que la construction robuste et propre.



photo Sea Rib's 760 Lux


photo Sea Rib's 760 Lux


photo Sea Rib's 760 Lux


photo Sea Rib's 760 Lux


Ce semi-rigide construit au Portugal possède un air de famille avec ses homologues anglais. Sportif, marin, il bénéficie d'une construction robuste, et d'une finition soignée, sans qu'on puisse parler de luxe, ce qui n'est pas dans la philosophie de ce Sea Rib's destiné avant tout à la pêche ou au raid. Le tableau de bord est assez spacieux, mais il est ici "envahi" par deux Humminbord grand écran. Les sièges Coastal Pro offrent une bonne position et un confort appréciable grâce à leur amortisseur. Par contre, on déplore l'absence de guide de mouillage sur l'étrave...




Ce qui surprend lorsqu'on observe le Sea Rib's, c'est avant tout la profondeur de sa carène qui possède un V marqué surmonté de francs-bords élevés, donnant une profondeur importante au cockpit. Ce "creux" est à la fois sécurisant en navigation et pratique en action de pêche. Grâce au Suzuki 300 ch, ce semi-rigide hauturier approche les 50 noeuds.




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