Essai Stingher 800 GT

La bonne affaire !

Le 800 GT est tout simplement le plus accessible des semi-rigides de 8 mètres de sa catégorie. Son tarif amical explique une certaine sobriété dans la finition et l'équipement, mais ce Stingher n'en propose pas moins un rapport prix/prestations remarquable. A commencer par des performances de haut niveau.

Texte et photos Philippe Leblond


 43 560 € sans moteur (tarif 2016)
 8.01 m
 12
  38,8 nds
 avec Yamaha 200 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 97 Septembre/Octobre 2013



Une chose est sûre, des semi-rigides de ce gabarit capable d'approcher 40 nœuds avec "seulement" 200 chevaux, cela ne court pas les marinas ! Avec 38,8 nœuds de V-Max, le 800 GT assure l'essentiel, le minimum syndical étant estimé à 40 nœuds dans cette sphère du grand semi-rigide. Pour y parvenir, il suffira d'opter pour un 225 ou 250-chevaux. Quant au potentiel de cette carène, avec la puissance maxi qu'elle est susceptible de recevoir (2 x 200 ch), il se situe bien au-delà des 50 nœuds, assurément. Dotée d'un V parmi les plus fermés de la production italienne, la coque du Stingher est taillée pour la vitesse et la mer formée. Malgré cette quille aiguisée, elle parvient à planer à partir de 2 500 tr/min seulement, un atout pour ce qui est de disposer d'un large éventail d'allures de croisière, de 15,6 à 30 nœuds, entre 3 000 et 5 000 tr/min. Le pilote aura donc tout loisir d'adapter sa vitesse aux conditions rencontrées et de bénéficier, avec cette motorisation basse (ne pas descendre sous cette puissance), et grâce aux réservoirs de forte capacité (400 ou 600 litres) d'une autonomie record : 467 milles à 20 nœuds (avec le réservoir de 600 litres, sans supplément de prix) ! De quoi faire trois allers-retours Nice-Calvi sans repasser à la pompe… Fort de ces performances convaincantes, le 800 GT sait aussi se faire apprécier par son caractère docile et vivant. Le déjaugeage n'est pas fulgurant, mais il s'effectue presque sans cabrer, et le passage de la marque des 20 nœuds se fait simultanément avec la reprise d'assiette, en 5 secondes tout juste (qu'est-ce que ce doit être avec deux fois plus de puissance !). La prise en main du bateau se fait avec une grande facilité. La tenue de cap reste rigoureuse, même à plein régime et avec un excès de trim positif. Un équilibre latéral qui demeure sûr même avec le vent et la mer par le travers. Face à la vague, l'équilibre longitudinal s'avère également sain, et l'on apprécie les réceptions de sauts, bien amorties par cette carène au V prononcé. Le confort et la sécurité sont toujours là, même lorsqu'on pilote sportivement dans la houle. En virages "attaqués" aussi le Stingher s'en tire avec les honneurs, avec une inscription franche, un grip régulier et une bonne motricité en sortie. Cela dit, on sent bien que les 200 ch du Yamaha seront un peu courts pour les balades en équipage nombreux. A notre humble avis, le F300 (toujours un V6) de la marque aux diapasons pourrait bien être le moteur idéal pour ce grand semi-rigide au poids contenu. Le recours à la double motorisation ne nous semble donc pas utile. Transportable par la route, flotteurs dégonflés, malgré ses huit mètres de long, le 800 GT est un semi-rigide simple mais bien construit. Pas de raffinement particulier, comme on peut en trouver chez ses concurrents transalpins plus sophistiqués (BSC, Mar.Co, Pirelli, Sacs, SeaWater…), mais un travail bien fait. Les flotteurs en tissu Orca 1670 décitex sont assemblés avec savoir-faire, et le gros œuvre en polyester est propre à défaut de se plier aux dernières tendances du design. L'ensemble qui associe un pont contremoulé et une coque intégrant de solides renforts stratifiés, s'est d'ailleurs montré rigide dans quelques vagues cassantes autour du Banc d'Arguin. On retiendra quelques détails bienvenus, comme les joints de caoutchouc pour amortir les couvercles de coffre et les vérins à gaz pour les maintenir ouverts, la découpe en passe-bout de la trappe du puits de mouillage, le cale-pieds moulé à la base de la console de pilotage… Mais aussi d'autres moins bien traités, voire absent, comme les taquets arrière et le davier d'étrave sous dimensionnés, la cale arrière sans caillebotis pour maintenir les affaires au sec… Sans parler de quelques options qui auraient pu faire partie de la dotation de série : la pompe de cale, la douchette, les coussins du solarium avant, la plate-forme et l'échelle de bain. Le chantier italien propose aussi quelques options pour personnaliser son bateau, telles que couleurs de gel-coat (moutarde, gris ou noir) ou de flotteurs (moutarde, bleu ou noir) pour environ 500 € chacune. Notre bateau d'essai était équipé de la console standard, mais il existe une console optionnelle d'un dessin plus recherché, pouvant abriter un lavabo et un WC. Pour le reste, on appréciera l'agencement bien maîtrisé du pont, combinant une circulation aisée, avec de très larges passavants, des plats-bords antidérapants pour éviter de piétiner la banquette arrière lorsqu'on passe des plates-formes de bain au cockpit, et de nombreuses places assises (huit sans utiliser les flotteurs !). La capacité de rangement n'est pas en reste, point fondamental sur un semi-rigide destiné, avant tout, aux loisirs en famille ou entre amis. La grande cale de poupe, qui abrite la batterie, est traversée par le câblage moteur et les gaines d'évacuation d'eau mais laisse beaucoup de place au rangement, tout en oubliant le caillebotis pour isoler les affaires d'un fond de coque toujours humide. Il y a aussi du rangement dans le leaning-post et sa petite banquette en dos-à-dos (option mini frigo), mais surtout les deux grands coffres avant qui supportent le solarium. Adossé au leaning-post biplace, à capitonnage ergonomique, pilote et copilote jouissent d'une bonne position semi-fléchie, bien abrités par le haut pare-brise. Par contre, sans être exigüe, la planche de bord ne permet pas de regrouper face au pilote les instruments moteur et l'inévitable GPS-traceur. Ce denier sera encastré côté copilote. Le poste de pilotage idéal reste rare…



photo Stingher 800 GT


photo Stingher 800 GT


photo Stingher 800 GT


photo Stingher 800 GT





Conclusion : Les atouts du 800 GT sont nombreux à commencer par ses qualités dynamiques, offrant un pilotage naturel, et de belles performances avec seulement la moitié de la puissance autorisée. D'où ce cercle vertueux : moins de puissance, moins de consommation, et un coût d'acquisition inférieur. Car, outre son plan de pont bien balancé, avec de nombreuses places assises et une circulation aisée, c'est le prix mesuré de ce grand semi-rigide (que l'on retrouve aussi sous la marque Selva) qui retient l'attention !




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