Essai Ribcraft 6.40 Pro

Caractère affirmé

Costaud dans la vague, mais alerte à piloter, ce semi-rigide british "pur jus" dispense de belles sensations à son pilote et à ses passagers. Le sérieux de sa construction, de type professionnel, et le plan de pont aménageable à la demande sont aussi de vrais atouts.

Texte et photos Philippe Leblond


 20 150 € sans moteur (tarif 2016)
 6.4 m
 12
 44 nds avec Suzuki 175 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 93 janvier/Février 2013



Ce semi-rigide typiquement britannique se signale en premier lieu par son comportement en mer et le plaisir de pilotage qu'il dispense. Sa carène en V profond, est mâtinée d'un étroit patin de quille, pour lui donner un peu de portance, et ses flotteurs implantés assez haut, de telle manière qu'ils ne touchent pas l'eau en navigation rapide. Car, la vitesse reste un objectif important pour la clientèle d'Outre-manche. De ce point de vue, le Ribcraft assure l'essentiel avec 44 nœuds en pointe. Il reste 25 chevaux de plus sur la fiche technique, pour ceux qui voudraient à tout prix se rapprocher des 50 nœuds…
Mais, cette vitesse respectable n'est pas l'atout majeur de ce semi-rigide sportif. Son attitude sur l'eau, son "toucher de mer", fait tout le sel de sa personnalité, qui incite immédiatement à se lancer à l'attaque des vagues. Ce que nous faisons, quittant l'abri de Beg Meil où l'on a pu faire les mesures dans de bonnes conditions, pour affronter la houle grossissante vers le large (plus ou moins un mètre). C'est là que le Ribcraft donne toute la mesure de son talent. Sautant d'une crête à l'autre sans se départir de son équilibre, se réceptionnant en douceur sur le tiers arrière, exploitant bien la remise de gaz pour repartir à l'assaut de ces tremplins liquides. Son équilibre est satisfaisant quel que soit l'angle d'attaque choisi. Avec mer pas le travers, à pleine vitesse, il convient tout de même de le contrôler en jouant de la barre et en retouchant le réglage de trim. On avait noté, d'ailleurs, lors des mesures de vitesse qu'il avait tendance à rouler un peu avec un trim très positif, malgré un montage moteur à + 1 cm de hauteur et 2,54 cm (soit un pouce) décalé sur tribord (pour contrer l'effet de couple). Rassurez-vous, le Ribcraft reste facile à maîtriser. En virage aussi, même si l'inscription ne lui vient pas naturellement. Il suffit de réduire un peu les gaz et de braquer franchement pour déclancher la gîte intérieure et apprécier le grip et la précision de sa carène. Rude baroudeur des flots, le Ribcraft n'en soigne pas moins sa mise. Ainsi, il est possible de choisir entre différents coloris, que ce soit pour la coque ou les flotteurs. Si l'on désire une teinte autre que le blanc pour la partie polyester, il faudra payer un supplément, en revanche, pour les flotteurs, le chantier propose cinq coloris sans majoration de prix. De quoi personnaliser un tant soit peu son semi-rigide. L'agencement de son cockpit est bien en phase avec sa mission : se déplacer rapidement et en sécurité dans tout type de mer. A cet égard, il n'est pas surprenant d'y trouver quatre sièges jockey, ceux du pilote et copilote étant dotés d'un dosseret enveloppant. Mais, l'aménagement du pont se faisant à la demande, il est possible d'obtenir quatre sièges identiques. Le catalogue Ribcraft propose aussi une banquette arrière sur coffre et plusieurs types de consoles, avec siège ou sans siège sur l'avant. Sur notre bateau d'essai, ce siège biplace de console fait qu'il dispose de six vraies places assises. Des passagers peuvent aussi naviguer sur les flotteurs, en s'agrippant aux mains courantes de console et des sièges jockey.
Concernant le rangement, il n'est pas aussi généreux que sur un "familial italien" bien sûr, mais il est possible de ranger quelques affaires dans la console (malgré la batterie) et dans le socle des quatre jockeys. Le coffre à mouillage (sans passe-bout) étant intégré au plancher, le pont du Ribcraft est totalement de plain-pied. Celui-ci est en contreplaqué marine, repris en stratification sur des renforts de fond très denses, ce qui explique le poids élevé de ce 21 pieds. Pour les flotteurs, le chantier a choisi un tissu Orca de 1100 décitex (1 670 en option). Le réservoir, encastré au sein des renforts de coque, prenant la forme de cette dernière, est en inox et d'une capacité de 90, 180 ou 225 litres, au choix. Avec une motorisation proche de la puissance maxi (comme notre 175 ch) il est préférable d'opter pour 180 ou 225 litres…



photo Ribcraft 6.40 Pro


photo Ribcraft 6.40 Pro


photo Ribcraft 6.40 Pro


AU PONTON
Comme la plupart des semi-rigides anglais, le Ribcraft ne propose ni solarium, ni table, ni plates-formes de bain... Son domaine de prédilection, c'est la navigation rapide en mer formée, plus que la contemplation des mouillages baignés de soleil. De fait, son cockpit propose des sièges jockey, offrant une position assise efficace et ne prenant pas trop de place sur le plancher, afin de laisser des espaces de circulation pour des activités sportives (pêche, chasse, ski...). Ses passavants n'en demeurent pas moins étroits...




EN MER
La carène en V profond offre un bon passage en mer formée et un confort appréciable. Les flotteurs ne touchant pas l'eau à l'arrêt, le bouchain, légèrement inversé, apporte une certaine stabilité. En entrée de virage rapide, le Ribcraft ne s'inscrit pas naturellement dans la courbe, il faut un peu lui forcer la main, mais ensuite, sa quille s'accroche à la trajectoire avec une grande précision.




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