Essai BWA Sport 19 GT

De quoi séduire…

Sans pour autant signer un sans-faute, ce nouveau membre de la série Sport GT fait valoir un physique avantageux et un agencement de pont réussi à même de séduire la clientèle des familles en mal de balade côtière et de farniente dans les criques. Facile à piloter, il est proposé en package avec les moteurs Honda. Reste à bien choisir la puissance…

Texte et photos Philippe Leblond


 23 184 € sans moteur (tarif 2016)
 5.9 m
 10
 35,1 nds avec Honda 115 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 101 Mai/Juin 2014



Huitième modèle d'une série Sport et Sport GT qui s'est construite en l'espace de seulement quatre ans, le Sport 19' GT vient densifier l'entrée de cette gamme de semi-rigides conçue pour une utilisation familiale. Il prend place au-dessus de ses trois petits frères 15' (4,50 m), 17' (5,10 m) et 18' (5,50 m), mais en dessous des 20 (6,01 m), 22' ( 6,65 m), 25' (7,51 m) et 26' (7,75 m). Avec ses presque six mètres, il incarne le "coeur de marché" du semi-rigide équipé, tendance familiale. Un modèle important donc, pour le chantier milanais fondé à la fin des années 50 par Walter Breventani. La série Sport GT se signale par un plan de pont évolué en comparaison de ceux de la série Open et des Sport, qui en sont dérivés. Ainsi, celui du Sport 19 GT, comme ceux de ses grands frères, propose un siège pilote indépendant de la banquette arrière en U, qui avec ses coussins additifs latéraux, prolongeant le solarium, est la signature de cette gamme Sport GT. Par contre, la table de pique-nique prend place à l'avant, contrairement à celle du Sport GT 22, le Sport GT 26 en proposant deux, une à l'arrière et une l'avant, chose rarissime, même sur un semi-rigide de 7,75 m.
Avec sa silhouette sobre et bien équilibrée (hiloires et delphinière discrets), ses flotteurs biton, gris et blanc (une option à 500 euros), le Sport 19 GT exerce un réel pouvoir de séduction qui tient également à son agencement de cockpit harmonieux. Ajoutez un bon niveau de qualité perçue (gel-coat blanc impeccable, coupe et collage des flotteurs Hypalon sans ratures, sellerie à cellules fermées gris pâle, inox brillants) et le coup de cœur n'est pas loin… On peut néanmoins regretter l'échelle de bain apparente et le volant façon barre à roue, un peu désuet. Autre point fort : le volume de rangement, avec de grands coffres, à l'image de ceux de la poupe et de la proue, auxquels il convient d'ajouter des rangements secondaires, sous l'assise du leaning-post ou dans le bas de la console, sans oublier le bac étanche, contremoulé en bordure du coffre avant. Appréciable aussi, la circulation à bord, facilitée par deux larges passavants, mais aussi autour du poste de pilotage (sauf lorsque les extensions pour les bains de soleil sont en place), et vers les deux plates-formes de bain intégrées, lorsque le dossier de la banquette est abaissé.
En fin de compte, peu de critiques à adresser à cet aménagement qui fera de ce semi-rigide un solide allié pour mouiller en confort dans les criques de vos rêves. A l'heure de l'apéro, vous apprécierez la table qui se dresse à l'avant, en un tournemain, pour accueillir quatre convives (six en s'asseyant aussi sur les flotteurs). Cette table n'est autre que la rallonge du solarium avant. Par contre, il est permis d'adresser une remontrance à la position de pilotage. Le siège est un peu trop près de la console, laquelle ne comporte pas de retrait au niveau des genoux (attention en mode saut de vague !). Par ailleurs, les barreurs de haute stature trouveront que les commandes sont placées un peu bas.
C'est avec une carène légèrement sale que ce Sport 19 GT est passé entre nos mains. Ce qui explique sans doute, en partie, la vitesse de pointe un brin décevante obtenue lors de cet essai : 35,1 nœuds. L'hélice, au pas un peu court, si l'on s'en réfère au régime maxi (6 200 tr/min), légèrement au-dessus de la plage du motoriste (4 500 à 6 000 tr/min), est sans doute aussi partie prenante dans cette perf en demi-teinte. Dans des conditions optimales, cet ensemble devrait être capable d'atteindre 38 ou 39 nœuds. Reste que ce petit surrégime n'est pas perdu pour tout le monde, puisqu'il favorise les accélérations qui sont, pour le coup, très convaincantes avec, notamment, un chrono de déjaugeage ébouriffant (2"7 !), ce malgré un cabrage marqué. De quoi opter pour une hélice de 19", sans craindre la chute de tension… Concernant les rendements moteur, nos estimations livrent, malgré ce manque relatif de vitesse, une valeur flatteuse à 3 500 tr/min avec 1,36 milles pour un litre consommé. Mais, avec à peine 17 nœuds, l'allure de croisière est un peu "plan-plan". Ici encore, avec une carène propre et un choix d'hélice affiné, on devrait obtenir un surcroît de vitesse, sans alourdir le "bilan carbone".

Au plan du comportement, le Sport 19 GT, montre un visage plus sage que ne le laisse supposer son sigle, emprunté à l'automobile de sport. Avec 115 chevaux, sa prise en main est facile. Le pilote prend rapidement confiance, d'autant que la stabilité latérale au régime maxi est imperturbable, y compris avec une bonne louche de trim positif. Avec la mer par le travers, la stabilité de cap demeure rassurante, et avec mer de face, le 19 GT s'en tire plutôt bien, sans vraiment révéler des dispositions sportives. On aimerait bien le voir à l'œuvre avec 135 chevaux, voire 150 (la puissance maxi autorisée)… A régime modéré (jusqu'à 4 000 tr/min), on apprécie le faible niveau sonore du 4-cylindres japonais. Par contre, en virage rapide, il conviendra de rester vigilant, car le BWA a tendance à donner des "coups de carres", du fait d'une gîte inconstante, obligeant les passagers à bien se tenir, d'autant que même lorsqu'on referme le virage, l'hélice ne ventile pas et relance énergiquement en sortie. Gentil sur les gaz, donc…



photo BWA Sport 19 GT


photo BWA Sport 19 GT


photo BWA Sport 19 GT


photo BWA Sport 19 GT





Conclusion
Ce semi-rigide est un joli bateau de jour de moins de six mètres, capable de dispenser un confort de bon niveau, surtout au mouillage, ou ses deux grands bains de soleil et son carré seront appréciés, assurément. Malgré une vitesse maxi en retrait, pour les raisons exposées ci-dessus, le Sport 19 GT devrait être capable de belles performances en optant pour le Honda BF135. Puissance qui devrait aussi le rendre plus vivant à piloter, sans trop impacter le coût de fonctionnement (même cylindrée que le 115).




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