Essai BWA Sport 22 GT

Espace et convivialité

Fleuron de la gamme Sport du chantier italien, le 22 GT convainc par son tempérament marin hors pair, 
son allure et sa réalisation soignée. Convivial au mouillage et apte à affronter la mer formée en sécurité, 
il reste d'une taille facile à transporter et échappe à la taxe annuelle appliquée aux plus de sept mètres.

Texte et photos Jacques Anglès


 28 525 € sans moteur (tarif 2016)
 6.75 m
 13
 35 nds avec Suzuki 140 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 103 Septembre/Octobre 2014



Longtemps classé parmi les chantiers italiens de premier plan, BWA s'était quelque peu fourvoyé à la fin des années 2000 en multipliant les variations décoratives (Gold puis Platinum) et se hasardant sur les sentiers d'un design démonstratif mais peu convaincant avec la série HP. Si celle-ci reste au catalogue, le chantier a recentré ses efforts sur une gamme Sport GT, plus sobre mais séduisante, qui totalise huit modèles de 4,50 m à 7,75 m. Second de cette gamme par la taille, le Sport 22 GT est un engin de belle prestance, dont le cockpit spacieux, conçu pour la balade avec un net penchant méditerranéen (deux solariums), permet d'embarquer six à huit passagers avec un bon confort.
Si l'agencement "3 zones" du cockpit semble à première vue assez classique, il bénéficie d'une largeur supérieure à celle de ses concurrents (20 cm de plus). Ce supplément de surface est mis en valeur par la conception intelligente de chaque zone. Le cockpit arrière en fournit un bon exemple : sa grande banquette en U totalise cinq à six places en navigation et, au mouillage, elle se convertit soit en coin repas très convivial, soit en solarium(la table servant aussi d'extension pour le bain de soleil). De plus, ce dernier est augmenté par deux grands coussins latéraux formant chaise longue, que l'on clipse sur les mains courantes inox. Bon point aussi pour l'assise de pilotage ajustable en deux secondes, ce qui permet de piloter assis ou debout en appui fessier avec le même confort. La visite révèle d'autres trouvailles pratiques, à l'exemple des deux grands casiers (l'un sous l'assise de pilotage, l'autre sous le capot avant), très pratiques pour garder au sec les effets personnels, ou encore les fermoirs de coffres garnis de caoutchouc anti-choc. Bref toute une série de détails qui font la différence.
La réalisation, soignée en tous points, est à la mesure du savoir-faire maison, fruit de soixante années de production. La brillance du gel-coat en témoigne, de même que la précision des moulages aux formes arrondies. La rigidité du pont et les renforts de coque généreux viennent confirmer l'impression de robustesse. Pour le flotteur, l'utilisation du Néoprène-Hypalon 1 670 décitex est de règle et les collages sont impeccables, mais on regrette le simple liston de protection périphérique et le renfort bien mince au passage de l'ancre, là où le chantier nous avait habitués à un double liston et à un chemin de chaîne en caoutchouc épais. Même réserve pour l'accastillage standard, un peu "léger" pour un canot de cette catégorie et pas au niveau de ses concurrents directs. Deux mots pour finir, sur la présentation tarifaire. En apparence, le Sport 22 bénéficie d'un gros avantage (6000 à 8 000 €) par rapport à des modèles de même niveau. En apparence seulement car l'équipement de base, réduit à sa plus simple expression, impose d'ajouter de nombreuses options souvent incluses chez d'autres, les unes obligatoires (direction hydraulique, feux de navigation, compas, pompe de cale...), les autres dédiées au confort (échelle de bain, douche, table, extensions de bains de soleil...). En fin de compte, l'avantage initial se réduit à une peau de chagrin. Reste que le bilan en statique est largement positif, qualité de fabrication et conception du cockpit en tête. Mais, plus que cette bonne impression, ce sont les sensations de pilotage qui ont fait tout le sel de cet essai. Le poste de pilotage, avec son astucieuse banquette relevable donne le choix : pilotage assis tranquille ou pilotage debout pour plus de précision. La position debout - qui a évidemment notre préférence - est presque idéale : bon appui fessier, bonne distance du volant et de la poignée de commandes, parfaite visibilité juste au-dessus du pare-brise (qui offre en outre une bonne protection), bonne lisibilité du tableau de bord. Plutôt monoplace, ce poste permet néanmoins de se tenir à deux quand les conditions sont bonnes. Côté motorisation, le 140 ch Suzuki de cet essai paraît assez sage au regard du maximum autorisé (200 ch), mais délivre pourtant d'excellentes sensations. Le déjaugeage est relativement rapide, sans cabré excessif, et le moteur prend vite ses tours. En ligne droite rapide, la carène montre une stabilité imperturbable et une belle capacité de franchissement quel que soit l'angle d'attaque des vagues. On apprécie en outre l'excellente sensibilité au trim (400 tours gagnés à pleins gaz) qui permet d'ajuster l'assiette au mieux, la stabilité n'étant jamais prise en défaut avec un excès de trim. Même franchise en courbes longues à plein gaz, où l'on ne décèle pas la moindre perte d'adhérence. Et l'accroche ne faiblit pas quand on réduit le rayon jusqu'aux virages serrés, enchaînés sans pitié en constatant qu'il faut vraiment brutaliser la carène pour déclencher la ventilation de l'hélice. Ces figures libres révèlent aussi la fermeté de la direction, notamment en sortie de virage à droite. Il faut encore ajouter un bon point à cette carène modèle pour sa capacité à planer à basse vitesse (11,5 nœuds), avec pour corollaire une large plage de vitesses de croisière. Résumons : le 140 ch convient parfaitement à une utilisation familiale, mais cette excellente carène donne envie de disposer d'un peu plus de puissance pour en tirer la quintessence, d'autant que la vitesse maxi, modeste (même si l'hélice est un peu courte), n'est pas synonyme de rendements élevés à mi-régime.



photo BWA Sport 22 GT


photo BWA Sport 22 GT


photo BWA Sport 22 GT





Conclusion :
Un bon et beau bateau assurément que ce Sport 22 GT, qui confirme le retour d'une grande marque aux avant-postes. Le cockpit très accueillant est une réussite et fourmille de détails pratiques, et le pilotage est un vrai plaisir, doublé d'une sécurité de comportement qui permet de confier les commandes à des débutants. Avec une poignée de chevaux supplémentaires, cette carène généreuse devrait se montrer encore plus fun sans compromis sur la sécurité, tant elle semble avoir de potentiel en réserve.




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Mesures