Essai BWA Sport 28 GT1 C

Coup double !

Deux carrés, deux solariums et, éventuellement, deux moteurs… Le nouveau BWA met les bouchées doubles pour séduire, et il y parvient sans détour. Son plan de pont se montre particulièrement propice à la pratique du farniente dans les criques ensoleillées, et son comportement limpide met rapidement le pilote en confiance.

Texte et photos Philippe Leblond


 60 902 € sans moteur (tarif 2016)
 8.45 m
 20
 40 nds avec Evinrude 250 ch 2T
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Paru dans le Pneumag n° 107 Mai/Juin 2015



Lancé en première mondiale au Nautic de Paris, ce 28 pieds vient se placer au sommet d'une série de neuf semi-rigides. Le Sport 28, que nous avons pu essayer en exclusivité sur le Lac Majeur, est proposé en quatre versions : GT1c (celui de notre essai) GT2c (le même en bimoteur), GT1 (avec petite console et monomoteur) et GT2 (idem en bimoteur). Autre variante, le siège de pilotage est proposé en trois configurations (glacière, réfrigérateur, strapontin). Par-delà la motorisation (voir notre commentaire plus loin) le vrai choix concerne le plan de pont. Dans le premier cas (GTc), à l'image de notre bateau d'essai, on bénéficie de commodités (WC marin, douche et petit lavabo) à l'abri de la volumineuse console, dans le second (GT), grâce à l'emprise au sol bien moindre d'une console conventionnelle, on gagne encore en aisance sur le pont, que ce soit pour les déplacements (passavants plus larges), ou en surface de bain de soleil et en capacité d'accueil sur les deux dînettes.

Pourtant notre bateau d'essai offre offre deux solariums convertibles en carrés, où il est possible de pique-niquer en deux lieux, en asseyant 12 à 14 personnes ! Sans aller jusqu'à pousser le propriétaire à naviguer en mode "boat people" (le BWA est homologué pour 20 !), ce semi-rigide à l'habitabilité remarquable, peut offrir huit à neuf vraies places assises en navigation. Et grâce à une panoplie complète de mains courantes, il est possible d'asseoir, en sécurité sur les flotteurs, quatre personnes supplémentaires. En cas de mer difficile, deux passagers pourront aussi se tenir debout à la main courante au dos du leaning-post.
Ce nouveau BWA est l'archétype du semi-rigide italien, d'abord étudié pour les plaisanciers de la Méditerranée, avec ses grands solariums, ses tables pour l'apéritif, et son pont aux coffres contremoulés qui réservent une impressionnante capacité de rangement. Les tables (qui sont aussi les rallonges des bains de soleil), les matelas et coussins trouveront facilement leur place soit dans la grande soute arrière, soit dans les deux beaux coffres de l'avant. Si cela ne suffit pas, la console-cabine (1,61 m sous barrots) peut encore engloutir un matériel encombrant. L'équipement de confort n'a pas été négligé, avec les toilettes, les deux douches, le réfrigérateur (option non montée ici) les spacieuses plates-formes de bain rapportées, ou les coussins repose-tête, de part et d'autre du solarium arrière… Et l'accastillage est au niveau des meilleurs, notamment les taquets de grandes tailles et le dispositif de mouillage. Etant le seul magazine présent sur cet essai, nous avons eu le temps d'établir deux relevés de performances, avec deux hélices différentes. Initialement équipé d'une Rebel trois pales de 15"5 x 17", le Sport 28 a signé une V-max de 39,4 nœuds sous la poussée du nouveau 250 G2 d'Evinrude. Cette marque peut sembler modeste au regard d'un tel ensemble, mais il faut nuancer cette performance en soulignant le poids élevé du Sport 28 GTc (1 730 kg sans moteur !) et le fait que l'eau douce "porte" moins que l'eau de mer. Dans un second temps, nous avons monté une RX4 quatre pales de 15" x 18" qui nous a permis d'accrocher 40 nœuds, tout ronds. Ici, le plus intéressant, ne vient pas du maigre gain en vitesse maxi, mais plutôt des rendements supérieurs obtenus sur toute la plage de régimes, avec des vitesses supérieures à régime égal, et un moteur tournant moins vite (- 250 tr/min) à pleins gaz.
Prenons par exemple le régime de référence, celui qui devrait être le plus utilisé en croisière : 4 000 tr/min. A cette allure, la RX4 propulse le BWA à 25,2 noeuds contre 22,6 avec la Rebel, avec en corollaire un rendement lui aussi supérieur (0,72 mille par litre contre 0,67). Il est vrai aussi que cette quatre pales dispose d'un pas plus long, favorable à la vitesse. Pour autant, elle fait jeu égal à l'accélération, donnant même l'impression d'un glissement plus réduit (la trois pales donne en effet la sensation d'une motricité perfectible). Avec la trois pales, le régime moteur s'envole plus vite, mais la mise en action du bateau reste la même. Autre constat, mais très estimatif en l'absence de mesures, l'impression que l'Evinrude était moins sonore avec la RX4… Pour autant, la belle sonorité de V6 deux temps de l'Evinrude n'est pas une punition pour les oreilles, loin s'en faut !
Quoi qu'il en soit, il apparaît que malgré tout son brio, le 250 ch d'Evinrude doit être considéré comme la puissance basse pour un Sport 28 dont la puissance maxi est tout de même fixée 150 chevaux plus haut (1 x 400 ou 2 x 200 ch). Ce choix de l'E-Tec 250 G2 reste cependant cohérent, à condition de ne pas trop charger le bateau. Pour notre part, nous verrions bien 300 ou 350 chevaux sur le tableau arrière, avec la garantie de franchir la barre des 45 nœuds et donc de pouvoir naviguer à 35 nœuds en croisière rapide et avec un équipage nombreux. Concernant le comportement du Sport 28 monomoteur, difficile sur les eaux impassibles du Lac Majeur de porter un jugement complet dans ce domaine. Reste que ce nouveau BWA affiche un comportement homogène et sain. La prise en main se fait avec une grande aisance, et même en ligne droite, plein gaz, ultra trimé, ou en virage braqué à fond, le Sport 28 fait preuve d'un équilibre, d'une précision et d'une docilité exemplaires.



photo BWA Sport 28 GT1 C


photo BWA Sport 28 GT1 C


photo BWA Sport 28 GT1 C


photo BWA Sport 28 GT1 C





CONCLUSION
Une silhouette élégante, une finition de belle facture, un plan de pont généreux en places assises et en aires de bronzage, une console qui a le mérite de préserver l'intimité au mouillage (WC et douche), deux carrés accueillants, il ne manque pas grand-chose à ce nouveau fleuron de la gamme Sport GT… Au vu de cet essai, peut-être une puissance moteur un peu plus élevée, lui permettant de franchir un palier en termes de performances.




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