Essai Osprey Vipermax 7.0

Offshore collectif

Réputé pour ses qualités de passage en mer difficile, le Vipermax est porteur des gênes de la course offshore. A ce titre, il délivre de bonnes sensations de pilotage, et avec son cockpit généreux en places assises il permet de les faire partager.

Texte et photos Philippe Leblond


 25 029 € sans moteur (tarif 2016)
 7.0 m
 16
 44,6 nds avec Mercury Verado 250 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 103 Septembre/Octobre 2014



Même avec une pointe de vitesse en dedans de son potentiel, le Vipermax délivre de belles sensations à son pilote. Ces dernières sont communes à la plupart des semi-rigides fabriqués de l'autre côté du Channel et reposent avant tout sur une glisse, un "toucher de mer" que l'on ne retrouve que rarement sur les semi-rigides d'autre provenance. Il y a notamment cette façon d'accélérer sans besoin de beaucoup de gaz, une fois passée la bosse de déjaugeage, caractéristique à ces coques en V profond. Avec presque 45 nœuds, pour 250 ch, la performance reste banale, surtout si on la compare aux 60,9 nœuds que nous avions obtenus, il y a deux ans avec le même bateau. Mais lors de cet essai, le Vipermax était propulsé par un Mercury Optimax 300 XS, monté sur lift et doté d'une hélice longue (23").
Le Vipermax que nous avons testé en Belgique sur le Canal Baudouin, chez Brugge Marine Center, adopte une configuration plus sage, avec un montage standard, directement sur le tableau arrière et une hélice au pas beaucoup plus court (19"). En revanche, ce dernier domine outrageusement en accélération "collant" 3"3 au déjaugeage et 2"7 de 0 à 20 nœuds au Vipermax/Optimax ! A chacun son point fort… Il n'en reste pas moins que le bon choix d'hélice serait sans doute un moyen terme, sous forme d'une 21", afin de combiner au mieux vitesse et accélération. Ainsi, le Vipermax/Verado pourrait se rapprocher des super vitesses de croisière du Vipermax/Optimax (32 nœuds à 3 500 tr/min et 43,8 nds à 4 500 tr/min). Certes, il y a 50 chevaux d'écart et le montage "sport", mais rendez-vous compte qu'à 1 450 tr/min de son régime maxi (5 950 tr/min), le Vipermax/Optimax va quasiment aussi vite que le Vipermax/Verado à plein régime !
Par contre, en termes de confort de pilotage, il n'y a pas photo entre les deux bateaux essayés. Si le Vipermax/Optimax était vraiment délicat à piloter à l'approche du régime maxi, le Vipermax/Verado est d'une prise en main facile jusqu'à pleins gaz. Même trimé "à bloc", son équilibre et sa tenue de cap restent imperturbables. Mais, impossible de goûter à ses qualités de "franchisseur", l'eau du canal de Bruges restant désespérément calme, à l'exception de sillages bien trop petits pour mettre à l'épreuve une telle carène. Reste le plaisir des virages appuyés, à pleine vitesse. Et pour virer sur la largeur du canal, il faut une carène qui assure. C'est le cas de celle du Vipermax qui, si elle manque un peu de spontanéité en entrée de virage, s'incline franchement ensuite pour tracer une trajectoire au scalpel, avec une accroche sans faille et une précision d'offshore de compétition. La relance en sortie est d'autant plus énergique que l'hélice à pas court conserve intacte sa motricité !
De retour à quai, la visite détaillée peut démarrer. Le plus frappant, c'est le nombre de vraies places assises proposées par l'Osprey : neuf, dont sept en arrière de la console ! En promenade, dans le petit clapot, pas de problème pour les utiliser toutes. Par contre, en pilotage sportif, il vaudra mieux se contenter des quatre sièges jockey à dosseret enveloppant. Rappelons au passage que le chantier propose un aménagement du cockpit sur mesure, avec plusieurs types de consoles et de sièges (leur nombre est laissé libre).
Il est aussi possible de choisir la capacité de son réservoir d'essence, de 85 à 440 litres. Parmi les accessoires proposés figurent aussi le mât de ski, un râtelier pour bouteilles de plongée et même un solarium ! Par ailleurs, il est aussi possible de choisir ses coloris, tant pour les flotteurs Orca (supplément de 3% pour le "Fabric Impression" ou le "Carbon") que pour le gel-coat de la coque, du pont et des accessoires. Ce semi-rigide à la carte se signale par une construction particulièrement robuste, ce qui explique son poids élevé, mais mais la finition donne parfois dans la facilité…



photo Osprey Vipermax 7.0


photo Osprey Vipermax 7.0


photo Osprey Vipermax 7.0


photo Osprey Vipermax 7.0


Au ponton :
Les places assises sont de qualité, que ce soit sur les jockeys, dont la main courante de dossier offre une bonne prise au passager situé derrière, ou sur les deux banquettes à assises et dossiers ergonomiques. Tous ces sièges disposent de rangements précieux (et secs), dans la mesure où il n'y a pas de coffre avant, hormis la baille à mouillage. Bien également, la position de conduite et le tableau de bord, suffisamment spacieux pour intégrer le Vessel View de SmartCraft et éventuellement un autre écran (combiné GPS-sondeur). La main courante pour le copilote et le vide-poches, fermant à clé, n'ont pas été oubliés. L'antidérapant projeté sur le plancher est efficace à défaut d'être esthétique. Le dispositif de mouillage mérite aussi une bonne note (bitte d'amarrage, guide, couvercle avec passe-bout), mais il manque de quoi maintenir le capot ouvert.




En mer :
Pas de mer pour notre bateau d'essai, mais le Canal Baudouin. Pas de vagues, donc, pour apprécier la carène de l'Osprey réputée pour son confort et son agilité dans les conditions difficiles. Par contre, beaucoup de plaisir à mener ce semi-rigide docile, précis et réactif. La vitesse de pointe est un peu décevante, mais il faut relativiser, car ainsi équipé l'Osprey est assez lourd (on aurait bien aimé un Verado ou un Optimax 300 !) et son moteur était monté avec une hélice à pas court, lui donnant en contrepartie un sacré punch ! Sa tenue en virage, même plein gaz est un réel plaisir et nous a permis de nous réchauffer tandis que le thermomètre affichait – 1°. Malgré une V-max relativement modeste, le Vipermax a tout de même signé de beaux rendements aux allures de croisière avec 0,86 m/l à 3 500 tr/min et 0,64 m/l à 5 000 tr/min. A 27 nœuds, il dispose d'une autonomie de 170 milles. Celle-ci peut être doublée à l'aide d'un second réservoir !




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