Essai Sealver Boat Wave Boat 626 RIB

L'attrait du deux-en-un

Produit par un chantier landais, ce semi-rigide pas comme les autres réussit le tour de force de réunir deux engins en un seul, puisque sa propulsion est assurée par une moto marine. Les deux étant dissociables, il est possible de s'éclater en jet, sans priver la famille d'une sortie en mer !

Texte et photos Philippe Leblond


 14 892 € (PVC) 18 319 (CR/CSM) sans l'hydrojet (tarif 2016)
 6.26 m
 10
 39,3 nds avec Waverunner 210 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 108 Juillet/Août 2015



Le tour de passe-passe s'effectue en deux temps trois mouvements. Il suffit d'ôter les deux sangles à enrouleurs qui maintiennent le jet dans les rails latéraux de la coque, et de mettre un bon coup de marche arrière pour libérer le Yamaha Waverunner et partir pour une session de runs endiablés. Ce dernier, qui développe 210 chevaux à plus de 7 000 tr/min, sert à la fois de propulseur pour le bateau et de moto aquatique pour le ou les amateurs de "pilotage turbine". Lorsque le jet propulse le semi-rigide, il est considéré comme un navire à moteur et peut évoluer jusqu'à six milles au large, mais dès qu'il reprend sa liberté pour des évolutions à distance de son bateau "mère", il est soumis au règlement qui touche les motos marines et ne doit pas s'éloigner à plus de deux milles d'un abri. Ce qui laisse tout de même suffisamment de liberté pour s'amuser…
Disons-le tout de suite, notre essai ne s'est pas complètement déroulé de manière optimale, le constructeur nous signalant que l'hélice de la turbine était en fin de vie. Les performances obtenues doivent donc être considérées comme assez éloignées du vrai potentiel de ce nouveau Wave Boat 626. D'autant, qu'il est possible de lui associer une moto aquatique bien plus puissante (290 ch maxi). Effectivement, nous n'avons pas pu accrocher les 40 nœuds, devant nous contenter de 39,3 nœuds, alors que nous avions signé un retentissant 49 nœuds avec le Wave Boat 575 RIB, son petit frère (voir Pneu Mag n°91), plus léger de 100 kg il est vrai, mais doté du même propulseur et affublé d'un T-top. Les accélérations aussi ont été moins brillantes, même si passé le délai de remplissage de la turbine, le jet pousse très fort. Malgré ces quelques nœuds qui manquent à l'appel, il est tout de même possible d'adopter des allures de croisière élevées, avec un rythme naturel qui s'établit autour de 22-25 nœuds. A ce régime, la sonorité de la turbine se fait moins ronflante et les qualités marines de la carène surprennent, notamment en termes de confort : les 50-60 cm de clapot du Perthuis rochelais ne parviennent pas à troubler le confort du Wave Boat.
Aux commandes, on retrouve les mêmes sensations qu'avec le 575. C'est-à-dire, davantage l'impression de naviguer sur une moto marine que sur un bateau, même si l'homogénéité de l'ensemble ne prête pas le flanc à la critique, du fait de la rigidité de l'assemblage jet/bateau. Le fait d'enfourcher la selle et d'actionner la gâchette qui sert d'accélérateur a quelque chose d'exotique, avec cette coque – comme une excroissance - que l'on pousse devant soi. Mais, la maniabilité en navigation reste excellente, et l'on prend plaisir à enchaîner les courbes amples ou les virages serrés, même si la vivacité est moins saisissante qu'à bord du 575. Le plus bluffant, c'est l'efficacité du trim qui parvient, comme avec un moteur hors-bord, à soulager l'avant de la carène. Celle-ci défléchit efficacement, et l'on regagne le port sans une goutte dans le cockpit.
Depuis l'essai du 575, le produit a évolué, comme l'avait promis le directeur de Sealver, Patrick Bardon. Les flotteurs ne sont donc plus fabriqués en Chine et seulement avec du PVC, mais à La Rochelle, chez Discov'Rib. Résultat, le tissu vient de chez Pennel & Flipo et l'acheteur peut ainsi choisir sa couleur au sein du riche nuancier Orca. Il est donc possible d'opter pour deux coloris différent pour les tubes et les patches graphiques afin de les marier à son goût avec le gris argenté de la sellerie. Le diamètre des flotteurs passe aussi de 50 à 55 cm pour une meilleure résistance à la charge et une stabilité accrue. Le gonflage se fait via quatre valves de surpression. Pour bien résister à la poussée d'un jet de 290 chevaux, le tableau arrière qui ceint la proue du Waverunner a une épaisseur de 30 mm et la coque intègre des renforts de mousse stratifiés. Outre son grand coffre avant gel-coaté, le cockpit offre la possibilité de dresser une petite table ovale à l'heure du pique-nique, un arceau équipé d'un bimini venant l'ombrager. Ces accessoires sont toutefois proposés en option.



photo Sealver Boat Wave Boat 626 RIB


photo Sealver Boat Wave Boat 626 RIB


photo Sealver Boat Wave Boat 626 RIB


photo Sealver Boat Wave Boat 626 RIB


En mer
Rien qu'avec le Waverunner FX SHO de 210 chevaux, le rapport poids/puissance du Wave Boat 626 RIB est assez exceptionnel (3,5 kg/ch). Alors, avec un jet de 290 ch ! Reste que le Yamaha de notre essai est un bon choix, car pour l'avoir vu à l'œuvre en pleine possession de ses moyens sur le 575 (sans le problème d'hélice rencontré ici) il devrait suffire amplement à assurer un pilotage ludique et des performances de choix sur le 626 (Patrick Bardon parle d'une V-max de 44 nœuds). Même avec une hélice en berne, cet ensemble procure de bonnes sensations et un pilotage attractif. Mais là-dessus, nous n'avions pas de doute… La bonne surprise vient surtout de la cohérence du comportement en tant que semi-rigide familial, avec une stabilité impeccable à haute vitesse et un confort dans le clapot que l’on n’attendait pas à ce niveau, le V de carène étant plutôt ouvert.




Au ponton
Parmi les options proposées par le chantier, on trouve aussi des supports pour wake-board. Ceux-ci viennent se fixer sur l'armature du T-top ou du roll-bar qui maintient le cabriolet. La table et son pied colonne en alu trouvent place dans le généreux coffre avant. Ce dernier sert de plate-forme au solarium dont les dimensions permettent à deux ou trois passagers de se dorer au soleil. Par contre, les apparaux de mouillage se limitent à leur plus simple expression : une petite baille et un taquet coinceur, sans guide pour la ligne… On ne trouve pas non plus d'échelle de bain, mais il est possible de remonter facilement à bord, soit en passant par le Waverunner, soit en utilisant les rebords de coque lorsqu'il n'est pas en place. Le chantier Sealver a abandonné les bouchons d'extrémité des flotteurs en forme de marches du 575, qui n'étaient pas des plus pratiques…




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