Essai Adventure V550

La simplicité aussi a du bon

Ce semi-rigide ukrainien sans prétention va à l'essentiel, démontrant qu'il existe d'autres voies que la course à l'armement. Léger, facile à transporter et à mettre à l'eau, il est une invitation au nomadisme côtier. Sa présentation soignée et ses performances dynamiques font aussi partie de ses atouts. A condition de ne pas trop motoriser !

Texte et photos Philippe Leblond


 8 690 € sans moteur (tarif 2016)
 5.4 m
 10
 33,5 nds avec Suzuki 70 ch / 40,2 nds avec Suzuki 90 ch

Suzuki-gif-540x145
Orca-logo_rvb

Paru dans le Pneumag n° 107 Mai/Juin 2015



Elle a beau venir d'un pays de l'Est, elle sait parler aux gens de l'Ouest ! Importée par Jet Marine, basé à Brest, la marque Adventure fait valoir des semi-rigides bien en phase avec le concept originel : légers mais aptes à supporter la charge, dynamiques mais sans besoin de recourir à une forte puissance, présentant bien mais sans envolée tarifaire… Bref, des pneumatiques qui collent bien au programme des utilisateurs de Manche et d'Atlantique. Le V550 est l'un des quatre modèles actuellement distribués en France. Ses trois frères sont les V450, V500 et V650 dotés, comme lui, d'une coque en polyester ceinte d'un flotteur en PVC Valmex de chez Melher Texnologies. Un bon point pour ce chantier d'Ukraine : l'ajout de valves de surpression pour éviter les dommages éventuels dus à une montée soudaine de la température estivale.
La forme des flotteurs est classique, avec un assemblage en sections verticales, pas aussi esthétique que celui "dans la longueur" des Italiens, et des extrémités coniques. Les saisines en cordelette tressée offrent une bonne prise en main, mais auraient pu être prolongées jusqu'à l'arrière… Par ailleurs, le gel-coat présente un aspect soigné, avec un brillant uniforme. Bref, la construction d'apparence simple mais sérieuse, s'accompagne d'une finition attentive. Reste à savoir si le réservoir et la console qui le contient, collés sur le pont (la console comporte de rares vis), résisteront dans le temps aux impacts imposés par la mer…
Autre point d'intérêt sur ce V550, la facilité des déplacements sur le pont, grâce à un cockpit de plain-pied et au décalage de la console sur tribord. Mieux vaut un seul passavant large que deux étroits. Par ailleurs, ce déport de poids à droite permet de contrer l'effet de couple imprimé par une hélice pas à droite et qui peut être sensible sur des bateaux légers, comme celui-ci. Il est donc aisé de se rendre jusqu'au coffre à mouillage, dont le couvercle est opportunément percé d'un passe-bout. En revanche, il est dépourvu de fermoir pouvant être verrouillé. Il en va de même des autres coffres (sous la console basculante et la banquette arrière), et il est dommage de ne pouvoir laisser quelques affaires à bord sans arrière pensée. Pour ce qui est de la position de conduite, elle est plutôt agréable, que ce soit assis ou debout, grâce à un espace raisonnable entre la console et le siège biplace de pilotage. Notez la présence d'un siège moulé sur l'avant de la console, renfermant un coffre dont l'ouverture se fait sur l'axe latéral. Bien vu ! Ce siège outre le rangement et la place assise qu'il dispense (un adulte ou deux enfants), va s'avérer utile pour atténuer le cabrage très prononcé lors des phases d'accélération.
Nous avons pu essayer ce V550 avec deux puissances différentes, même s'il s'agit du même bloc quatre cylindres en ligne, partagé par les DF70 et DF90 Suzuki. Il va donc sans dire que le rapport poids/puissance du V550 équipé du 90 ch est sensiblement meilleur. Précisons tout de suite, que nous avons rencontré un dysfonctionnement avec le DF70 (course du câble d'accélération) qui est resté 1 000 tr/min en dessous de son régime maxi (5 000 contre 6 000 tr/min). Difficile, dès lors, de tirer des conclusions définitives sur le choix à faire entre ces deux motorisations… Ce que l'on peut dire, c'est que dans les deux cas, le déjaugeage est pénalisé par le cabrage très prononcé à l'accélération, surtout lorsque les deux passagers occupent la banquette arrière. Nous avons pu améliorer sensiblement les chronos en plaçant une personne sur le siège devant la console (4"3 au lieu de 5"8 avec le DF70, 2"9 contre 3"4 avec le DF90). Possédant la même cylindrée que le DF90, on peut imaginer qu'un DF70, en pleine possession de ses moyens, pourrait accrocher les 35-37 nœuds en V-Max, le DF90 ayant obtenu 40,2 nœuds ! Dans les deux cas, le V550 s'avère vivant à barrer, ne rencontrant des problèmes de stabilité qu'avec le DF90, lors de l'accession au régime maxi, sous l'action du trim. Ce qui nous laisse penser que monter un 115 ch sur ce semi-rigide de 290 kg confine à la déraison ! Sauf, peut-être, à naviguer ultra chargé…



photo Adventure V550


photo Adventure V550


photo Adventure V550


photo Adventure V550


AU PONTON
De nos deux bateaux d'essai, le modèle le plus récent est celui qui présente des flotteurs biton : gris et noir. C'est donc ce graphisme, plus dynamique, qui est en vigueur sur le V550 tel qu'il est actuellement produit. Pour le reste, nos deux exemplaires étaient identiques, sinon deux réservoirs d'essence de capacité différentes : 42 litres pour le DF70 et 62 litres pour le DF90. Concernant l'aménagement du cockpit, Adventure propose une banquette triplace (420 €) ou un leaning-post en lieu et place du classique siège-coffre, moyennant 1 290 €. Il est également possible de "craquer" pour le bain de soleil gonflable, en échange de 460 €. Le davier en polyester planté sur le nez du bateau fait partie, comme la console et le siège, de la dotation standard.




EN MER
Tel quel, même avec un DF70 diminué, le V550 est plus plaisant à barrer et délivre un pilotage plus serein qu'avec le DF90 qui, lorsqu'on est deux à bord, est en limite de surmotorisation. Cela se traduit par une amorce de roulis à partir de 5 500 tr/min, et il faut faire preuve de doigté pour l'emmener jusqu'à 6 100 tr/min… En courbe, les deux bateaux se montrent vifs et affichent un bon grip, mais sans quasiment prendre de gîte intérieure. Il convient donc de bien se tenir dans le cockpit ! On note par contre un décrochement systématique de l'hélice, lorsqu'on ressert le rayon de braquage avec du gaz. Concernant le confort dans le clapot, difficile de se faire une idée car la mer était vraiment calme… Par contre, ce dont on est sûr, c'est que le V550 est très agréable aux allures de croisière, entre 3 000 tr/min et 4 500 tr/min, avec une sonorité mécanique discrète et des rendements que l'on peut, même en l'absence de mesures de conso, deviner excellents.




02
03