Essai Capelli Tempest 850 Open

Coup de soleil

Doté d'une surface de pont XXL, le Tempest 850 affiche clairement ses attirances pour un programme méditerranéen : deux vastes solariums dont un convertible en carré, une voie royale vers l'échelle de bain, des volumes de rangement au-delà du nécessaire. Bref, de quoi accueillir ses nombreux amis à bord pour une balade couleur azur. éblouissant !

Texte et photos Philippe Leblond


 105 620 € avec Yamaha 350 ch 4T (tarif 2016)
 8.5 m
 18
 47,2 nds

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Paru dans le Pneumag n° 71 mai/juin 2009




Si l'on imagine ce Tempest voguant sous l'azur sudiste, chargé d'un équipage joyeux et dénudé, notre essai, lui, ne s'est pas déroulé dans ce décor idyllique. En fait, c'est une pluie battante qui a rythmé notre sortie dans le Perthuis rochelais, à l'occasion du Grand Pavois. En l'absence de vent, une houle résiduelle d'un bon mètre, nous a permis de juger des qualités dynamiques de ce grand semi-rigide qui se destine surtout à mouiller dans les calanques turquoise, ou à beacher sur le sable chaud de Côte d'Azur ou de Corse. Test intéressant, car il est patent que le chantier Capelli a planifié ce bateau pour un mariage "arrangé" avec le terrible Yamaha de 350 ch. En dépit de ses mensurations délirantes et de son poids de sumo (373 kg !), le seul hors-bord V8 de la production mondiale prend facilement place sur le tableau arrière du Tempest (angle à 60°), prévu pour une puissance maximale de 400 ch, en bimotorisation avec deux F200.



La sortie du port se fait sans encombre, malgré le ballet incessant des bateaux d'exposition. Le feulement discret du V8, l'absence de fumée et de vibrations, nous permet de raser les pontons en toute discrétion. De plus, la commande électronique peut caler le régime en mode "traîne", un raffinement qu'apprécieront sans doute les amateurs de cette pêche. Maintenant, que la balise Richelieu est dans le rétro, on va pouvoir accélérer… Poussée à la fois dantesque et voluptueuse du V8 nippon, le couple maxi phénoménal étant disponible dès 2 000-3 000 tr/min. Résultat, les plus de deux tonnes de notre Tempest jaillissent hors de l'eau en à peine trois secondes… Ah, pour pousser, ça pousse ! La noble sonorité du V8 accompagne l'aiguille du compte-tours jusqu'à 6 000 tr/min, sans faiblir, tandis que notre GPS affiche 47,2 nds.

Il sera difficile de faire mieux, car le restant de houle impose une certaine retenue en matière de trim positif. Il n'est même pas évident qu'il fassent beaucoup mieux avec deux F200, malgré les 50 chevaux supplémentaires… Mais, plus que cette V-max, l'intérêt de ce mariage avec le F350 tient dans sa facilité à hydroplaner à seulement 11,6 nds (2 200 tr/min) et dans la délivrance du meilleur rendement à 3 500 tr/mn, soit 23,8 nds, vitesse de croisière idéale pour un équipage qui tient à son confort. à 4 500 tr/min, soit à 33,3 nds, en croisière rapide, on parcourt encore plus d'un demi-mille par litre consommé. à côté de ces performances élogieuses, le Tempest 850 affiche un comportement marin sans faille. L'équilibre longitudinal dans les sauts est impeccable, et l'on ne décèle aucun marsouinage ni coup de raquette, quel que soit le réglage du trim. Précis et incisif en courbe, le Tempest 850 surprend par sa maniabilité. Un vrai vélo ! La gîte intérieure marquée permet de virer "dans un mouchoir", sans déclencher de ventilation. Et, les reprises sont un régal, d'autant que la commande de gaz électronique du Yamaha est bien plus réactive et agréable à manier que la DTS des Verado. Avec leur proue bien arrondie, les Tempest offrent un supplément de surface de pont appréciable. C'est d'autant plus vrai sur le 850, qu'avec le pont avant surélevé par la présence de la cabine et des immenses coffres, le matelas du solarium gagne encore un peu de largeur. La surface de farniente est donc majorée et, elle peut l'être davantage avec la transformation des deux banquettes de poupe (option). Pas de bagarre en perspective pour la séance bronzette, tout le monde aura sa place !

Quand on dit tout le monde, on ne parle pas des 18 passagers autorisés par le constructeur. Disons que six à huit personnes peuvent voyager dans le plus grand confort à bord du Tempest 850, qui possède, avec le 900 et le 1000, deux frères encore plus spacieux. L'équipage pourra dès lors goûter au plaisir de partager la dînette arrière, se succéder sur les plateformes de bain, avec dessalage à la douche de pont, lire ou bronzer sur le sundeck… Sans oublier, la possibilité qu'offre la console-cabine avec son WC marin, de satisfaire une envie pressente. Ce petit abri contient également un frigo, pour tenir l'apéro au frais, mais pas trace d'une couchette, la configuration ne s'y prêtant pas. C'est l'un des seuls reproches que l'on pourrait adresser à la conception de ce Tempest, avec la relative étroitesse des passavants de chaque côté de la console, et la différence de niveau importante entre le cockpit et le pont avant… Car, pour le reste, Capelli a fait du bon boulot. Le poste de pilotage est bien étudié : console rapprochée pour le boîtier de commandes, volant vertical, cale-pieds et leaning-post à bonne hauteur. Le tableau de bord, pour sa part, réserve une place de choix pour encastrer la centrale de navigation. Le passage vers l'échelle, via un portillon, assure des déplacements faciles à l'heure de la baignade, et l'on note la présence chaleureuse du simili teck sur les plates-formes et les plats-bords. L'arceau en polyester supporte les feux de navigation et permet de fixer le taud de soleil. Quant au mouillage, il est assuré par un guindeau électrique encastré, l'ancre restant à poste sur le davier. Un mot pour terminer sur la qualité de présentation, remarquable à tous égards. La stratification ne laisse apparaître aucun défaut malgré la complexité des moules, et le brillant du gel-coat impose les lunettes de soleil. L'inspection des fonds révèle un montage soigné des différents organes et un puissant varangage. La sellerie est impeccable et l'accastillage inox fait aussi bonne figure. Assemblé avec soin, le tissu Orca, couleur tilleul, est protégé sur sa périphérie par une épaisse bande de ragage, à la pose irréprochable. Bref, le Tempest 850 peut défiler dans les marinas les plus huppées sans faire de complexes.



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photo Capelli Tempest 850 Open


photo Capelli Tempest 850 Open


photo Capelli Tempest 850 Open





CONCLUSION
Le mariage de ce grand semi-rigide avec le plus puissant des Yamaha est une réussite, tant au plan des performances que du comportement, homogène et sécurisant. Le plan de pont réserve de belles heures en perspective aux amateurs de farniente collectif. Par contre, eu égard à la place que prend la volumineuse console, on s'attendait à trouver une possibilité de couchage (camping côtier). Une vraie-fausse cabine en quelque sorte… Le Tempest 850 n'en demeure pas moins une belle unité.




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