Essai Capelli Tempest 650 Open

Le modèle de la raison

Le manufacturier italien a beau viser les hautes sphères du semi-rigide, avec un 44 pieds qui sera dévoilé dans quelques jours au Salon de Cannes, il n'en n'oublie pas pour autant de consolider son coeur de gamme. Ce nouveau 650 Open en est le parfait exemple : cockpit spacieux, confort au mouillage, performances élevées. Bref, de quoi séduire.

Texte Philippe Leblond - Photos Philippe Leblond et Yamaha Motor France


 42 040 € avec Yamaha 175 ch 4T (tarif 2016)
 6.5 m
 12
 40,5 nds avec Yamaha 150 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 91 Septembre/Octobre 2012



On peut s'étonner de constater que malgré l'arrivée sur le marché du Tempest 650, le Tempest 626 soit maintenu au catalogue… Il est vrai que ces deux modèles sont très proches (même largeur extérieure, plans de pont similaires), mais le constructeur italien a voulu continuer d'exploiter les ventes du 626, certes en déclin, mais encore consistantes, tout en offrant une référence supplémentaire entre 6 et 7 mètres, segment de cœur de marché où sévit une sévère concurrence. Ce que le 650 propose en plus, c'est une surface de cockpit majorée grâce, d'une part à ses 25 cm de longueur en sus, et d'autre part, à un diamètre dégressif de ses flotteurs dans la partie avant, au profit du solarium. Par ailleurs, la banquette arrière a été redessinée afin de laisser un passage plus commode vers la plate-forme arrière, notamment pour la baignade. Enfin, les flotteurs ont été implantés un peu plus haut sur la coque, afin de réduire la surface de contact avec l'eau, pour d'obtenir de meilleures performances. Voilà pour les objectifs de ce nouveau semi-rigide qui, comme ses aînés, offre une belle qualité de réalisation (conception habile, construction robuste, finitions soignées) qui se voit au premier coup d'œil, que ce soit avec la partie polyester, uniforme et brillante, ou les flotteurs en tissu Orca, proprement assemblés.
Pour ce qui est du solarium, pas de doute, le but est atteint, avec 228 x 135 cm au lieu de 190 x 130. Par contre, le siège devant console que proposait le 626 n'est plus là. Et comme le passage, instauré à bâbord de la banquette arrière supprime aussi une place, le nombre de vraies places assises se voit amputé de deux unités. Il n'en reste plus que quatre. Heureusement, les flotteurs qui forment un creux important avec le plancher offrent potentiellement plusieurs places assises en supplément, les passagers pouvant s'agripper à la main courante de console (dommage qu'il n'y ait pas aussi des poignées sur les flancs du leaning-post !). Notons tout de même une légère augmentation des passavants et une circulation plus fluide de la poupe à la proue, ainsi qu'une silhouette gagnant en finesse. La tablette en teck qui se déploie au dos du siège pilote, suffit à accueillir quatre à cinq personnes pour pique-niquer à l'ombre du cabriolet fixé sur le roll-bar (option).
Pour ce qui est du rangement, le 650 sait se montrer généreux. On trouve à l'arrière et à l'avant deux grandes cales dont les couvercles sont équipés de vérins à gaz pour en faciliter l'ouverture, et qui viennent reposer sur de petits silentblocs (on aurait préféré des joints de caoutchouc) pour atténuer les chocs en navigation. Précisons que le volume de stockage du coffre avant est un peu moins important du fait de la présence d'un réservoir d'eau douce en Polypropylène alimentant la douche de pont. Mais, on trouve aussi de la place dans le leaning-post et la console qui proposent des coffres secs pour les effets de l'équipage. Un mot aussi sur le poste de pilotage, pour saluer la bonne position en appui fessier debout, sur le leaning-post biplace. Pour piloter assis, les commandes sont un peu distantes, mais cela reste faisable. On peut néanmoins regretter que Capelli ne propose toujours pas de console avec façade arrière concave, pour épargner les genoux lorsque les conditions de navigation sont remuantes. Le tableau de bord, bien abrité par le pare-brise haut et légèrement enveloppant, s'avère simple, mais il est possible d'y intégrer une centrale de navigation, en plus du compas et des cadrans moteurs déjà installés.
Pour ce qui est d'augmenter les performances en diminuant la surface mouillée des flotteurs, nos mesures n'ont pas permis de valider cet objectif. Si l'on établit une comparaison avec l'essai que nous avions fait du Tempest 626 en 2007 (Pneu Mag n°60), nous sommes même loin du compte… Avec le même Yamaha F150, nous avions obtenu 43,8 nœuds ! Le Tempest 650 (40,5 nœuds) a néanmoins quelques handicaps à faire valoir : un moteur sortant du carton, une température atmosphérique plus élevée et surtout une hélice moins longue (17 pouces au lieu de 19), sans parler de l'état de la mer, moins favorable cette fois-ci. Il est vrai aussi que le nouveau Tempest est donné 40 kg plus lourd… Bref, les deux bateaux ne doivent pas être loin de se valoir au plan de la vélocité, à conditions égales.
Lors de notre essai en Baie de Cavalaire, le coup de vent de la veille avait laissé une houle résiduelle passant de 50 cm dans la baie à près de deux mètres aux alentours du Cap Lardier. Si nous avons pu apprécier les qualités de confort du 650 en allure de croisière (tenue de cap précise, bon passage et sonorité mécanique contenue), par contre, il s'est avéré moins stable à haute vitesse. L'addition du régime maxi et du trim positif rend le 650 moins rigoureux en cap, et nous avons noté une tendance à raquetter d'un bord sur l'autre, rendant la tâche du pilote plus délicate. Un phénomène qui est apparu avec la mer par le travers et même de face, de manière moins prononcée. Autre comportement en marge de la normale, le refus d'inscription en courbe rapide, dans les virages à droite. Ce qui nous laisse penser que le réglage de la dérive anticouple, ou la hauteur de montage du moteur, n'était peut-être pas optimisé… Nous serions curieux de revoir ce Capelli à l'œuvre dans d'autres conditions.



photo Capelli Tempest 650 Open


photo Capelli Tempest 650 Open


photo Capelli Tempest 650 Open


photo Capelli Tempest 650 Open





CONCLUSION
Le Tempest 650, bien que très proche du 626 qui compte déjà six ans de carrière, propose une silhouette plus élancée et offre un surcroît d'habitabilité grâce un pont plus spacieux, où l'on circule encore plus facilement. Pour le reste, il reprend les qualités de base de son aîné : une navigation confortable, un cockpit convivial au mouillage et un prix package attractif. Il est également proposé avec un 200 ch, pour mille euros de plus seulement. Mais, selon nous, il serait plus judicieux de la part de Yamaha Motor France d'offrir un package 115 ch, car avec le 150, le Tempest 650 est bien assez motorisé.




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