Essai Wimbi Boats W7

Vivant mais confortable

Le dernier-né de la jeune marque australienne s’installe dans le segment des 23 pieds sans faire de complexes. Bien qu’homologué en moins de sept mètres, il offre un cockpit tourné vers le confort avec deux solariums et une zone de baignade spacieuse. Ses performances, mitigées en raison d’une mer difficile, ne l’empêchent pas d’assurer l’essentiel.

Texte et photos Philippe Leblond


 44 929 € sans moteur
 6.89 m
 14
 40,2 nds avec Mercury Verado 250 ch 4T

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Essai paru le 09/05/2018

Fiche technique

Longueur 6,89 m
Largeur 2,75 m
Diam. maxi des flotteurs 58 cm
Nbre de compartiments 6
Puissance maxi 300 ch (220,8 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 250-300 ch
Poids sans moteur 1150 kg
Rapport poids/puissance 5,8 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 14
Couchage 0
Charge utile 0 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 250 l
Catégorie CE B
Constructeur Wimbi Boats (Australie/Chine)
Importateur Wimbi Boats France (06 - Nice)
Droits annuels sur la coque exempté
Droits annuels sur le(s) moteur(s) exempté



Au rythme d’un nouveau modèle à l’année, pas moins, la marque australienne Wimbi étoffe sa gamme qui, aujourd’hui, s’étend de 6,50 m à 12,50 m. Le dernier arrivé en France, est le W7, avec sa déclinaison in-board, W7i (voir notre essai sur Pneumag.com). Présentés conjointement lors du Yachting Festival de Cannes, les deux modèles comportent bien sûr de fortes similitudes. Cependant, pour témoigner de la souplesse du constructeur quant à l’équipement des cockpits et au choix des couleurs, les W7 et W7i exposés possédaient un leaning-post et des coloris de flotteurs différents. On notera aussi le « covering » qui habille le Verado, en reprenant la couleur des flotteurs. Une coquetterie sans supplément de prix ! Embarquons sur la version hors-bord, pour mieux faire connaissance…



Au ponton



Amarré arrière à quai, notre Wimbi d’essai présente une généreuse plate-forme de bain (surtout pour une configuration hors-bord). Il est vrai que celle-ci sert de chaise au moteur, en l’occurrence un Mercury Verado 225 ch, qu’elle déporte loin en arrière du cockpit, et même au-delà de l’extrémité des flotteurs. L’objectif d’une telle architecture ? Majorer la surface de cockpit disponible et allonger (fictivement) la longueur à la flottaison pour un plus grand confort en navigation. Sur le plan statique en tout cas, voilà qui offre une belle surface additionnelle, tant pour embarquer ou débarquer par l’arrière, que pour profiter de la baignade. Dommage que l’échelle ne soit pas intégrée… La plage de bain, recouverte de teck synthétique (comme le cockpit), comporte aussi deux taquets fixes (sur le W7i, ils sont pliables) et deux supports de cannes à pêche. Mais, le plus surprenant, c’est la présence du bain de soleil permanent (comme sur la version in-board) qui, dans ce cas, est libre pour offrir un énorme volume de rangement. Le relevage du capot est assisté par deux vérins et l’on trouve trois planchers amovibles pour isoler les affaires stockées de l’humidité du fond de coque. Il est possible d’y ranger des objets longs, tels que des skis ou des cannes, et de volumineux sacs, à l’exemple de l’armement de sécurité. Cette cale et le volume de rangement de la console avec grande ouverture frontale, compensent largement la capacité modeste des deux coffres de l’avant. La position de conduite, offerte par ce leaning-post comportant un siège dans son dos, est confortable, que l’on barre debout, ou assis en utilisant le repose-pied moulé à la base de la console. Pour sauvegarder deux passavants d’une largeur praticable, le chantier a opté pour un poste de pilotage monoplace. L’étroite console présente cependant un tableau de bord suffisamment spacieux pour intégrer une centrale de navigation dotée d’un écran généreux, et disposer d’autres instruments sans en rendre la lecture difficile. On note aussi la présence d’un petit vide-poches, bien pratique, dans le leaning-post, à portée de main du pilote…



Les amateurs de bain de soleil seront aussi comblés avec deux belles surfaces matelassées, à l’arrière (140 x 135 cm) comme à l’avant (185 x 145 cm). Ce semi-rigide « tout confort » fait également bien les choses pour les manœuvres de mouillages qui sont fréquentes sur ce genre de semi-rigides dédié au farniente dans les criques. Le guindeau électrique (option) comporte un robuste davier basculant et des commandes locales permettant d’effectuer la remontée de l’ancre à vue. Deux solides taquets de part et d’autre de la delphinière en polyester assurent l’amarrage en évitant que les bouts ne raguent sur l’Hypalon à motif fibres de carbone des flotteurs. D’autres équipements de confort sont proposés en option, comme le bimini, la sono Fusion, un mini frigo, un jet de rinçage pour le pont, une boîte à gants, ou l’éclairage de courtoisie de cockpit ou sous-marin…         



En mer



Comme souvent dans le cas de deux modèles identiques de puissance égale, l’un en in-board, l’autre en hors-bord, c’est le second qui fait preuve de plus de sportivité, que ce soit en termes de performances ou de pilotage. Avec le W7, cette constatation s’est encore vérifiée et de manière nette. D’abord au plan de la vitesse de pointe avec un écart important en faveur du W7 : 40,2 nœuds contre 34,7. Il faut préciser que le W7i était « affublé » d’un antifouling et d’un bimini-top coûtant au bas mot quatre nœuds. Mais il faut aussi avouer que l’état de la mer a pénalisé le W7, pour lequel nous n’avons pas pu trimer de manière satisfaisante. Le meilleur rapport poids/puissance de la version hors-bord, résultant d’un moteur plus léger, n’est pas étrangère, évidemment, à cet écart de vitesse. On note aussi une différence, mais nettement moins marquée aux allures intermédiaires, avec 30 nds contre 27,4 en croisière rapide et 21,5 contre 20 en économique. En revanche, ce surcroît de vélocité aux régimes de croisière ne se traduit pas par une différence notable au niveau des rendements (distance parcourue/essence consommée) qui sont on ne peut plus proches : le même en croisière rapide (0,61 mille/litre) et à peine supérieur pour la version hors-bord (0,75 m/l contre 0,73) au régime économique… Le W7 (hors-bord) reprend de la distance en accélérations avec seulement 2’’9 pour déjauger contre 3’’7, et de 0 à 20 nœuds avec 5’’2 contre 5’’9. On ne va donc pas reprocher au W7 de se montrer vivant, car à la barre on prend un plaisir non dissimulé. Ce dernier est néanmoins tempéré par la tendance du nez à regarder un peu vers le ciel lorsqu’on passe sur une vague plus grosse ou qu’on cherche à monter le trim. Ce petit problème d’équilibre longitudinal pourrait être dû à l’important déport vers l’arrière des 288 kg du Verado, fixé sur l’extrémité de la plate-forme de bain qui fait office de chaise moteur. Par contre, l’équilibre latéral est bon en ligne droite, même à vitesse élevée dans une mer anarchique (houle de 0,80 à 1 m, sur laquelle s’est greffé un clapot désordonné). Et la carène fait preuve d’efficacité dans la vague et apprécier son confort en croisière, d’autant qu’aux régimes intermédiaires, le 6 cylindres en ligne américain émet une sonorité onctueuse et feutrée. L’autonomie en carburant s’avère moyenne (170 milles environ), en raison essentiellement du réservoir de capacité modérée (250 litres). Maniable, capable de tourner dans un « mouchoir de poche », il convient néanmoins de ne pas se faire surprendre, lorsqu’on vire court et avec beaucoup de gaz, par la gîte très (trop ?) marquée du W7, dont le flotteur intérieur s’immerge copieusement. Les sorties de virage ne posent cependant pas de problème, le Verado 250 conservant sa motricité et son allant pour repartir vers un nouveau cap.



 



photo Wimbi Boats W7


photo Wimbi Boats W7


photo Wimbi Boats W7


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photo Wimbi Boats W7


photo Wimbi Boats W7


photo Wimbi Boats W7


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Qualité de réalisation      

Comportement      

Performances      

Equipement        

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix      

La vivacité à la barre
Le punch du Verado
La position de conduite confortable assis et debout
Les deux solariums
La plate-forme de bain spacieuse
La sensibilité excessive au trim positif (nez léger)
La gîte intérieure très prononcée en virage
La finition du gel-coat perfectible
L’échelle de bain non intégrée

Face a la concurrence…

Modéle 22 GT 700 Touring 710 IN
Marque Stingher (Italie) MV Marine (Italie) Lomac (Italie)
Imporlation MGI Nautic (83 – Hyères) AGP (83 - Bormes-les-Mimosas) Stelie Nautic + réseau de revendeurs
Longueur 6,80 x 2,84 m 7,05 x 2,67 m 6,98 x 2,55 m
Nb de personnes 12 16 22
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 48 348 € (sans moteur) 37 800 € (sans moteur) 42 800 € (sans moteur)
PERFORMANCES
Vitesse maxi 40,2 nds à 5 870 tr/min
Vitesse de croisière rapide 30,0 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 21,5 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 2,9 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 5,2 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage 15,6 nds à 3 200 tr/min
Hélice de l'essai 24 l/h
Consommation en usage courant (estimation) 9 h 20 min
Autonomie en usage courant (estimation) inox 3 pales