Essai Humber Ocean Pro 600

Dur au mal

Sa robuste constitution le prédispose aux sorties en mer musclées. Baroudeur-né, peu lui importe le bulletin météo. Son cockpit sans fioritures est aussi fait pour les plaisanciers qui aiment l’action. Et pour cause, notre bateau d’essai, est celui d’un pêcheur émérite.

Texte et photos Philippe Leblond


 23 800 € sans moteur
 6.0 m
 12
 38,3 nds avec Suzuki 140 ch 4T

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Essai paru le 22/11/2018

Fiche technique

Longueur 6,0 m
Largeur 2,34 m
Diam. maxi des flotteurs 48 cm
Nbre de compartiments 5
Puissance maxi 175 ch (128,8 kW)
Puissance conseillée par Pneumag 150 ch
Poids sans moteur 560 kg
Rapport poids/puissance 5,3 kg/ch (avec le moteur de l’essai)
Nombre de personnes 12
Couchage 0
Charge utile 1495 kg
Matériau flotteurs CR/CSM Orca 1 670 décitex
Capacité carburant 70 à 200 l l
Catégorie CE B
Constructeur Humber (Grande-Bretagne)
Importateur Fishing Ribs (35 - Melesse)
Droits annuels sur la coque exempté
Droits annuels sur le(s) moteur(s) exempté



Le manufacturier anglais propose une gamme comportant quelques nuances d’une ligne de produits à l’autre, la dominante étant une identité professionnelle associant carènes acérée (presque une obligation pour une marque implantée dans la ville de Hull, qui en anglais signifie… « carène » !) et flotteurs en Hypalon épais. Autre curiosité, dans la gamme Ocean Pro, certains modèles dont le 600 sont proposés en deux largeurs différentes. Notre bateau d’essai large de 2,34 m existe aussi en 2,60 m. Ce dernier n’est donc pas transportable flotteurs gonflés à la différence du plus étroit des deux. Autre particularité des Humber, leur cockpit est aménageable à la demande, en tablant sur la gamme d’accessoires du chantier, et le coloris des tubes au choix est au nombre de 32, soit l’intégralité du nuancier Orca de Pennel & Flipo.   



Au ponton



Etroit, effilé, spartiate, chaloupé, avec son étrave remontante qui semble vouloir défier la vague, même à l’arrêt, l’Ocean Pro ne donne pas dans la frime mais parle tout de suite au connaisseur. Les flotteurs, d’un diamètre modéré afin de laisser un minimum de place opérationnelle sur le pont, semblent faits pour durer. La protection centrale pour la mise à l’eau d’un plongeur, l’épais liston périphérique, les saisines en corde tressée solidement maintenues par leurs anneaux inox, les valves de gonflage placées vers le bas des boudins, pour ne pas gêner les passagers assis sur les flotteurs, sont comme issus d’un cahier des charges de bateau pour pros. Il en va de même du tableau arrière rigidifié par des équerres stratifiées avec le plancher, et percé d’un vide-vite de gros diamètre équipé d’un manchon de vidange relevable. En l’absence de taquets, deux cadènes inox peuvent servir à l’amarrage. Au centre, creusé dans le plancher, un puisard avec ses deux pompes de cale… Une remarque, cependant, pour la trappe au sol dont le plastique est un peu souple quand on pose le pied dessus.



La partie arrière du cockpit est l’endroit le plus spacieux pour s’adonner à la pêche. Dans cet esprit, les deux sièges jockey accompagnant la console de pilotage comporte des poignées derrière leur dossier pour la fixation de supports de cannes. Sous la selle ergonomique des deux jockeys, un volume de rangement s’ajoute à celui de la console. Les deux sièges identiques offrent une position confortable et efficace avec des commandes à bonne hauteur pour le pilote et une poignée pour le copilote. Debout, on est bien aussi, et l’on profite encore de l’abri du pare-brise qui protège également les deux combinés Humminbird à grand écran. Impossible de les intégrer dans le tableau de bord qui reçoit déjà les instruments du Suzuki et une VHF fixe Navicom ainsi que le boîtier pupitre des commandes du moteur. Si l’antidérapant projeté est efficace pour assurer ses déplacements sur le pont, les passavants s’avère vraiment étroits, en raison de la faible largeur et du choix d’une console biplace. En contrepartie, cette dernière offre deux places assises face à la mer et un volumineux rangement. Sur un type de bateau où ceux-ci sont rares, c’est appréciable. Pour ce qui est du mouillage, Humber a fait le minimum syndical, avec un petit coffre sans passe-bout et un simple taquet coinceur sans guide pour la ligne…



En mer



Essayé en marge du Grand pavois, cet Humber Ocean Pro 600 nous a vite prouvé qu’un plan d’eau capricieux ne lui faisait pas peur. Il est vrai que le Pertuis d’Antioche est rarement conciliant fin septembre… Il suffit d’une petite brise de Force 2 à 3, pour greffer un clapot cassant sur une houle résiduelle d’environ un mètre. Dès les premiers franchissements, on apprécie la rigidité structurelle du semi-rigide anglais. Pas de résonance, pas de flexion de la coque… A vitesse maxi, l’Ocean Pro 600 ne moufte pas, ses légers décollages sont suivis de réceptions en souplesse, avec par mer d’arrière une carène qui soulage bien et ne freine pas le bateau. Par contre, on note une légère inclinaison sur bâbord à l’accélération et lors de remises de gaz dans la vague, engendrée par l’effet de couple de l’hélice. Pourtant, on ne peut pas dire que le Suzuki 140 soit un moteur très « coupleux » avec sa cylindrée de 2 044 cm3, soit la plus faible du marché, et de loin, à ce niveau de puissance. Comme d’habitude, il suffit de monter un peu le trim pour redresser l’assiette latérale, mais avec une mer et un vent fort de face, ce type de réglage ne sera pas adéquat. Par chance, la « balance » longitudinale est bien équilibrée, le Humber n’étant pas affublé du syndrome du « nez léger ». Avec la mer par le travers, la tenue de cap reste rigoureuse, même à la vitesse maxi, soit à près de 40 nœuds. Au registre des performances, le verdict est satisfaisant, en rapport avec la puissance installée. Le régime maxi de 6 300 tr/min confirme un choix d’hélice pertinent, dans la mesure où nous avons pris ce régime (100 tr/min au-dessus du maxi préconisé) en étant seulement deux à bord. Dès que le bateau sera chargé (trois ou quatre pêcheurs avec le matériel, l’aiguille du compte-tours sera dans la bonne fourchette. Pour autant, le chrono de déjaugeage est un poil décevant avec 4’’2, résultant aussi d’un fort cabrage. On serait bien tenté de monter le Suzuki 150 ch, toujours un quatre cylindres, mais qui affiche 823 cm3 de plus. Sans aller jusqu’à opter pour la puissance maxi autorisée (175 ch), cette motorisation permettra au Humber de dépasser les 40 nœuds et sans doute de « récupérer » des rendements intéressants à mi régime.



Nous n’avons pas pu relever les consommations, mais selon Florian, propriétaire du bateau, l’allure de croisière idéale, en termes d’agrément et de ratio vitesse/conso, est de 4 000 tr/min, soit 22,7 nœuds. A ce rythme, avec le réservoir de 150 litres, l’autonomie devrait être de l’ordre de 160 nautiques, ce qui pour un semi-rigide de cette catégorie est très satisfaisant. Autre bon point au plan du comportement, la carène de l’Ocean Pro défléchit parfaitement sa vague d’étrave. A valider dans un vent plus soutenu… En courbes larges et en virages serrés, il se montre précis et accrocheur, mais sans gite excessive à la différence de certains autres semi-rigides anglais. Il ressort aisément des virages, grâce à une motricité intacte. Au volant, les sensations sont bonnes et la confiance entre le pilote et sa monture s’installe rapidement.  



 



photo Humber Ocean Pro 600


photo Humber Ocean Pro 600


photo Humber Ocean Pro 600


photo Humber Ocean Pro 600


photo Humber Ocean Pro 600


photo Humber Ocean Pro 600


photo Humber Ocean Pro 600





Qualité de réalisation      

Comportement        

Performances      

Equipement      

Adéquation programme        

Rapport qualite/prix      

Le caractère marin bien trempé
Les aptitudes sportives
La construction très robuste
La position de conduite
Le cockpit aménageable à la carte
La sensibilité à l’effet de couple de l’hélice
La stabilité à l’arrêt moyenne
Les passavants très étroits
L’absence de guide de mouillage

Face a la concurrence…

Modéle 590 OP Vipermax 6.2 620 Open
Marque Northstar (Turquie) Osprey (Grande-Bretagne) Sea Rib’S (Portugal)
Imporlation FBM (Mandelieu La Napoule) Plaisirs Nautic 29 (29 – Plomelin) MMG (56 – Vannes)
Longueur 5,92 x 2,41 m 6,20 x 2,48 m 5,95 x 2,40 m
Nb de personnes 14 12 12
Matériau flotteur CR/CSM CR/CSM CR/CSM
Prix 16 397 € (sans moteur) 26 890 € (sans moteur) 39 000 € avec Suzuki 115 ch
PERFORMANCES
Vitesse maxi 38,3 nds à 6 300 tr/min
Vitesse de croisière rapide 26,2 nds à 4 500 tr/min
Vitesse de croisière economique 17,1 nds à 3 500 tr/min
Temps de jaugeage 4,2 secondes
Accélération de 0 a 20 nds 4,9 secondes
Vitesse minimale d’hydroplanage n.c
Consommation en usage courant (estimation) 13,5 l/h
Autonomie en usage courant (estimation) 10 heures (avec rés. 150 l)
Hélice de l'essai 14’’ x 21’’ alu 3 pales