Essai Lodestar RIB 520 CONSOLE

Un bateau bien

Ce nouveau semi-rigide arbore fièrement un nez qui en impose, ce qui n'est pas justement sans poser de problème, comme nous allons le voir... Pour le reste, ce petit pneu hollandais n'est pas dénué d'intérêt, sa capacité d'accueil, bien en phase avec un programme familial, s'affirmant comme son atout majeur. Le prix package n'est pas mal non plus !

Texte et photos Philippe Leblond


 14 246 € avec Mercury 50 ch 4T (tarif 2006)
 5.2 m
 8
 30,4 nds

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Paru dans le Pneumag n° 53 Mai/juin 2006




Encore anonyme, il y a peu, même pour les passionnés de bateau pneumatique, ce chantier hollandais, qui fait construire en Chine, vient de décrocher le jackpot ! Peut-on rêver mieux, en effet, qu'une « mise sur orbite » par le puissant réseau de distribution de Marine Power France qui, depuis quelques mois, en assure la commercialisation sous forme de packages, avec ses moteurs Mercury ou Mariner ? De belles perspectives de développement, assurément…Après un premier contact avec la marque l'an passé - nous avions testé le RIB 610 Console avec un Johnson (Pneu Mag n°49) - c'est au tour de son petit frère, le RIB 520 Console de passer l'examen. Cette fois-ci, l'essai a eu lieu sur les « terres » de Marine Power France, à La Rochelle. Ce 520 possède des flotteurs en PVC, comme tous les Lodestar (33 modèles de 1,90 m à 6,10 m), à l'exception de certaines annexes réalisées avec du Néoprène/Hypalon. Le Duratex 1 100 décitex qui vient du fournisseur allemand Haku Mehler est garanti cinq ans. La facture (finition des assemblages) est relativement soignée. Par contre, côté polyester, les couvercles de coffres manquent d'épaisseur. Marcher dessus ne pose pas de problème, mais sauter à partir du quai serait peut-être trop. Cela dit, la structure générale du bateau nous a semblé robuste lors de notre essai. Mais, ce qui surprend le plus sur ces pneumatiques hollandais, et entre autres le 520, c'est le diamètre impressionnant de leur flotteur, d'autant plus qu'il est constant. Dans le cockpit, bien protégé par ce gros boudin, on éprouve une réelle impression de sécurité. Ce sentiment est encore renforcé sur le 520 par la proue bien défendue (le flotteur remonte haut au-dessus de l'étrave) ce qui présage d'une bonne protection contre les embruns et l'enfournement par mer formée. Le plan d'eau relativement calme lors de notre essai ne nous a pas permis de valider cette perspective. La livrée bicolore, bleu vif et gris pâle, est assez inhabituelle pour se démarquer du tout venant. C'est un peu la signature de Lodestar qui propose, néanmoins, d'autres coloris.Le poste de pilotage, bien qu'occupant une position presque centrale, laisse une place suffisante en avant de la console pour la mise en place d'un solarium de belle dimension. A cet effet, le siège devant la console possède un panneau sur charnières qui se déploie vers l'avant pour combler le vide entre sa base, qui sert de coffre, et le pont avant, contenant un coffre spacieux et une baille à mouillage indépendante. Signalons au passage que le cockpit et ses accessoires sont moulés d’un seul bloc, continuant à la rigidité de la structure générale, et facilitant le nettoyage à grande eau. Les nombreux coffres (un devant, deux dans la console, un sous la banquette arrière) offrent une bonne capacité de rangement dans l’optique d’une pratique familiale, et peuvent tous être sécurisés par un cadenas.Notons cependant qu’ils ne sont pas équipés de joints de caoutchouc, toujours efficaces pour l’étanchéité et éviter les bruits de battement. Le câblage moteur part directement, au niveau du bac arrière, sous le plancher. Ce dernier est traité avec un antidérapant de type « pointe de diamant ». En ce qui concerne les places assises, hors flotteur, elles sont au nombre de trois, le siège devant console étant un faux biplace (mais deux enfants peuvent tenir). Un quatrième passager prendra facilement place sur le tube bâbord (celui de tribord étant condamné par la console décalée), mais les poignées situées sur la face interne (pratiques pour s’aider à remonter à bord après la baignade) entravent le confort d’une place cinquième place potentielle. La console de pilotage, plutôt généreuse, offre une bonne protection pour le pilote, surtout lorsqu’il est assis. L’ergonomie est plutôt satisfaisante, le siège n’étant pas trop près de la console. Mais debout, même pour quelqu’un de taille moyenne, les commandes sont bien basses.

Le tableau de bord est spacieux, offrant une surface plane, bien abritée par le pare-brise, idéale pour y fixer un ou deux appareils électroniques sur étrier. Notre bateau d’essai était équipé, de part et d’autre du volant sport à trois branches, d’un speedo et d’un petit SmartCraft, parfait pour contrôler sa consommation grâce à sa fonction débitmètre. A cet égard, il faut signaler que Lodestar ne propose pas de réservoir fixe sur le 520. On doit donc se contenter de la nourrice de base qui, dans le cas d’un 60 ch 2-temps carbus (la puissance maxi), limitera l’autonomie à 2h30, imposant de fréquentes séances de ravitaillement. L’équipement de base comporte aussi une delphinière en polyester, avec davier et taquet rétractable (on en trouve deux identiques à l’arrière). Un bon point pour l’amarrage et… l’esthétique (reste à éprouver leur fiabilité dans le temps). En revanche, les amateurs de baignade déploreront l’absence d’échelle de bain, même sur la liste des options.

Dès les premiers tours d’hélice, nous constatons, assis aux commandes du Lodestar, que la proue et son socle en polyester barrent en partie notre champ de vision.

Un handicap nettement accentué lors du déjaugeage, en raison d'un cabrage sensible. Après une reprise d'assiette progressive (4 secondes), le pilote retrouve un peu de visibilité, mais ressent rapidement le besoin de piloter debout. Là, les commandes s'avèrent malheureusement un peu basses. Au-delà de ce petit handicap, le pilotage du 520 Console ne pose pas de problème particulier. La prise en main est aisée et attractive, car le Mercury 50 ch 4T, coupleux à souhait, s'avère bien adapté à ce petit semi-rigide auquel il donne des performances de bon niveau. Il y a bien sûr la vitesse de pointe, satisfaisante avec plus de 30 nds, mais surtout une large plage de régimes économiques, pour se promener en famille à bonne allure et sans trop consommer. Ainsi, de 3 500 tr/mn (15 nds) à 5 000 tr/mn (24 nds), le rendement est supérieur à 2 milles par litre ! De quoi choisir sa vitesse de croisière pour optimiser le confort en fonction de l'état du plan d'eau. Si ce dernier est trop capricieux, on peut même naviguer déjaugé à partir de 11 nds et 3 100 tr/mn, seuil d'hydroplanage du RIB 520. Curieusement, lorsqu'on pilote vite, le Lodestar donne l'impression d'un équilibre fragile, le nez étant très léger (il est vrai qu'il n'y avait pas de mouillage dans la baille). En fait, ces réactions sont saines et l'on prend un certain plaisir à le brusquer en prenant garde de ne pas avoir la main trop lourde sur le trim. Non pas qu'il déclenche un mouvement de roulis (même au régime maxi), mais parce qu'il a tendance à alléger encore plus de l'avant. En virage, le Lodestar passe presque à plat, tout en glissade, témoignant d'un V plutôt ouvert au tableau arrière. Un léger mouvement de pompage de l'avant, fait que son étrave « lâche » un peu sa trajectoire, mais le bateau reste facile à contrôler. Reste le confort, tout à fait acceptable dans le clapot serré de 40 cm qui parcourait le Pertuis Rochelais le jour de notre essai..



photo Lodestar RIB 520 CONSOLE


photo Lodestar RIB 520 CONSOLE


photo Lodestar RIB 520 CONSOLE





Conclusion
Si ce n’est la visibilité perfectible vers l’avant, ce RIB 520 nous a procurés de bonnes sensations. Et bien que le 50 ch 4T soit à la hauteur en termes de performances, un 2T (93 kg au lieu de 112) serait sans doute préférable pour donner une assiette moins positive à ce bateau léger du nez. Dans l’optique d’une utilisation familiale (le cockpit est trop équipé pour des plongeurs) le RIB 520 offre des aménagements bien pensés, et un vrai solarium, ce qui n’est pas toujours le cas sur un semi-rigide de cette longueur. Abordable à l’achat et économique à l’usage, il permet de se lancer dans l’aventure du semi-rigide sans trop plomber son budget.




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