Essai Lomac 600 Club

Un Lomac, oui, mais lequel ?

Même silhouette, même carène, mêmes dimensions, mais deux philosophies divergentes… Quel modèle choisir ? Ici, le propriétaire décidera en rapport de son programme d'utilisation dominant. Car pour le reste, ces deux Lomac présentent des qualités marines très proches, d'autant que dix chevaux seulement séparent leurs deux hors-bord.

Texte et photos Philippe Leblond


 18 000 € sans moteur (tarif 2016)
 5.95 m
 16
 45.3 nds avec Suzuki 150 ch 4T

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Paru dans le Pneumag n° 63 Janvier/février 2008




On ne présente plus Lomac, l'une des marques italiennes les plus connues de nos amateurs de semi-rigides. Une présence longue durée sur le marché français, une réputation solide, une gamme bien diversifiée… Bref, quel que soit le type de semi-rigide que l'on va choisir, Lomac fait partie des « possibles ». Nous avons eu l'opportunité de tester, grâce à Bretagne Nautisme (Ploemeur), deux des fers de lance de la gamme transalpine, presque deux concurrents puisqu'ils partagent, à peu de choses près, la même fiche technique. La différence essentielle réside dans l'aménagement de leur cockpit. Le 600 IN, faisant partie de la série dite « familiale », il propose un solarium sur le pont avant et une capacité de rangement supérieure. De son côté,le 600 Club, comme son nom le laisse supposer, est destiné en priorité aux amateurs de plongée, et notamment aux clubs pratiquant cette activité. Son pont avant plus dégagé permet d'ailleurs d'y placer un rack pour les blocs d'air comprimé, et le plancher moins encombré que sur le 600 IN, de s'y déplacer de plain-pied. Deux philosophies différentes donc, avec un petit avantage au Club pour ce qui est de la capacité d'accueil : 16 passagers au lieu de 14. Ce dernier est aussi un peu plus léger sur la remorque… Nos deux bateaux d'essai étaient propulsés par deux Suzuki de puissance voisine. Un 140 ch pour le 600 IN, un 150 ch pour le Club. Si ces deux quatre-temps sont tous deux des quatre cylindres en ligne, ils affichent des caractéristiques très différentes. Le « vieux » DF140 (il est sorti en 2002), vanté à sa sortie pour sa légèreté, possède encore un bel avantage dans ce domaine puisqu'il ne pèse que 185 kg, contre 211 au DF150, lancé il y a deux ans. Mais, ces 26 kg d'écart ne sont que la conséquence une différence de cylindrée édifiante : 2 044 cm3 pour le DF140 seulement alors que le DF150 cube 2 867 cm3 ! Ce supplément de « coffre » du DF150 se traduit sans équivoque par une vitesse de pointe nettement supérieure, donnant près de six nœuds de mieux au 600 Club, il est vrai grâce aussi à une hélice qui tire plus long (23 pouces contre 21 pour le 600 IN). Cela dit, l'écart de vitesse aurait été plus conséquent (Ronan Le Crom, de Bretagne Nautisme annonçait 55 nds GPS, seul à bord !) si la carène du 600 Club n'avait pas trimbalé une masse d'eau importante, la pompe de cale étant HS. Voilà qui explique aussi le mince avantage en temps de déjaugeage… Autre chiffre qui traduit le couple et la souplesse supérieurs du DF150, celui du régime minimal d’hydroplanage : il ne faut que 2 400 tr/mn au 600 Club pour se maintenir hors de l’eau, contre 2 600 tr/mn au 600 IN. L’allure de croisière est aussi nettement en faveur du DF 150 avec 28 nds à 3 500 tr/mn seulement, le DF140 ayant besoin de 500 tours de plus pour n’atteindre que 23,5 nds, avec en corollaire un rendement (distance parcourue/essence consommée) nettement plus économique en faveur du premier nommé. Sur le plan du comportement, là encore, le tableau est positif. Que ce soit le 600 IN ou le 600 Club (et ce, malgré sa « carène liquide »), les deux semi-rigides Italiens se sont montrés à leur avantage. En présence d’un plan d’eau calme, nous sommes allés chercher tous les sillages que nous avons pu trouver, afin d’avoir une idée de l’équilibre et du confort de ces deux bateaux. Première constatation, le 600 IN a fait preuve d’un bel équilibre lors des sauts effectués sur le sillage d’un patrouilleur militaire. Après un déjaugeage rapide, accompagné d’un léger cabrage, la vitesse maxi est assez vite atteinte, le Suzuki DF 140 faisant preuve de bonne volonté, malgré une cylindrée modeste. On a quand même la sensation que l’on pourrait monter nettement plus de puissance sur ce Lomac au comportement serein. Confortable dans le petit clapot, il est particulièrement agréable entre 3 000 et 4 000 tr/mn. Sa bonne tenue de cap en ligne droite n’a d’égale que son aisance en virage : bon grip, trajectoires précises, bonnes reprises sans ventilation de l’hélice. Handicapé par la présence d’une grande quantité d’eau dans sa double coque, le 600 Club n’en a pas moins montré un beau potentiel, tant en performances que dans les évolutions. Malgré un important cabrage dans la phase de déjaugeage (le poids d’eau passant à l’arrière) le bateau reste agréable à barrer, virant facilement serré, avec un bon guidage de la quille, mais avec une tendance à ventiler trahissant sans doute d’un montage haut (cf les 55 nds revendiqués). Au croisement de la vedette de passagers de l’île de Groix, nous avons pu vérifier son tempérament sportif et sain, avec une assiette positive, mais sans excès et des réceptions de saut en douceur. Reste le retour d’eau dans le cockpit lors des ralentissements brutaux, celle-ci passant par dessus le tableau arrière, dont le seuil est assez bas. Le poids d’eau de pluie emprisonné au fond de la carène n’arrangeant pas la chose… Au bout du compte, les comportements étant très proches, carène commune oblige, le choix se fera selon son loisir dominant. Le 600 IN devrait interpeller les pères de famille, mettant en avant son bain de soleil transformable en carré pour le pique-nique, et sa capacité de rangement supérieure, avec notamment son coffre long pour ranger des skis. Le passage latéral, à bâbord de la banquette arrière, facilite en outre l’accès à la plate-forme de bain avec son échelle intégrée. Pour autant, le 600 Club, qui s’adresse davantage aux baroudeurs, n’est pas délibérément spartiate. L’aménagement, bien que plus simple, se fait à la demande et il est possible de disposer, comme sur le modèle essayé, d’un leaning-post, d’une banquette et d’une console offrant tous un rangement sec et des places assises. En revanche, le pont avant ne propose qu’un puits de mouillage moulé, et reste dégagé pour favoriser les activités de type pêche ou plongée. Les deux modèles, dotés du même flotteur de gros diamètre, au contact de l’eau, font preuve d’une stabilité latérale à toute épreuve..



photo Lomac 600 Club


photo Lomac 600 Club





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