Essai Lomac 580 OK

C'est reparti pour un tour !

Fer de lance des modèles grand public du constructeur milanais, le 580 OK s'offre un joli coup de jeune : cockpit plus convivial, flotteur ivoire et selleries ton sur ton du meilleur effet. Une réussite, sur une coque aux qualités éprouvées.

Texte et photos Jacques Anglès


 18 100 € sans moteur (tarif 2016)
 5.7 m
 10
 32,4 nds avec moteur Yamaha 80 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 85 Septembre/Octobre 2011



Dans la production Lomac, qui ne compte pas moins de six séries, la série OK constitue l'entrée de gamme des semi-rigides familiaux, avec quatre modèles de 4,52 m à 5,70 m. Par entrée de gamme, comprenez qu'il s'agit de la dimension (la série supérieure, dite In, propose en effet des modèles jusqu'à 11 mètres), mais nullement de la qualité de fabrication, qui est en tout point d'un excellent niveau. Voyons dans le détail, en commençant par le flotteur, doté de cinq compartiments et réalisé en tissu Orca (type Néoprène-Hypalon) de Pennel & Flipo, LA référence en matière de tissus pour pneumatiques. La coupe en long “à l'italienne“ procure une ligne fluide, bien finie par des extrémités arrière hémisphériques. Les collages soignés, l'absence de bavures ou de faux-plis que l'on décèle parfois chez des constructeurs moins expérimentés, témoignent du savoir-faire de la marque. La finition est à l'avenant, avec un double liston sur la totalité de la périphérie, huit grosses poignées extérieures en caoutchouc et deux lignes de poignées de maintien d'un bout à l'autre du cockpit. Rien à redire non plus sur la partie polyester : plancher et capots d'une rigidité rassurante, gel-coat brillant uniformément et antidérapant efficace (pointe de diamant).
Si cette qualité d'ensemble était déjà présente sur les anciens 580 OK, le millésime 2011 signe une nette avancée esthétique et pratique, propre à lui assurer une nouvelle carrière. D'abord grâce à un élégant jeu de couleurs : flotteur de couleur sable rehaussé de touches gris clair, selleries bicolores dans les mêmes tons, le tout sur fond de polyester blanc. Ensuite par un nouveau pont, toujours organisé en trois zones (farniente à l'avant/pilotage au centre/banquette et bain à l'arrière) mais avec console plus reculée. Ceci procure plus d'espace à l'avant, plus de places assises dans le sens de la marche et un accès facile à l'échelle de bain par une coursive latérale. Bon point également pour la table de pique-nique amovible fournie sans supplément, qui sert aussi de rallonge au bain de soleil avant. L'équipement standard est de bonne facture et inclut notamment l'échelle de bain, mais on regrette l'absence de taquets d'amarrage arrière (pas même en option) et le réservoir fixe relégué sur la liste des extras, deux “oublis“ que le chantier se doit de corriger. En revanche, on peut louer le nombre et l'accessibilité des divers coffres, permettant de ranger aisément le matériel de bord et les effets personnels (seules les cannes à pêche n'y entrent pas). Globalement, la visite de détail se solde par un bilan flatteur, les options permettant de compléter l'équipement selon le programme. Pour un objectif “balade“, prévoyez la sellerie de bain de soleil avant, le bimini, et éventuellement la douche de pont.
Côté motorisation, l'importateur Promer propose ici un package avec 80 ch, soit un peu plus que la puissance conseillée par le chantier (60 ch) et nettement moins que la puissance maximale autorisée (130 ch). Premier bon point pour le poste de pilotage bien conçu : le leaning-post est confortable, le tableau de bord très lisible, la manette de gaz et le volant bien placés. Ce dernier sera toutefois un peu bas pour des pilotes de haute taille. À l'arrêt, l'arrière du flotteur, posé sur l'eau, procure stabilité et confort au mouillage. Au ralenti, le 580 se montre docile en manœuvres de port, notamment grâce à sa direction peu démultipliée.
Le 80 ch Yamaha procure un déjaugeage rapide (3,6 secondes), pratiquement sans "cabré". Une fois lancé, le bateau navigue à plat, avec une tenue de cap impeccable et une bonne stabilité, en latéral comme en longitudinal. Grâce à sa direction directe (3,75 tours de butée à butée), il répond avec précision à chaque sollicitation du pilote, et montre une bonne sensibilité au trim lorsqu'il s'agit d'aérer la carène pour gagner de la vitesse ou adapter l'assiette aux conditions de mer. Plutôt que la vitesse maxi, qui n'a rien d'exceptionnel (32,6 nds), soulignons plutôt l'intéressante vitesse de croisière (20 nds), obtenue à un régime économique.
En virages rapides, la combinaison d'une bonne accroche et d'une faible inclinaison oblige à bien se tenir pour compenser la force centrifuge, mais on aime le caractère légèrement survireur de ce modèle, qui pimente agréablement le pilotage. On aime moins la ventilation de l'hélice, qui survient assez facilement en virage serré ou au démarrage en virage. Donc, pour éviter l'emballement du moteur, ne resserrez pas trop le rayon de giration, notamment en pratiquant le ski nautique. Côté confort, le bateau passe bien dans les vagues et peut maintenir des vitesses élevées sans brutaliser ses passagers, même si le flotteur, bas sur l'eau, induit quelques coups de raquette par mer de travers. En résumé, ce modèle fait valoir trois qualités essentielles : la tenue de mer, le confort et la sécurité. Le 80 ch apparaît tout à fait suffisant en programme “balade“, mais pour explorer tout son potentiel, les pilotes chevronnés préfèreront le F100 Yamaha, un peu plus cher mais pas plus lourd.



photo Lomac 580 OK


photo Lomac 580 OK


photo Lomac 580 OK


photo Lomac 580 OK





CONCLUSION
Voilà un modèle qui aligne des atouts sérieux : qualité de construction, nouveau cockpit spacieux et pratique, rangements nombreux et aptitudes marines. Polyvalent, il convient aussi bien aux balades en famille qu'aux sorties de pêche ou de plongée. Paré d'un nouvel habillage séduisant, ce 580, pourtant pas né de la dernière pluie, a encore de beaux jours devant lui. Et ceci, d'autant plus que le package avec 80 ch est à bon prix.




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