Essai Lomac Adrenalina 8,5

Digne du grand frère

Le petit frère du sublime Adrenalina 9.5 est-il de la même trempe ? Après cet essai, on peut répondre par l'affirmative, et l'on en oublierait presque qu'il mesure un mètre de moins. Agréable à piloter, confortable en navigation, il sait aussi faire assaut d'hospitalité au mouillage.

Texte et photos Philippe Leblond


 82 000 € sans moteur (tarif 2016)
 8.49 m
 16
 47,4 nds avec Yamaha 350 ch 4T
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Paru dans le Pneumag n° 93 Janvier/Février 2013



Après le lancement réussi de l'Adrenalina 9.5 (lire essai dans Pneu Mag n° 87), devenu en l'espace d'un an le modèle le plus emblématique de Lomac, le chantier milanais récidive avec un sistership diminué d'un mètre. Attention, il ne s'agit pas d'un 9.5 auquel on aurait supprimé une entretoise, mais d'un tout nouveau modèle. La différence d'aménagement entre les deux semi-rigides réside principalement dans la console à ouverture frontale, qui sur le 8.5, contrairement au 9.5, n'abrite pas de couchette. Le nouveau venu se contente d'un abri qui comporte, en standard, un WC chimique (WC marin en option), mais s'avère suffisamment volumineux pour s'y réfugier à quatre personnes en cas de pluie.
Pour le reste, le 8.5 reprend point par point ce qui fait du 9.5 un bateau réussi. Il y a, bien sûr, les deux solariums convertibles en carrés avant et arrière entre lesquels se tient une volumineuse console et son leaning-post biplace, intégrant une kitchenette. Cette dernière comporte un évier, un réchaud à gaz (un feu), un petit placard et un réfrigérateur (ouvrant par le flanc tribord du leaning-post). Comme sur le 9.5, un grand cabriolet trouve place dans une gorge, en périphérie de la banquette de poupe, cette dernière laissant un passage vers la plate-forme de bain. La circulation à bord est aussi l'un des points forts des Adrenalina, avec de larges passavants de part et d'autre du poste de pilotage, et les grandes plates-formes de bain rapportées et couvertes de teck, comme le pont d'ailleurs (une option à 3 500 €). Le "nez" du bateau est traité de la même manière que sur le 9.5, avec un socle en polyester intégrant le guindeau électrique (standard) animant une ancre inox, à poste dans son écubier d'étrave. L'accastillage est à la fois "sérieux" et esthétique à l'exemple des taquets de poupe et de proue (quatre), bien dimensionnés et escamotables pour ne pas gâter la ligne... Par contre, pour esthétiques qu’elles soient, les sangles de flotteurs ne valent pas les saisines classiques, en cordelette. Enfin, le 8.5, comme le 9.5, présente un généreux volume de rangement à même de justifier son homologation pour 16 passagers.
Hormis un léger mouvement de pompage en courbe rapide (même avec trim négatif), le comportement dynamique de l'Adrenalina est en tout point satisfaisant. Sa gîte intérieure prononcée favorise une bonne accroche, qu'il conserve même lorsqu'on accentue le braquage et l'accélération. Il s'accroche avec précision à sa trajectoire et ressort des virages avec toute l'énergie du V8 Yamaha, sans que l'hélice ne cavite. Ce mouvement de marsouin constaté en courbe n'est pas présent en ligne droite, mais l'on peut se demander s'il ne provient pas du poids du moteur. Impossible de le dire sans comparer, mais l'on aimerait bien essayer ce bateau avec le Yamaha V6 de 300 ch, dont le poids est inférieur de 112 kg… Gageons que le Lomac ne perdrait pas grand-chose en termes de performances et jouirait d'une assiette encore meilleure.
Reste que le V8 lui donne cette réserve de puissance synonyme d'agrément sur un semi-rigide qui déplace largement plus de deux tonnes en ordre de marche. Notre GPS s'est figé sur 47,4 nœuds au régime maxi de 5 200 tr/min seulement, malgré une bonne "louche" de trim positif. Une hélice au pas plus court aurait peut-être permis de faire mieux, car cette valeur est un peu basse en regard de la plage de régime maxi du motoriste (5 000 – 6 000 tr/min)… Au-delà d'un mieux hypothétique en vitesse de pointe, monter d'un pas ou deux sera sûrement bénéfique dans l'optique de naviguer chargé (nous n'étions que deux à bord et avec un minimum de matériel). Reste que la vitesse atteinte n'a rien d'infamant, de même que les chronos d'accélération. Le montage de deux moteurs de 225 ch – la puissance maxi autorisée – permettra sans doute de dépasser les 50 nœuds, mais les rendements seront sans doute moins économiques à mi-régime. Avec le Yamaha 350 ch, les allures de croisière sont déjà élevées, avec un rendement optimal (0,65 mille par litre) à 3 500 tr/min, soit à près de 30 nœuds, et le passage dans une houle résiduelle de 50 cm sans conséquence sur le confort "cinq étoiles" du "petit" Adrenalina.



photo Lomac Adrenalina 8,5


photo Lomac Adrenalina 8,5


photo Lomac Adrenalina 8,5


AU PONTON
Sa ligne et son plan de pont sont ceux du 9.5 en réduction. Principale différence : la console du 8.5 n'abrite pas de couchette double, mais juste un WC. La circulation à bord est un modèle du genre, grâce à de larges passavants et à une bonne intégration des volumes (la dissimulation du grand cabriolet dans une "tranchée" dédiée, ou le passage latéral arrière, vers les plates-formes de bain en sont deux exemples). Avec deux solariums et autant de dînettes, la convivialité n'est pas une vaine notion sur ce superbe Lomac.




EN MER
Le dessin de carène étant le même que celui de l'Adrenalina 9.5, il n'est pas surprenant de constater un comportement dynamique très ressemblant. Le 8.5 est particulièrement agréable à barrer et ses performances, élevées, restent totalement sous maîtrise, avec 350 ch. L'application de la puissance maxi, avec une vitesse attendue supérieure à 50 noeuds, ne devrait pas modifier l'équilibre de ce semi-rigide sécurisant.




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