Essai Lomac Adrenalina 7.0

Les moyens de ses ambitions

Déclinée avec le succès que l’on sait, la série Adrenalina s’enrichit d’un nouveau semi-rigide de 7 mètres. Ce dernier, bien qu’étant le plus petit de la bande, n’en n’est pas le moins ambitieux, en affichant la même qualité de fabrication que ses grands frères, une belle efficacité en mer et un positionnement stratégique en s’affranchissant des taxes françaises.

Texte et photos Philippe Leblond


 50 800 € sans moteur
 7.22 m
 14
 50,7 nds avec Yamaha 250 ch 4T
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Essai paru le 02/03/2017



Homologué à moins de sept mètres malgré une longueur hors-tout de 7,22 m, mais une longueur de coque de 6,77 m, le nouvel Adrenalina n’est pas assujetti aux droits de francisation. Premier bon point. Second avantage, il reste transportable, malgré ses 2,88 mètres de large, à condition de dégonfler légèrement les flotteurs. A cet égard, il est étonnant de constater que la liste des options proposée par Lomac n’inclut pas un gonfleur électrique… Autre signe particulier, il est l’un des rares modèles homologués sous les sept mètres à pouvoir utiliser un 250 ch. Une puissance qui augure de belles performances !

Dans la famille Adrenalina, qui a vu le jour il y a cinq ans avec le 9.5, puis s’est poursuivie avec les AD 8.5, 7.5, puis 9.0 (hors-bord et in-board), l’AD 7.0 peut être considéré comme l’entrée de gamme. Un terme quelque peu restrictif quand on observe ce nouveau venu sous toutes les coutures. En effet, le « petit » Adrenalina, outre un design fidèle à celui de ses grands frères, bénéficie de la même qualité de construction et du même accastillage haut de gamme. Pour exemple, mentionnons le prix des taquets rétractables en inox brossé (380 € pièce) ou du joli volant sport (1 200 €), et l’on comprend mieux que le tarif de l’AD 7.0 occupe le haut de son segment de marché. Cette qualité de réalisation, avec une rigidité structurelle que nous avons pu constater lors de l’essai, émane d’un solide échantillonnage des matériaux se traduisant par un poids important : 1 000 kg sans moteur. C’est sensiblement plus que pour la moyenne des semi-rigides de moins de sept mètres. Et il y a aussi la qualité perçue, qui transpire au travers de finitions irréprochables, que ce soit pour l’assemblage des flotteurs, avec des découpes nettes, sans bavures de colle, et un polyester au brillant uniforme.

*Un souci poussé des détails pratiques*

Et à cette esthétique flatteuse, le chantier milanais a ajouté une offre généreuse en termes d’équipements, avec de nombreux accessoires proposés en standard, qui eux aussi expliquent ce prix élevé. Pour l’essentiel, voici ce que propose la dotation de série : le guindeau électrique avec son ancre et sa chaîne inox, la direction hydraulique, la douchette avec réservoir de 70 litres, les deux grandes plates-formes de bain rapportées avec échelle intégrée, la table de pique-nique rabattable au dos du siège de pilotage, l’éclairage de courtoisie dans la cabine, l’extension du bain de soleil avant… Rares sont les semi-rigides « mieux-disant » dans cette catégorie. Quelques options utiles sont néanmoins proposées, telles que le cabriolet, le WC marin, le petit frigo et le lavabo intégrés dans le siège pilote, le mât de ski… Sans oublier, au plan esthétique, des possibilités de personnalisation avec un habillage de vrai teck, un choix de coloris pour le tissu des flotteurs et un gel-coat gris anthracite, en lieu et place du polyester blanc.

On notera également le soin apporté aux détails pratiques, avec des couvercles de coffres assistés de vérins à gaz et amortis par des joints de caoutchouc, des fermoirs inox réglables et affleurant car intégrés dans des réserves du moule de pont, ainsi que les nombreuses mains courantes inox judicieusement placés, afin d’offrir une bonne prise aux passagers lorsqu’ils se déplacent à bord, ou pour se tenir en navigation. Pour ce qui est de l’agencement du pont, on retrouve celui de l’AD 7.5 en légère réduction, mais avec des éléments (console, leaning-post, banquette) redimensionnés, ce qui permet à l’AD 7.0 de proposer une circulation à bord fluide, avec des passavants larges et un passage latéral arrière à tribord pour la baignade. En regard de ce tableau élogieux, les réserves sont rares, à savoir une ergonomie de banquette arrière perfectible avec une assise trop profonde (mais qui peut servir de solarium individuel) et un dossier trop bas (le chantier a prévu de le modifier). Et d’un point de vue général, la sellerie intégrant une mousse à cellules fermées manque de moelleux. Dernier bémol, que nous avons constaté en navigation, le pare-brise n’est pas très protecteur, surtout pour un pilote de haute stature.

*Des performances de bateau de sport*

Pour ce qui est du temps passé à leur commandes, les Adrenalina, quel que soit le modèle, nous ont laissé un excellent souvenir. Le dessin de carène reproduit d’un modèle à l’autre, malgré une modification des cotes, a fait ses preuves : dynamisme, facilité de glisse, performances élevées, quille précise et réactive, aptitudes quasi parfaites dans toutes les figures imposées du pilotage. Qu’en a-t-il été avec le nouvel AD 7.0 ? A vrai dire, nous n’étions pas trop inquiets quant à son bilan dynamique, même si l’homologation de départ, pour 200 chevaux s’est vue majorée, avec 50 équidés supplémentaires. Dans le rôle du propulseur : le Yamaha F250, soit le hors-bord qui à ce niveau de puissance propose la plus forte cylindrée. Et le « coffre » du V6 japonais se met immédiatement en évidence avec un chrono de déjaugeage stratosphérique : 2’’6 ! A peine le coup de gaz donné, l’AD 7.0 retrouve son assiette horizontale, à l’issu d’un bref et léger cabré. Un chrono rare, suivi d’un autre satisfaisant, mais moins bluffant, pour franchir la barre des 20 nœuds : 4’’6. Il ne faut pas oublier le poids du Lomac. Ce même poids, qui concourt à lui donner un confort de premier ordre dans la vague. Au point que, sur un bon clapot de 60 cm, plus la vitesse augmente, plus il semble à l’aise. Notre mesure de vitesse relevée sur un plan d’eau abrité, en ajustant au mieux le réglage de trim, nous a d’ailleurs donné le sourire : 50,7 nœuds ! Davantage une perf’ de bateau sportif que familial… Mais, cela fait partie du charme de l’Adrenalina : offrir un confort de bateau de promenade avec des prestations de bateau de sport. Les avantages d’une telle vélocité se traduisant immanquablement par des rendements économiques. Ainsi, au régime le plus sobre, le Lomac est capable de couvrir presque un mille (0 ,91) par litre consommé. Un excellent ratio, pour une vitesse de 23,2 nœuds. Et les allures de croisière rapide restent « éco-responsables », jusqu’à 40 nœuds (4 500 tr/min) avec un joli 0,67 mille/litre.

Pour ce qui est des performances, nous n’avons pas été déçus. D’autant que le comportement général suit. La puissance de 250 chevaux du V6 de 4,2 litre est bien tolérée par l’AD 7.0, du moins avec cette hélice de 20 pouces. Un choix judicieux qui offre un compromis vitesse/accélération très satisfaisant. Ainsi, ce Lomac offre une prise en main facile et sécurisante. Et au-delà du confort de navigation, apprécié des passagers, distille de belles sensations au pilote. Il n’est que de jouer de l’accélérateur dans les petites vagues que nous avons rencontrées, pour constater l’aisance de cette carène, avec de légers décollages sans déséquilibre et avec des réceptions souples et bien en ligne. Il n’y a que si l’on met plein gaz trimé et par mer et vent de travers (3 beauforts), soit à l’approche des 50 nœuds, que l’AD 7.0 demande quelques corrections de barre et un dosage de trim un peu plus fin. Rien que de plus normal.



photo Lomac Adrenalina 7.0


photo Lomac Adrenalina 7.0


photo Lomac Adrenalina 7.0


photo Lomac Adrenalina 7.0


photo Lomac Adrenalina 7.0


photo Lomac Adrenalina 7.0





Conclusion : Ce séduisant 23 pieds, exempté de taxes et transportable, met en évidence la longue expérience du chantier Lomac dans le domaine du semi-rigide, avec un nouveau modèle qui, malgré une limite fixée à sept mètres, offre un éventail d’opportunités remarquable, que ce soit en vue du temps passé au mouillage, ou à naviguer, où sa tenue à la mer, ses performances et son confort sont globalement ceux d’un bateau plus grand.




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