Essai Mar.sea OP 170

Simple mais attractif

Ce semi-rigide de 25 pieds ne s'embarrasse pas de fioritures. Son objectif, c'est de satisfaire des plongeurs ou des pêcheurs, en proposant une surface de "travail "; la plus fonctionnelle possible. Spacieux et stable à l'arrêt, il est aussi doué d'un comportement marin efficace et d'un tempérament sportif mis en valeur par son 2-temps à injection directe.

Texte et photos Philippe Leblond


 26 120 € sans moteur (tarif 2008)
 7.49 m
 24
 46,2 nds

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Paru dans le Pneumag n° 64 mars/avril 2008




Bien différent en matière de conception de ses frères des séries Comfort et Sport, l'OP 170 et le plus grand modèle de la gamme Open, destinée à des activités du type pêche, chasse ou plongée. En conséquence, peu de polyester, peu de contre-moulage (pas de sièges et autres bain de soleil…), juste une belle surface de pont bien dégagée, afin de pouvoir s'équiper (plongée) ou combattre les grosses pièces (pêche sportive), sans risquer de piétiner les coussins ou buter dans les banquettes. Voilà qui devrait plaire aux plaisanciers actifs, notamment ceux de l'Atlantique, comme à l'Aber Benoît, où nous avons essayé l'OP 170 du club de plongée local. La philosophie de ce bateau se perçoit au premier coup d'œil : un gros cube pour cingler vers les bons postes et, une fois sur place, des flotteurs qui assurent une bonne stabilité à l'arrêt, avec un cockpit spartiate, pas regardant aux rudes travaux des marins. L'impression de dépouillement est ici renforcée par l'absence de siège pilote. La console « debout », qui par sa hauteur offre une bonne protection au barreur (même si le pare-brise est un peu bas), est postée vers l'arrière pour créer un grand dégagement dans le but de placer le long rack à bouteilles (18 blocs en l'occurrence !), club de plongée oblige. Cette console est boulonnée sur une planche qui surplombe le réservoir inox de 150 litres. Une capacité un peu juste si l'on considère la puissance maxi homologuée : 250 ch… Bien que le poste de barre soit placé dans la moitié arrière, il reste pas mal de place pour les déplacements vers la poupe. Les passavants aussi sont généreux, malgré la présence de l’armature en inox qui encadre la console et supporte les feux de navigation et les antennes GPS et VHF. L’antidérapant projeté est efficace à défaut d’être esthétique. La haute étrave est coiffée d’une delphinière massive qui supporte un davier et des taquets en inox, et intègre le puits à chaîne. Son ouverture se fait verticalement, par une trappe en plastique. Un cran plus bas, on trouve le seul vrai coffre du bord, d’un volume acceptable et doté d’une fermeture pouvant recevoir un cadenas. Dommage que les charnières soient saillantes… Revenons à la poupe pour découvrir un détail original : une planche parallèle au tableau arrière qui possède deux fonctions : créer un rangement ouvert pour du matériel qui ne craint pas (seau, éponges, tuyau de rinçage…), et casser les retours de sillage (marches arrière, ralentissements brutaux) pour éviter d’inonder le plancher. Le tableau arrière, qui supporte le filtre à essence, est percé de trois gros nables de vidange. Un roll-bar MATC, qui n’a d’autre fonction que de servir de support à l’échelle perroquet, est fixé à même le tableau. Pour ce qui est de la finition des flotteurs, rien à redire... Le tissu Orca 1 670 décitex est proprement assemblé. Des clips pour les avirons ont été fixés sur leur face intérieure. En revanche, on ne peut que déplorer l’absence de vraies saisines en corde. Sur ce semi-rigide de baroud, l’alibi esthétique que représentent les sangles en tissu enduit ne tient pas. Dommage que le constructeur ne soit pas allé au bout de ses intentions…Avez-vous essayé de vous tenir, ne serait-ce que pendant 10 nautiques dans la mer formée, après ses brides inconfortables ? Bonjour l’état des mains ! Un bon point, par contre, pour les quatre passages plongeurs, et les huit belles poignées en forme de taquets. Debout derrière la console, je détaille le tableau de bord, tandis que nous progressons à faible allure entre les rives verdoyantes de l'Aber Benoît. Les commandes sont bien placées, bien que j'eusse préféré un volant plus vertical (mieux pour le pilotage sportif, mais moins bien, il est vrai, pour la pêche à la traîne ou les manœuvres à une main). Sur notre bateau d'essai, les instruments de contrôle des moteurs ont été placés sur la tranche supérieure de la planche de bord, mais restent correctement lisibles. Le plan incliné vers le pilote reçoit un GPS lecteur de cartes et un sondeur. Faute de place, la VHF fixe est intégrée sur la paroi inférieure de la console. Une fois sortis de l'Aber, nous nous faufilons entre les îlots et les rochers. Le large s'ouvre à nous. Je pousse franchement la poignée de gaz. En un éclair, et presque sans cabrage, le Mar.Sea plane déjà ! L'accélération de l'Evinrude est fulgurante. Il est vrai qu'avec seulement 650 kg de coque, le rapport poids/puissance est très favorable. Le V6 américain à injection directe monte dans les tours dans un rugissement évocateur. Une houle résiduelle d'environ un mètre vient à notre rencontre. L'occasion de tester l'équilibre de ce 25 pieds poids léger… Et là, le Mar.Sea ne va pas nous décevoir. D'un saut à l'autre, le bateau reste proche de l'horizontale, et les reprises de contact avec l'eau se font en souplesse, bien accompagnées par les reprises nerveuses du 225 E-Tec. Un vrai régal. Pas de doute, les amateurs de pilotage se feront plaisir à la barre de ce semi-rigide. D'autant qu'en virage aussi, il se montre agile, virant dans un rayon très court, avec une gîte prononcée, sans pour autant que le flotteur intérieur fasse contact et ne vienne perturber la trajectoire ou l'équilibre. Même en remettant les gaz sans ménagement, l'hélice visse dans l'eau, et l'on se régale des reprises énergiques du 2-temps. Pour atteindre la vitesse maxi, Je fais appel au trim, mais raisonnablement, car cette carène « s'aère » d'elle-même. 35, 40, 45 nds… Je trime encore un peu, tandis qu'un très léger roulis s'installe : 46,2 nds, à 5 850 tr/mn. Belle performance ! Avec un 250 ch (la puissance maxi), le Mar.Sea devrait tutoyer les 50 nœuds… On est légèrement sorti de la fourchette de régime maxi du motoriste, ce qui laisse penser qu'avec une hélice au pas plus long (21 pouces), le GPS serait monté encore plus haut. Mais, compte tenu du programme de ce RIB, destiné à naviguer chargé, la 19'' semble un bon choix. Rageur en mode sport, l'Evinrude sait se faire discret en croisière. à 3 500 tr/mn, et 24,3 nds, le confort de navigation est remarquable. Un petit bémol en ce qui concerne l'autonomie, non pas à mettre au passif du moteur, mais plutôt à la faible capacité du réservoir (150 litres seulement)..



photo Mar.sea OP 170


photo Mar.sea OP 170


photo Mar.sea OP 170





CONCLUSION
Vous l’aurez compris, l’Open 170 est un semi-rigide bien adapté à son programme, avec un pont minimaliste en termes de confort, mais maximaliste pour ce qui est des déplacements, et de la liberté de mouvements. De plus, en navigation, ses qualités dynamiques sont évidentes, et ses performances au plus haut niveau. Robuste, facile d’entretien, il s’adapte bien au transport sur remorque (flotteurs dégonflés) en raison de sa (relative) légèreté. Manque de vraies saisines pour l’équipage, et un vide-poches étanche pour le pilote…




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