Essai Northstar 225 RT

Bonne entrée en matière

Encore peu connue sur notre territoire, cette marque italienne utilise des recettes éprouvées. Si le 225 RT ne brille pas par son originalité, il assure l'essentiel, à commencer par un confort en navigation probant et un cockpit convivial. C'est déjà bien, mais il faudra quelques petits plus pour venir jouer dans la cour des grands.

Textes et photos Philippe Leblond


 21 504 € sans moteur (tarif 2006)
 6.92 m
 16
 34 nds

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Paru dans le Pneumag n° 52 Mars/Avril 2006




Ce grand semi-rigide présente la particularité d'être assemblé en Italie à partir d'éléments (coque, flotteur) réalisés en Turquie. Cette production semi-délocalisée n'est pas ici synonyme de qualité moindre, puisqu'autant qu'on a pu en juger, le 225 RT offre un aspect plutôt soigné, tant en matière de polyester, avec un gel-coat brillant et bien surfacé, que de tissu enduit, avec de l'Orca fournit par Pennel & Flipo, soigneusement coupé et collé. Le 225 RT est l'actuel haut de gamme de Northstar qui compte déjà 24 modèles en attendant deux unités plus grosses avec moteur in-board. Avec près de 7 mètres, le 225 RT en impose, son flotteur à diamètre constant de 52 cm lui conférant une silhouette à la fois élégante et robuste. Le nez carré domine une étrave bien défendue dans l'optique de navigations hauturière comme en laisse la possibilité la certification B. D'autant que la carène en V plutôt profond, souligné d'une puissante virure, abrite un réservoir de 160 litres permettant, avec le moteur de notre essai, un Suzuki 140 ch 4T, de compter sur environ 10 heures de marche à régime économique. Les aptitudes du Northstar, à croiser confortablement dans la mer formée, nous sont apparues réelles. Avec près d’un mètre de houle de face ou par le travers, sa carène passe en souplesse, préservant le confort des passagers avec talent. Pour peu qu’on adopte une gestion des gaz avisée, on gomme une grande partie des impacts dus au clapot agressif rencontrée au large de Belle Île. Mais, « manette dans le coin », le 225 RT n’est pas maladroit non plus. Il réclame juste un peu de trim positif pour redresser un léger déséquilibre latéral vers bâbord (effet de couple ?). Quand on a trouvé le bon réglage, il fait apprécier son assiette et sa tenue de cap, imperturbables. Ce comportement efficace s’évanouit quelque peu en virage. Pas si l’on se contente de tourner gentiment, bien sûr, mais si on pousse les gaz et que l’on braque énergiquement pour virer dans un espace restreint, le Northstar perd de sa superbe. Il s’incline normalement vers l’intérieur à l’inscription, mais avant même le milieu de la courbe, il se met à « tirer tout droit ». En fait, le contact du flotteur intérieur avec l’eau déleste l’étrave et l’empêche de boucler son virage. Il convient alors de réduire les gaz pour que la quille reprenne la trajectoire. Le phénomène est un peu moins sensible si l’on ne rentre pas trop le trim (réglage neutre). Bien que les performances n’aient rien d’extraordinaire, le choix du Suzuki 140 ch 4T est satisfaisant, ne serait-ce que pour l’autonomie (environ 10 heures de marche) qu’il accorde au Northstar. Mais, considérant le programme de type familial de ce semi-rigide, appelé à naviguer chargé, choisir une puissance inférieure risque de rendre le comportement et le pilotage un peu ternes..



photo Northstar 225 RT


photo Northstar 225 RT





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