Essai Northstar 205 WRT

Le sens de l’accueil

D'apparence robuste, et doté de nombreuses places assises, ce semi-rigide turc en impose… Le confort embarqué est appréciable, tout comme la qualité de réalisation, au-delà que quelques détails à améliorer. Reste que son poids, sensiblement supérieur au standard de la catégorie, oblige à opter pour un moteur puissant.

Texte et photos Philippe Leblond


 22 234 €
 6.26 m
 14
 40,3 nds avec Suzuki 175 ch 4T

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Paru dans le Pneumag n° 65 mai/juin 2008




Avec 950 kg sans moteur et 2,72 m de largeur, on a déjà affaire à un beau "bébé". De plus, les flotteurs de gros diamètre (56 cm au maxi) renforcent encore cette impression de grosse unité pour un semi-rigide de 21 pieds. Mais, que les nomades se rassurent, boudins dégonflés, le 205 WRT est au gabarit routier. Le cockpit semble ainsi bien protégé (bien pour les enfants), d'autant que la poupe comporte un moulage polyester qui englobe la banquette arrière et vient recouvrir le dernier tiers des tubes, en formant des plats-bords antidérapants. Ceux-ci servent de plate-forme au roll-bar en inox, sur lequel s'appui le cabriolet. En regard de cet accessoire imposant, la fixation avec des embases seulement percées de trois vis Parker semble un peu "light". Avec les deux modules rapportés qui supportent le siège de pilotage et la console, et leurs nombreuses vis apparentes, pas vraiment esthétiques, c'est l'un des rares griefs que l'ont peut adresser à la réalisation de ce semi-rigide plutôt bien équipé. Ah si ! Il y a aussi l'absence de table pour le pique-nique… Pour le reste, le Northstar fait plutôt bien les choses, surtout dans l'optique d'un usage familial, grâce à ses nombreuses places assises (7 à 8 sur les sièges !), son bain de soleil avec rallonge amovible et ses nombreux coffres. De surcroît, le 205WRT laisse une impression de sérieux. Notamment en ce qui concerne l'accastillage, avec une ample main-courante de console, des taquets inox escamotables, des vérins à gaz pour l'ouverture des couvercles de chaque coffre (même pour la baille à mouillage), une delphinière dont le davier dépasse bien du nez (pas de ragage sur le tissu), sans oublier la douchette et l'orifice de remplissage du réservoir d'eau (60 L) habilement dissimulés dans un coffret intégré au tableau arrière… élégant. Un bon point également pour la sellerie confortable et déhoussable pour en faciliter l'entretien. Les flotteurs, coupés dans un tissu Néoprène/Hypalon provenant du constructeur de bateaux pneumatiques japonais Achilles, offrent un bel aspect. à noter que les saisines traditionnelles sont ici remplacées par des sangles à l’italienne qui n’ont pas la même efficacité. Bien installé derrière le volant (les pilotes de grandes tailles trouveront les commandes et le siège un peu trop bas), le barreur apprécie le spacieux tableau de bord qui, outre les cadrans analogiques du moteur, laisse toute la place voulue pour l’installation d’appareils électroniques. La position assise est vraiment parfaite, le haut pare-brise garantissant une protection intégrale. Pour naviguer en mer formée, le siège se convertit en leaning-post, en rabattant le dossier pourvu d’un rembourrage. Malgré une franche poussée sur la manette des gaz, le Northstar a besoin de près de cinq secondes pour s’arracher à l’eau malgré les 175 chevaux du Suzuki. Un chrono moyen, tout comme la vitesse de pointe de 40,3 nds. Mais, rappelons que le 205 WRT fait partie des poids lourds de sa catégorie. L’obtention de la vitesse maxi nécessite d’ailleurs un réglage de trim copieusement positif, afin "d’aérer" cette carène dont l’assiette naturelle est très plate. Le passage dans la vague est sûr, sans éviter toutefois quelques impacts qui gâtent un peu le confort à haute vitesse. Les choses rentrent dans l’ordre au régime de croisière que nous situerons à 3 700 tr/mn (22 nds), le quatre cylindres japonais laissant apprécier son ronronnement discret. En virage serré, avec la gîte intérieure marquée, le flotteur intérieur a tendance à délester la quille, entraînant un dérapage, synonyme de sous-virage. Une simple réduction des gaz permet à l’étrave de s’inscrire à nouveau dans la trajectoire désirée. En conclusion, il est bien sûr possible de choisir un 150 ch (35 nds assurés), mais pour qui voudrait maintenir un niveau de performance élevé tout en navigant en équipage et avec du chargement, nous conseillerons les 175 chevaux de la puissance maxi..



photo Northstar 205 WRT


photo Northstar 205 WRT





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