Essai Northstar 225 WRT

Fort comme un Turc

La devise s'applique bien à ce semi-rigide qui, pour un moins de 7 mètres, possède un physique impressionnant. Lourd sur la remorque, il fait de cet inconvénient un avantage en navigation, où son poids contribue au remarquable confort qu'il dispense dans la vague. Vendu en package avec son équipement complet, il est paré pour les longues randonnées en famille, en quête de beaux mouillages.

Texte et photos Philippe Leblond


 57 000 € avec Mercury Verado 250 ch 4T (tarif 2009)
 6.75 m
 16
 44,9 nds
Banniere_axa

Orca-logo_rvb

Paru dans le Pneumag n° 69 Janvier/Février 2009




Full options", comme disent les Anglais… C'est assez rare pour que cela soit signalé : le Northstar, construit en Turquie, est vendu totalement équipé, et à un prix plutôt attractif. Fort d'un poids de 1 200 kg, ce qui est plus que rare à ce niveau de longueur, il est en toute logique puissamment motorisé. Sur le tableau arrière, dominant une carène en V profond (23°), trône un 250 Verado avec arbre extra-long. Une puissance que l'on trouve plus fréquemment sur un semi-rigide de 7,50 m. Cet ensemble réclame aussi un attelage performant pour qui veut le transporter par la route. Par contre, Northstar a trouvé la parade pour mettre facilement son semi-rigide au gabarit routier. Il propose en standard, un gonfleur-dégonfleur électrique qui épargne à l'équipage la corvée de gonflage. Le précieux accessoire est situé à l'intérieur de la volumineuse console qui contient aussi un WC chimique, commodité encore jamais vue, nous semble-il, à bord d'un pneumatique de 22 pieds. Il est un fait que le 225 WRT se pose en "champion" de l'équipement de série. Le roll-bar à double arceau, avec son échelle de bain articulée qui vient épouser la forme du flotteur lorsqu'elle est en fonction, la douche de pont, le cabriolet réglable avec ses fixations sur rails, les taquets inox rétractables, le volant ajustable en inclinaison, le solarium avec rallonge… Tous ces accessoires, qui figurent souvent sur la liste des options, sont ici montés d'office sur le 225 WRT. Voyons un peu plus en détail la conception de ce Northstar. Malgré des flotteurs de bon diamètre, la largeur intérieure est encore de 1,65 m. Ce qui permet d'obtenir un confort satisfaisant, tant pour la banquette arrière dont l'assise, comprise entre les deux plats-bords polyester qui l'encadrent, s'étale sur 175 cm (quatre adultes ou cinq enfants), que pour l'aisance des déplacements, avec deux passavants de 29 cm. Dans la zone centrale, le poste de pilotage est composé de la grosse console/WC, que nous avons évoqué plus haut, et d'un leaning-post sur armature inox, autorisant de piloter assis ou debout (assises rabattables). Mais, la place nécessaire à l'ouverture de la porte de console, fait que ce double siège a été reculé. Du coup, on se trouve un poil loin des commandes pour jouir d'une position parfaite. Les deux occupants du poste de pilotage bénéficieront d'une protection efficace contre les éléments, grâce au généreux pare-brise, ceint d'une main courante inox. Le tableau de bord, paré d'une prise allume-cigare, est du genre étriqué. Toutefois, ce n'est pas gênant dans le cas de la motorisation Verado puisque le combiné Smat-Craft, très compact, trouve sa place. Pour ce qui d'un sondeur ou GPS-traceur, il faudra les monter sur étriers, au-dessus ou bien sur la droite de la console. Dans la zone avant, le siège biplace de la console laisse un bon passage devant le solarium de base (s'allonger en travers). Mais, une fois ce dernier doté de sa rallonge, l'espace bain de soleil vient jusqu'à lui, ce qui laisse 210 cm de longueur pour faire bronzette ! Une petite déception : aucune table de pique-nique n'est prévue. En revanche, dans le secteur du rangement, c'est l'oppulence ! Et pour ne rien gâter, tous les couvercles de coffres sont assistés par des vérins à gaz. à la sortie du port du Crouesty, tandis que le feulement discret du Mercury nous accompagne, il nous tarde de pousser le petit levier électronique (DTS) qui commande l'injection du 6 cylindres en ligne américain. Passé la limite des 300 m, c'est parti ! Le répondant du compresseur, exclusivité des Verado, est toujours impressionnant… Le lourd Northstar bondit hors de l'eau. En quatre secondes la "bête" navigue bien à plat. Sur le clapot, le 225 WRT nous séduit avec son confort de limousine. Sa carène dessinée par Franco Donno (un ancien de chez Marshall), glisse sur les vagues, gommant tous les impacts. Ajouté à la douceur des commandes Mercury et à la discrétion de la mécanique, l'effet est saisissant. L'idée nous vient que l'on pourrait bien s'évader pour longtemps, et ne jamais rendre le bateau à son importateur (désolé Eric !). Dommage que quelques bruits parasites (roll-bar, pare-brise, coffres ?) viennent troubler cette quiétude… La stabilité latérale et longitudinale du Northstar semble imperturbable, en tout cas dans les conditions rencontrées. Le tableau n'est pas aussi idyllique en virages. Nous l'avions déjà noté avec d'autres bateaux de la marque : lorsqu'on veut passer fort en virage serré, les Northstar élargissent leur trajectoire. Le flotteur intérieur, en appui sur l'eau, a tendance à faire déraper l'étrave, et le bateau se met à sous-virer. Rien de bien grave – il suffit de réduire un peu les gaz et tout rentre dans l'ordre – mais bon… On aime bien être obéi au doigt et à l'œil. En termes de performances, et compte tenu de ses 1 200 kg sans moteur, le Northstar se montre à son avantage. La V-max, avec 45 nds, est tout à fait respectable, mais atteinte il est vrai avec la puissance maxi. Et, pour ce qui est de la vitesse de croisière, il n'y a que l'embarras du choix, le 225 WRT étant capable de planer dès les 10 nds. Nos relevés montrent que l'allure la plus économique se situe à 3 500 tr/mn, ce qui de notre point de vue est proche de l'allure idéale que nous fixerons à 4 000 tr/mn (par mer calme). Que ce soit à 25 ou 30 nds, le Verado se montre encore relativement sobre et les milles défilent vite. L'autonomie au meilleur rendement correspond à un aller et retour Continent-Corse. Pas mal, non ? .



photo Northstar 225 WRT


photo Northstar 225 WRT


photo Northstar 225 WRT





CONCLUSION
En dépit de quelques approximations, en termes de conception ou de style, d'un comportement perfectible en virage, le bilan global du 225 WRT est vraiment positif. Il y a d'abord ce confort en navigation, qu'appréciera à n'en pas douter la famille du pilote. Il y a ensuite ce cockpit exceptionnellement habitable pour un 6,75 m (il échappe à la taxe). Et pour finir, cet équipement complet avec, en bas de la facture, un prix package qui retient l'attention.




Maxi_20012010-1202076
Maxi_20012010-1202542
Maxi_20012010-1202074 Maxi_20012010-1202075 Maxi_20012010-1202543